ACTE PREMIER
n'en parlons plus ! — Je paie donc... Mais ma femme trouve la pension trop mesquine et, pour la grossir, elle a imaginé un truc abominable !.. — Dès que je m'installe quelque part, ville d*eau, bain de mer, station d'hiver, etc., elle arrive flanquée d'un idiot quelconque... et des scandales I... et des cascades !! — On me regarde en souriant, les journaux de la localité retentissent de ses prouesses, rappellent mon procès!.. Çam*agace. Je la fais prier de déguerpir, — Elle répond; « Oh! bien volontiers; mais qu'on me paie mon déplacement, l'hôtel, mes robes; etc.» — ÇX, la note, dix, douze mille francs. . • Je paie!... Elle file. . . et le tour est joué !
DES PRUNELLES
Alors, elle l'a suivi en Espagne ?
CLAVIGNAG.
Ah ! non ! ... Ici, mon truc à moi ! —Je lui ai fait savoir en confidence, que pour l'éviter, j'allais passer l'hiver à Alger I... Et dans ce moment elle débarque en Afrique !... Voilà ma vengeance !...
DES PRUNELLES
Alors, tu vas passer ici?...
CLAVIGNAG.
Vingt-quatre
heures !
Pas plus?
DES PRUNELLLS.
CLAVIGNAG.
Pas plus! Le temps de toucher mes fermages, mes loyers, et de prendre quelques papiers chez mon avoué.
DES PRUNELLES
Tu plaides ?
CLAYIGNAG.
Non ! Mais le divorce sera voté, et tu conçois que j^ai hâte de creuser Tabîme entre madame Clayignac et moi. Une fois divorcée, elle pourra bien cascader à l'aise. Si elle veut, je l'y aiderai.
Alors, tu crois que le divorce sera voté ?
CLAVIGNÀC.
Je l'espère bien !
DES PRUNELLES
Savoir I . . Tu dînes avec moi ?
CLAVIGNAC
Non. •• c'est toi qui dînes avec moi !
DES PRUNELLES
Comment !
CLAVIGNAC.
Ce matin, en déjeunant au cercle, nous avons fait partie, avec Loisel et Tarentin, pour dîner ce soir au cabaret, en garçons, comme au bon temps!... C'est moi l'amphitryon. Nous aurons quelques jolies femmes. Elles ne te font pas peur?...
DES PRUNELLES
Oh! moi, les jolies femmes... à présenti
CLAVIGNAC, Sd levant et prenant son chapeau sur la table.
Bah ! cela te rajeunira I Je te quitte pour aller inviter