‹ Divorçons. comédie en trois actesChapitre 63 sur 117 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

que dix mois à patienter, imposez silence à votre cœur. Tant que notre divorce ne sera pas prononcé, je vous en supplie, mes enfants, respectez mon lionneur, aussi bien, et même un peu mieux que vous ne l'avez fait jusqu'ici ! Ainsi, moi, à votre place, je supprimerais les baisers comme dangereux et excitants ! — Si vous en abusez maintenant, qu'est-ce que vous ferez plus tard de vos soirées ? J'ajouterai pour vous, jeune homme, car c'est à vous surtout que je m'adresse, que votre intérêt même, si l'intérêt est de quelque poids sur un cœur si fortement épris... que votre intérêt même vous commande la plus grande retenue avec madame. . . C'est pour vous un coup de fortune inespéré que d'épouser vingt mille livres de rente avec vos deux mille six cents francs d'appointements. Ne compromettez pas une si belle situation. Dix mois, c'est long. Qui vous garantit que votre passion ne sera pas rassasiée ? Et qu'au moment de votre union, l'un de vous deux, elle peut-être, ne s'écriera pas :. « Ma foi, non, maintenant j'en ai assez !... Je n'en veux plus ! »

Oh!

Ah ! recueil de votre situation, c'est la satiété 1 — Ne tuez pas le dîner par le lunch I

Non, Monsieur, non !

DES PRUNELLES, à Adlicniar, avec bonhomie.

Tenez, savez-vous ce que je ferais, si j 'étais que de vous. Eh bien, cette place à Arcachon, je l'accepterais tout de suite, et je partirais ce soir -, et on ne me verrait plus de quelque temps !

98 DIVOUÇONSI \f-- .Jr'M^

ADHEMAR.

Ah ! Monsieur !

DES PRUNELLES

Ah ! c'est la sagesse ! (Adhémar et C)-prienne se regardent piteusement.) Enfin, examinez, pesez, c'est un conseil d'ami que je vous donne ! — Et ce n'est pas le dernier, je l'espère !

(Avec émotion, passant le bras de Cyprienno S)us le sien.) Quaild VOUS

serez unis, mes chers enfants, vous lue permettrez bien, n'est-ce pas, de venir vous voir de temps en temps ; vous me ferez bien une petite place entre vous, à votre foyer!. . à votre table. . . le dimanche ?

CYI'RIENNE, émue.

Oh ! oui, mon ami 1

ADHÉMAR, (le mém».

Oh ! oui !

DES PRUNELLES

Eh ! mon Dieu, je pourrai vous être utile quelquefois ! Les conseils de mon expérience ! . . . . (Tapant sur la main de cyprienne). La connaissanco approfondie de son caractère ! Et puis vos affaires ! Je vous guiderai dans le placement de vos petites économies.. . si vous en faites !... Avec vingtdeux mille six cents francs de rente, on ne va pas loin...

(l'observation frappe Cyprienne.) SUrtOUt quaud OU est habitué COmmC

elle à en manger soixante. (Même jeu.) Mais enfin avec de l'ordre, de fortes réductions sur la table, le logement, la toilette, les chevaux surtout... beaucoup de sacrifices ! fCar pour vous, mon ami, c'est la fortune... pour elle, c'est le sacrifice ! Mais le sacrifice pour celui qu'on aime

— c'est encore du bonheur!... (Prenant le bras d' Adhémar

sans quitter celui de Cyprienne.) Et je pourrai dire 611 VOUS Contemplant : — Ils sont heureux ! — Et c'est par moi ! —

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