‹ Dix ans au Canada de 1840 à 1850 [microforme]Chapitre 22 sur 95 · SERRE LECLERC ES · texte numérisé non relu

SERRE LECLERC ES

Canada, que Sa Majesté est bien résolue de les protéger de tout le poids de sa puissance. ” 1

Lord Sydenham annonçait ensuite de grandes améliorations dans le département des postes. Jusque là, ce département avait dépendu du bureau général des postes à Londres ; le revenu, qui s'élevait à plusieurs mille louis, était chaque année envoyé en Angleterre ; le plan du gouverneur n’était pas de faire passer ce département sous le contrôle des autorités provinciales, mais il avait en vue de réduire les taux de la poste et de rendre le transport des malles plus régulier et plus expéditif.

‘ L'amélioration de la navigation, ajoutait-il, depuis les rives du lac Erié et du lac Huron jusqu’à l'Océan, l'établissement de nouvelles communications dans les districts de l’intérieur, sont des travaux qui exigent de grandes dépenses, mais qui promettent de rapporter des avantages encore plus grands Pour les entreprendre avec succès, il faudra sans doute des fonds considérables ; et les finances, dans l’état où elles se trou vent, sembleraient en défendre l’essai. Mais j'ai la satisfaction de vous informer que j’ai reçu du gouvernement de Sa Majesté l’autorisation de déclarer qu’il est prêt à demander au Parlement impérial de venir en aide à ces importantes entreprises.” Fermement persuadé que la paix et la tranquillité continueront à régner dans cette province, sous la nouvelle constitution, et qu’il n’est besoin que de faire disparaître les principales diffcultés pour accroître rapidement sa prospérité, il proposera au Parlement, en donnant pour garantie la trésorerie impériale, un emprunt de pas moins d’un million et demi sterling, dans le double but d’aider la province à diminuer le poids de l'intérêt de ia dette publique, et de la mettre en état de continuer ses grands travaux publics, dont le progrès a été arrêté depuis quelques années par des embarras financiers.

1. Les Etats-Unis, à cette époque, n’aimaient pas à braver les colères de 1. pis McLeod fut acquitté par les tribunaux américains et mis en iberté.

Pour le procès de McLeod, voir Trial for the murder of Amos Durtee of the steamer ‘* Caroline”. 80, Washinoton, 1841. Voir aussi, sur cette affaire Frasers Magazine, vol, 24, et The North American Review, vol, 53.

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Le gouverneur promettait diverses autres mesures relatives à l'immigration, à l’établissement et à la gestion des terres de la Couronne, à l'établissement d’autorités municipales et judiciaires et d’un système cfficace d'éducation ; puis il terminait ainsi, en s'adressant aux membres des deux Chambres :

‘* Je confie à votre prudence et à votre sagesse le règlement des importantes questions qui vous seront soumises, Le Canada, uni sous une constitution que la Législature impériale a établie avec le désir sincère de venir en aide à cette partie de l’empire britannique, ne peut manquer, s’il est sagement administré, de devenir prospère et florissant, L'assistance généreuse dont je vous ai parlé, la détermination prise par le gouvernement, ainsi que je suis autorisé à vous le faire connaître, d'employer annuellement une somme considérable pour la défense militaire de la province, la résolution bien arrêtée que la Reine m'a chargé de vous signifier, que ses possessions de l’Amérique Septentrionale seront maintenues à tout prix comme partie de son empire, sont un gage de la sincérité avec laquelle ia mèrepatrie désire contribuer à la prospérité du Canada, et à la mise en pratique des institutions qu’elle y a établies. Les regards de l'Angleterre sont attachés avec anxiété sur le résultat de ce grand essai. S'il est couronné de succès, l’assistance du Parlement pour vos entreprises, la confiance des capitalistes anglais dans les rapports que vous pourrez avoir avec eux, la sécurité qui ne pourra manquer de s'établir parmi la population britannique et qui aura l'effet de peupler vos rives et le sol fertile de votre pays, tout cela développera les ressources de la province à un degré sans exemple jusqu’à ce jour. L’accroissement rapide du commerce et de l’immigration pendant les derniers dix-huit mois, nous offre une preuve frappante de l'effet que produit la tranquillité pour rétablir la confiance et faire naître la prospérité, Puisse cette belle perspective qui s'ouvre devant vous n'être obseurcie par aucune dissension ! Puissent vos efforts être constamment dirigés vers les grandes améliorations dont la province a tant besoin ; et, avec le secours de cette providence qui a présidé jusqu'ici aux destinées de cette partie des possessions britanniques, puissent vos conseils être guidés de manière à assurer

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