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REQUETE AU COMMERCE, A L'OCCASION DES FUNERAILLES DE Me GEORGES SYLVAIN.
Sur la demande d’un groupe de commerçants, il est fait prière au Commerce en général de fermer ses magasins afin de permettre aux employés que leurs occupations auraient pu retenir d’être avec tous pour conduire à sa dernière demeure le Grand Disparu, Me Georges Sylvain, que la nation n’aura jamais assez pleuré. En dernière heure nous apprenons que le Commerce est unanime pour fermer demain matin. C’est par souscription nationale que les frais de
funérailles seront payés. (du Nouvelliste, 3 août 1925)
LES FUNERAILLES DE Me. GEORGES SYLVAIN
Les plus imposantes qu'Haïti ait jamais vues.— La masse paysanne au Marché se mit à genoux quand passa le cercueil du grand Patriote.
—Hier matin, Port-au-Prince, assisté des délégations de presque toutes les villes, de presque tous les bourgs de la République, a enseveli l’une des plus pures gloires nationales dans la personne de Me Georges Sylvain.
—Les funérailles grandioses faites à ce grand patriote ont marqué la journée du 4 août 1925 comme une date inoubliable dans l’histoire de l’occupation du territoire haïtien par les Etats-Unis, car la nation a paru ressusciter avec tout ce qu’elle a d’héroisme pour crier à ceux qui doutent de sa vitalité : « Nous sommes dignes de l’Indépendance et de la Liberté qu’on nous a ravies ! Voilà pourquoi nous apothéosons celui qui est mort en luttant pour nous les reconquérir ! »
Oui! c’est ainsi qu’il faut interpréter les réconfortantes manifestations d'hier matin. Que Georges Sylvain, de son vivant, par les rôles éclatants qu’il a remplis, par la puissance de son verbe et l’étendue de la juste renommée que lui valut son grand savoir aït soulevé l’enthousiasme des uns et l’envie des autres, il n’y a là qu’un fait absolument normal. Mais qu'un homme qui a toujours vécu loin des foules tumultueuses, retiré presque de la vie mondaine, parce que savant sans apparat, on ne peut trouver l’explication de ce qui suit, que dans le désir du peuple de trouver le consolateur, le gouvernement bienfaisant qu’il cherche depuis dix ans. Pensez donc ! Dès 6 heures du matin, au glas de la Cathédrale, tous ces milliers d’âmes qui tressaillent depuis le jour de la mort de l’illustre compatriote, pleins de respect et de patriotisme se sont inclinés, comme si le cercueil de Georges Sylvain renfermait quelques lambeaux de notre drapeau, du symbole de la patrie. Dans tous les quartiers de la ville, c’est un serrement de cœur général. Le peuple est plongé dans la consternation.— La vie publique et la vie privée sont comme suspendues dans la capitale : les ateliers, les magasins chôment ; ce n’est pas le deuil de quelques familles : c’est la nation qui est en deuil.
De la maison mortuaire à la Cathédrale
—Après la levée du corps, dans le plus profond silence interrompu par intervalles, par les sanglots étouffés d’une multitude, plus de deux mille (2000) personnes convoyèrent le cercueil du grand disparu. À part les groupes qui se forment sur les trottoirs, sur les galeries, dans les balcons, dans les cours habitées par les plus pauvres d’entre les pauvres, de la maison mortuaire jusqu'à la Cathédrale c’est chapeau bas que le peuple a défilé en passant par le Chemin des Dalles, Lalue, la Rue Dantès Destouches et la Rue Dr. Aubry pour arriver à la Cathédrale où déjà s’amassaient près d’un millier de personnes. La masse paysanne qui remplit le marché en Haut se mit à genoux spontanément. Quelle façon édifiante de payer un tribut de reconnaissance au lutteur tombé en pleine bataille pour la délivrance de ses compatriotes | — Dans le meilleur ordre, la foule pénètre à l’église. Au cours du service funèbre, elle grossit, elle grossit progressivement. LM
Le défilé vers le Cimetière
—Il est 10 heures, d’autres milliers de visages anonymes s’ajoutent aux premiers. Ce sont des ouvriers qui abandonnent la besogne. N’importe ! ils sacrifient le salaire au devoir pieux qui s’impose. Et pour que Sylvain revint à la vie, ils eussent vendu leurs blouses, tout comme la femme du peuple
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