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qui peut visiter, comme j'ai eu l'avantage de le faire, les vastes territoires qui sont maintenant réunis sous le nom de Canada, sans être frappé des immenses ressources qu’ils offrent pour tout ce qui peut contribuer au bonheur de l'homme? Formant partie du puissant empire de l'Angleterre, protégé par ses armes, assisté de son trésor, recevant tous les bienfaits de son commerce, votre liberté garantie par ses lois, vos droits soutenus par la sympathie de vos co-sujets, le Canada n’a certainement rien à envier à aucun autre pays du monde.”
Ce jour-là lord Sydenham fut assermenté comme capitaine général et gouverneur en chef de la Province-Unie, suivant la formule prescrite par la nouvelle commission royale. Il nomma en même temps Sir George Arthur député-gouverneur paur le Haut-Canada, en lui accordant tous les pouvoirs dont il jouissait comme lieutenant-gouverneur, à l’exception de l’usage du Grand Sceau. Sir Geo, Arthur consentit à remplir cette fonction jusque vers le milieu du mois suivant, époque où il partit pour l'Angleterre.
Le 13 février, lord Sydenham nomma son Conseil exécutif, qui fut composé de MM. R.-B. Sullivan, J.-H. Dunn, D. Daly, S.-B. Harrison, C.-R. Ogden, W.-H. Draper, Robert Baldwin et Chs-D. Day. Ces nominations furent soumises à l'approbation de Sa Majesté, qui les ratifia.
M. R.-B. Sullivan, qui passait pour le meilleur orateur du Haut-Canada à cette époque, était déjà commissaire des terres de la Couronne et devint en même temps président du Conseil. M. Dunn fut fait presque aussitôt receveur-général ; M. Daly, qui était déjà avant l’Union secrétaire de la province du Bas- Canada, fut maintenu dans cette charge, et M. Harrison occupa la même charge pour le Haut-Canada. MM. Ogden et Draper étaient déjà procureurs-généraux, le premier pour le Bas et le second pour le Haut-Canada, de même que MM. Baldwin et Day étaient solliciteurs-généraux ; ces principaux officiers du gouvernement furent également maintenus dans l'exercice de leurs fonctions.
MM. Sullivan, Dunn, Draper, Harrison et Baldwin étaient du
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Les journaux remarquèrent qu’il n’y avait qu'un seul catholique (M. Daly) dans l’administration, et pas un seul canadien français.
Il n’y avait pas de premier ministre ; cette administration ne s’'appela ni l'administration Draper-Ogden, ni l’administration Sullivan-Daly, ou Harrison-Day: ce fut tout simplement l'administration Sydenham.
Quelque temps après, le 17 mars, M. H.-H. Killaly, président du Bureau des Travaux Publics du Bas-Canada, fut aussi nommé membre du Conseil exécutif.
Les élections générales commencèrent bientôt; les brefs émanés le 19 février étaient rapportables le 8 avril. Ce fut le signal d’une lutte des plus ardentes.
On comptait à cette époque, dans les deux Canadas, quatre grands partis politiques :
1° Les torys du Haut-Cunada, qui étaient depuis longtemps tout puissants dans leur province, et qui, quoique en minorité, avaient toujours gouverné sous le nom de Family Compact. 1 Ce parti, prévoyant qu’un changement de régime ne pouvait que lui nuire, avait fait une forte opposition à l’acte d'Union,
2 Les réformistes du Haut-Canada, systématiquement exclus du pouvoir par les torys, quoiqu’ils formassent une grande majorité de la population de cette province. Ce parti était favorable à l’Union, qui devait les débarrasser de la domination torys,
3° Les anglais ou torys du Bas-Canada, formant une infime minorité de la population, mais suivant les idées desquels cette province avait été gouvernée pendant nombre d’années. Ils avaient depuis longtemps demandé l'union des deux Caradas, dans l'espoir d’écraser les Canadiens français.
4 Enfin les Canadiens français, auxquels on imposait injustement l'acte d'Uniou et qui, quoique composant près d’une moitié de la population totale de la province-unie, étaient exclus de toute participation au gouvernement de leur pays.