CE QUE DISAIT M. TARTE EN 189O
Comme nous croyons en avoir assez rappelé à la mémoire des électeurs sur la façon qu'eut feu Mercier de tenir ses promesses et que nous y reviendrons, d'ailleurs, par ricochet, résumons-nous avant d'examiner quelle a été l'œuvre de restauration sous les administrations conservatrices
depuis 1892. Mais avant, comme M. Tarte est une grande autorité chez les libéraux, empruntons au Canadien du 12 juin 1890 les renseignements suivants sur la manière dont le gouvernement Mercier administrait le pays.
Après avoir dans le numéro du Canadien précité déclaré que le déficit des libéraux pour 1890-91 s'établissait ainsi :
Dépenses totales $4,877,828.00
Eecettes totales 3,529,672.00
Déficit $1,348,156.00 Après avoir montré cet excellent résultat, M. Tarte continuait en ces termes :
" Un million trois cent quarante-neuf mille cent cinquante-six piastres de déficit pour une seule année ;
" tët comme nous venons de le dire, nous n'avons plus un seul sou de balance en caisse, malgré les sommes énormes qui sont tombées dans le trésor depuis l'avènement du gouvernement Mercier au pouvoir. Mais tout a disparu, a été gaspillé.
0" $2,500,000 d'emprunts ;
-' $558,000 d'arréages d^ taxes municipales ;
" $2,000,000 d'emprunts aux dépôts de chemin de fer ;
" $100,000 au moins de taxes nouvelles sur les hôteliers, et les marchands de liqueurs, pendant deux ans, soit $200,000 ;
" $140,000 retirées chaque année depuis trois ans pour taxes sur les corporations commerciales, soit $420,000 ;
u $125,000 environ de taxes nouvelles sur les marchands de bois pendant deux ans. soit $250,000 ;
" $250,000 obtenues de la vente de nos limites à bois ;
" $125,000 retirées de la cité de Montréal ;
$100,000 retirées d'Ontario sur un capital qui rapportait 5 O2O d'intérêt ;
p" Voilà le bilan des recettes extraordinaires, sur lesquelles les conservateurs ne comptaient pas pour défrayer les dépenses du pays. M. Mercier a touché tous ces
argents ; il a retiré toutes ces sommes qui se montent au chiffre énorme de $7,403,000.
" Qu'en a-t-il fait % des économies peut-être, des épargnes pour l'avenir afin d'améliorer la situation financière et d'empêcher la taxe directe ?
" Vous en êtes loin ; la dépense ordinaire a été portée à au-delà de $500,000 de plus qu'avant 1887 ; les $7,403,000 sont toutes disparues et nous avons une dette flottante de $6,000,000 et notre dette totale, au lieu d'être de $21,500,000 comme en 1886, est de $27,000,000 suivant l'aveu du trésorier provincial lui-même.
" Les $7,403,000 sont disparues, ont fondu comme le beurre dans la poêle, et par-dessus le marché, M. Mercier nous a endettés de $6,000,000 ! ! !
" Le régime Mercier nous vaut donc, comme dépense effectuée jusqu'à ce jour, et comme dette pesant sur l'avenir du pays la jolie somme de $13,400,000 ! ! !
" Quelles économies ! quelle merveilleuse administration !
", Et le déficit de $1,349,156 annoncé officiellement par le trésorier ! Avec quoi le gouvernement Mercier va-t-il le combler % Avec des taxes nouvelles ou un nouvel emprunt de $3,000,000 à $4,000,000.
" Il n'y a pas d'autre alternative, pas d'autre issue.
" Yoilà donc quelle désastreuse et périlleuse situation dans laquelle le gouvernement Mercier a plongé la province."
Voilà ce que disait, ce qu'écrivait M. Tarte du gouvernement Mercier ? N'est-ce pas édifiant ?
UNE RECAPITULATION
De janvier 1887 à décembre 1891 les libéraux avaient augmenté la dette de $12,898,871.00 sans avoir ajouté un sou à l'actif. (Tableau 8, page 16 annexe au discours de M. Hall, budget 92.)
Ils avaient emprunté trois millions et demi en janvier 1888.
Ils avaient pris deux millions et demi, dépôts de garantie confiés à eux.
Ils avaient fait voter un emprunt de dix millions en décembre 1890, dont ils avaient reçu et fait disparaître quatre millions placés pour 2 ans à Paris le 15 juillet — à $96 pour chaque $100.00 à 4 p. c. — ce qui faisait avec frais de commission 6J par année, taux scandaleux et usurier, comme jamais la province n'en paya à l'étranger. (Discours Hall, p. 12. budget 1892, p. 13.)
Ils avaient augmenté les dépenses de plus d'UN million ET DEMI.
Pour re pas être accusés d'exagérer, empruntons au trésorier libéral lui-même, les chiffres suivants qui sont ceux de son administration.
Actif et Passif
1887.— 31 janvier : Passif $ 22,143,447.65
Actif 10,754,280.54
Dette nette $ 11,389,167.11
1887.— 30 juin : Passif.... .$ 22,188,700.08
Actif 10,859,069.10
Dette nette .....$ 11,329,620.98
1888.— 30 juin : Passif.,. ..$ 24,180,461.56
Actif 12.284,969.49
Dette nette $ 11.895,492.07
1889.— 30 juin : Passif.. ..$ 27,157,108.21
Actif 12,813,960.50
Dette nette $ 14,343,847.71
1890.— 30 juin : Passif $ 27,186,852,25
Actif 11,131,785.14
Dette nette $ 16,055,067.11
1891.— 30 juin : Passif $ 34,888,207.05
Actif 11,139,553.30
Dette nette $ 23,748,653 75
Pour compléter ce tableau rappelons que l'assistant Tré.
sorier, M. Machin, dans un document officiel préparé le 9 janvier 1892 établissait que le 17 dec. 91, (sous Mercier) l'excèdent du passif sur l'actif était de $24,423,683.62 (Voir discours du Trésorier Hall à la salle Windsor, page 28).
L'ADMINISTRATION CONSERVARRICE
Pour bien comprendre la transition d'un régime a l'autre, nous donnons de suite un tableau comparatif entre quatre années de régime libéral et quatre de régime conservateur : Dépenses ordinaires sans compter les dépenses spéciales :
RÉGIME LIBÉKAL
1887-88, comptes pub. p. 13 $4,054,467
1888-89, comptes pub. p. 13 ~. 3,940,078
1889-90, comptes pub. p. 15 ~ 4,700,256
1890-91, comptes pub. p. 11 , 4,915,774
Total net pour les 4 ans . $17,619,575