‹ Divorçons. comédie en trois actesChapitre 35 sur 117 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

m'observe, je le ramasse, — et le voilà ! (Mouvement t'e

C.j'prienne. 1 Oui, rOSe-cllUie. fil se levé et va premlro un cc:.cvoau de lain^^ dans la corbeille à ouvrage sur le guéridon près ('e la fenêtre.) Rentre

chez moi, je vais droit à votre corbeille à ouvrage, je

saisis cet échevoau... II rjv.onl à la tablo avec rôcbeveau d'une main et le fll de laine de Vaiitro.) Je COÎlipare... (11 présente les deux objets.)

Et ce rapprochement a trop d'élo(iuence pour que j'en atténue l'effet par un commentaire inulile !..

CÏPRIENNE, froidement.

Après, Monsieur?

DES PRUNELLES

Donc, puisque Adliémar il y a, dites-moi de grâce, pourquoi vous le recevez à mon insu?., qu'est-ce qui motive et justifie de votre part un tel oubli de tous vos devoirs ? Je ne suis pas un mari bien lâche ux ni bien incommode. Je ne suis ni brutal, ni malappris, ni avare, ni tracassier ! Je vous ai l'ait la vie la plus douce et la plus facile qui soit !.. Je ne m'emporte jamais !.. j'ai des goûts simples, je mène une vie régulière, je ne me suis même marié que pour cela ; je n'ai pas des contours académiques; mais je possède une certaine distinction, in se rassied.) Je ne suis pas précisément f lugueux; mais de temps a autre, j'ai d'aimables élans de tendresse... Enfin, Madame, sans me flatter, j'ai la prétention de croire que je vous rends aussi heureuse qu'une femme peut l'être ! . .

CYPRIENNE, à elle-même, avec un petit rire amer.

Ah ! ah !

DES PRUNELLES

Plaît-il ?

CYPRIENNE

Je vous attendais là! C'est admii-able, ma parole d'Iion-

-1^ DI VORÇONS

neur 1 « Aussi heureuse qu'une femme peut l'être ! « El qu'est-ce que j'en sais, Monsieui"?.. C'est vous qui le dites 1 Mais jusqu'à quel point une femme peut être heureuse? Où l'ai-je appris?.. Quand?.. Comment?.. Avec qui?

DES PRUNELI.ES.

Mais. . .

CYPRIENNE

Enfin, Monsieur, quand vous ditos de moi, à vos amis : « C'est une femme délicieuse ! » Vous me mettez en halance avec d'autres ! Vous avez dans l'esprit des termes de comparaison ! Oh. sont-ils, mes termes de comparaison à moi, pour vous proclamer un homme remarquable ?...

DES PRUNELLES

Je...

Non ; C'est inouï ! cet aplomb des hommes ! — Oh ! vous avez bien arrangé les choses à votre convenance, Messieurs; elle est charmante, la société que vous nous avez faite ! Charmante pour vous ! — Ils sont jeunes, ils piaffent, ils bondissent ! « Amuse-toi, mon ami, dit la maman, c'est de ton âge ! » Jette ta gourme, mon garron, dit le papa, c'est ta santé ! » El monsieur gambade, caracole de la blonde à la brune, à la rousse. Et allez donc !... Puis, quand il en a jusque-là, qu'il est éreinté, fourbu, rendu, n'en peut plus !.. << Ouf ! si je me mariais ! y On lui jette dans les bras une pauvre petite jeune fille toute tremblante, toute naïve, que sa mère a toujours couvée sous ses jupes, qui ne sait de la vie que ce qu'on lui cache, de la nature, ce qu'on lui défend, et de l'amour, ce qu'elle en devine. Et monsieur lui dit en la serrant un peu mollement dans ses bras fatigués : « Êtes-vous assez

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