ACTE PREMIER
DES PRUNELLES
Soyons justes ! — Tu ne m'as pas consulLô I
C'est \Tai!
DES PRUNELLES
Taadis que moi, j'épousais une jeune fille modeste, bien élevée... Tu le sais mieux que personne; tu logeais dans sa maison... Un peu vive peut-être...
Je te crois!... Elle flanquait des calottesàtoutessesbonnes.
DES PRUNELLES
Tu ne m'as jamais dit ça?...
] Soyons justes! — Tu ne me l'as pas demandé.
DES PRUNELLES
Enfin, tout me promettait le bonheur, et, après une jeunesse un peu orageuse, le repos que j'avais bien gagné...
CLAVIGNAC.
Et au lieu du port?. . .
DES PRUNELLES
Ah! mon bon ami, c'est la pleine mer, avec tous ses orages !
CLAVIGNAC.
Provoqués par?. . .
DES PRUNELLES
Est-ce qu'on sait ? — Une formule qui résume tout:
incompatibilité d'humeur! Madame veut sortir, Monsieur veut rester. L'un étouffe oîi l'autre grelotte. Celui-ci se lève quand celle-là se couche. Bref ! on n'est d'accord que sur un seul point!... La nécessité de se fuir... Tu as de mon ménage une image bien saisissante dans une fable de Florian: le Lapin et la SarceUe! — Figure-toi qu'on les a mariés!... C'est idiot!.. . Il n'y a rien à faire!
CLAYIGNAC.
Mon cas, exactement!
DES PRUNELLES
Broche là-dessus l'arrivée d'un bellâtre, orné de cra^ates irrésistibles et doué par la nature de cette fine fleur de sottise que les femmes respirent avec ivresse: « Ah! qu'il est donc beau et qu'il est donc nul, et qu'il sera donc bien tout à moi, et que je serai donc bien tout pour lui!» Ajoute que ce bellâtre est mon cousin...
CLAVIGNAC.
Adhémar?...
DES PRUNELLES, se levant.
Le bel Adhémar!... aujourd'hui garde-général... qu'il arrive botté jusque-là, faisant sonner l'éperon et siffler la cravache, et vois la mine que j'ai à côté de ce mousquetaire!
CLAYIGNAC, se levant.
Autre fable: Le Centaure et le Minotaurel
DES PRUNELLES
Ah! non, pas encore!
CLAVIGNAC.
Huml