CARON
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ux que j'ai n'ai été de pardonner a réception
de vsure lettre du 17, et de vous remercier bien sincèrement des explications franches qu’elle contient, |
Vous sentirez que j'ai besoin de réfléchir avant que je puisse pleinement apprécier jusqu’à quel point mes efforts peuvent réussir à amener à un résultat favorable le sujet de nos conférences, Je désire bien ardemment et de tout mon cœur obtenir un résultat aussi avantageux, content soit de participer à cette tâche, ou d’être témoin de son succès accompli par d’autres.
Je vous écrirai aussitôt que j'aurai pu consacrer au sujet le temps que son importance exige; car personne ne comprendra mieux que vous que, tandis qu’individuellement je suis prêt à faire tous les efforts pour atteindre un but que je regarde comme si désirable, à cette fin je vous ai fait part sans réserve de mon désir de connaître quelle chance il y avait de réussir auprès de ceux avec lesquels vous êtes plus particulièrement lié, j'ai besoin de m'assurer de beaucoup de coopération de même que d’entrer dans beaucoup de consultation avec ceux avec lesquels, aussi bien que ceux sous lesquels j'agis, avant que je sois capable de vous répondre dans le même esprit que celui dans lequel vous m'avez si obligeamment écrit, ete.
W. H. DRarer.
L'honorable W. Draper à l'honorable E, Caron.
(Confidentielle.)
Montréal, 19 novembre 1845.
Mon cher Monsieur,
D’après la confiance que vous avez bien voulu placer en moi, vous devez vous attendre à apprendre de moi ce qui, dans tous les cas, je pense, devrait être tenté pour accomplir le seul but que nous nous sommes proposé, savoir, faciliter la formation d’un
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gouvernement qui possèderait la confiance du pays généralement, J'ai souvent réfléchi sur le sujet, avec un bien vif désir d'amener une bonne intelligence avec le parti auquel vous êtes lié comme constituant la majorité de Ja représentation du Bas-Canada dans l’Assemblée, La maladie de lord Metcalfe m'a empêché de lui soumettre la question, Mais quant à mes propres vues, je puis vous en faire part sans réserve,
Je sens fortement qu’il y a des obligations auxquelles comme homme politique et comme homme d'honneur, je ne puis manquer en ce qui regarde des tiers, tandis que d’un autre côté j'ai droit d'espérer de leur part ce que, pour des raisons publiques, je suis disposé à faire.
Maintenant je suis, comme je vous l'ai dit, prêt à céder ma place, Je n’apprécie pas assez la vie publique pour m’y cramponner, ou pour adopter une ligne de conduite autre que celle que je puis ouvertement justifier pour y demeurer, Voilà pour moi,
J’ai senti que notre Conseil avait besoin d’être fortifié, et que les charges d’orateur du conseil législatif et de président du conseil exécutif pouvaient être réunies à l’appui de mon projet, comme moyen d'économie publique,
La position de M. Viger, je le sens, lui donne des droits à toute la considération possible de ma part, Je dois avoir pour lui, comme vous le sentirez vous-même j'en suis certain, tous les égards qui sont dûs à ses sentiments et à ses désirs, Mais je ne vous cacherai pas, et je vous répèterai ce qne je vous ai déjà dit, que je considère depuis longtemps l’abandon par lui de la place qu’il occupe, comme essentiel à la force du gouvernement, La manière d'effectuer cette retraite est un autre sujet de considération.
Quant à mes autres collègues du Bas-Canada, MM. Daly, Papineau et Smith, je puis vous dire ce que je pense de leurs sentiments, spécialement quant aux deux premiers. Ils ne tiennent pas
pas à garder leurs places, pour ne point embarrasser le gouver-
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neur ou son successeur, dans la formation de son Conseil, dJ'ai souvent eu des conversations avec M, Papineau, et d’après ce qu'il m'a dit, je suis persuadé qu'il n’hésiterait pas un moment à se retirer pour le bien de son pays plutôt que de créer des difticultés en restant au pouvoir, Pour M. Smith, je n'ai eu aucune conversation avec lui sur la possibilité de sa retraite,
Je puis répondre pour MM. Morris et Cayley comme pour moimême que nous ne demeurerons en charge qu'’autant que nous pourrons le faire sans compromettre nos caractères comme individus, et que nous y serons utiles au public, Si ces deux bases nous manquaient, nous nous retirerions, Aucun de nous ne soulèverait de difficultés sur la voie des arrangements pour la formation d’un bon gouvernement,
Ces prémisses étant posées, je désire maintenant vous faire cette question, afin de prévenir tout malentendu par la suite, et de me mettre en mesure d'agir franchement dans cette question vis-àvis de ceux avec lesquels ou par l’ordre desquels je dois agir, comme je vous avais informé dans ma dernière lettre : “ Quelles situations devraient être rendues vacantes, ou quels changements devraient être faits dans l’administration pour satisfaire aux justes attentes des Canadiens-français en général, et pour obtenir leur appui? ” Je ne ne vous demande pas de nommer personne, vu que le temps pour une pareille proposition n’est pas encore venu ; et ce ne serait pas non plus là, la manière de le faire, Mais si je puis dire distinctement ce que l’on veut comme sine quà non, je suis en position de mettre franchement la question devant ceux qui y ont droit et de me consulter avec eux tous sur ce que nous conseillerons, Vous verrez j'en suis sûr, que je ne puis autrement agir honorablement vis-à-vis de mes collègnes.
Jusqu'ici nos communications ont été restreintes à nous deux, L’estime que je porte à votre ca’ ‘tère, ma confiance dans votre
jugement et la considération que j'ai pour la haute position que vous occupe m'ont fait désirer une explication, afin que je puisse,
en faisant connaître mes propres opinions (si vous croyez devoir
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faire connaître les vôtres,) savoir quelle espérance il y avait pour un rtpprochement,
Jusqu'ici notre confiance, je le crois, a été mutuelle, Votre dernière lettre contient un exposé franc et intéressant de vos idées générales et de celles de vos amis politiques. Je puis maintenant avancer, du moment que j'ai votre réponse; mais comme ce que j'ai à faire est de mettre la question devant le gouverneur et mes collègues, je ne puis le dire, sans votre consentement ayant à y mêler votre nom ainsi que l'expression de votre avis sur la question que je vous ai posée quant aux changements qu'il était nécessaire de faire.
Croyez-moi, ete.,
L'HONORABLE M, Caro. W., H. DRAPrER,
L'honorable Æ, Caron à l'honorable W. H. Draper.
Québec, 26 novembre 1845.
Mon cher Monsieur,
Votre billet du 24 a été reçu ce matin, En m’annonçant le départ de Son Excellence, vous me dites que vous vous hâtez de me transmettre cette information, vu que cette nouvelle pourrait changer nos vues sur la nature de la dernière lettre que vous m'avez écrite.
En effet ce départ ne peut manquer d’avoir le résultat que vous anticipez.
Dans les communications que nous avons eues ensemble, vous savez que je ne me suis jamais donné pour chef de parti; je me suis seulement prêté, et cela je l'ai fait bien volontiers, à servir d’intermédiaire entre ceux que notre parti regarde comme ses chefs et vous-même, afin de leur faire parvenir les communications que vous avez bien voulu me faire, et aussi pour vous transmettre
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m'acquittant de cette tâche, je ne vous ai pas caché mes propres opinions ; mais cette partie n'étant que secondaire, toujours j'ai voulu vous faire connaître ce que voulaient et exigeaient les guides du parti avec lequel vous vouliez négocier un rapprochement. Je n'ai prêté mon ministère à cette fin que parce que je savais qu’il existait des obstacles momentanés qui empêchaient que les communications pussent aisément se faire d’une manière directe entre l'administration actuelle et ceux auxquels il fallait s'adresser pour atteindre le but désiré, Les obstacles, ce me semble, n'existent plus et ne doivent plus exister, et par conséquent ma mission doit cesser avec les causes qui l’on fait naître,
Je serais fâché pourtant que vous conclueriez de ceci que je refuse d'aider à un rapprochement que nous paraissons tous deux désirer ; tout au contraire, je suis prêt à faire tout en mon pouvoir pour en faciliter la conclusion, Maïs comme vous avez sur les lieux ceux de qui dépend en grande partie le succès de l’arrangement, il me paraît plus convenable, plus facile et plus expéditif de traiter directement avec eux, tout en vous invitant à ne vous gêner aucunernent avec moi, et à m'indiquer librement de quelle manière je puis être utile.
Je suis bien sincèrement, Tout à vous,
Ep. CARoN.
L'honorable M. Draper à l'honorable M. Caron.
Montréal, 26 novembre 1846.
Mon cher Monsieur,
Le départ de lord Metcalfe a eu lieu ce matin, Quoique cet événement n’altère en rien l'opinion que j'ai de la nécessité de renforcer ladministration locale, il change néanmoins d’une manière essentielle la position dans laquelle je me trouve main-
tenant et celle dans laquelle je pouvais me trouver par la suite, et encore plus les moyens que j'aurais eus d'effectuer quelque chose d’utile et de satisfaisant.
J’ai cru de mon devoir, lundi, le jour où j'ai eu la première communication officielle de l'intention de Son Excellence de vous la faire connaître et de vous dire en même temps combien cet événement affecte ma position, d'autant que vous avez droit d'attendre de moi l'information la jius prompte de tout ce qui
peut influencer vos propres opinions et vos actions sur ce sujet.
W. H. Drarer,
Après la lecture de cette correspondance, M. Draper se leva et fit un discours plein de tact et d’habileté pour justifier sa conduite envers son propre parti et envers le parti bas-canadien ; il ne put nier toutefois qu’il n’eût voulu sacrifier trois ou quatre de ses collègues pour attirer à lui la majorité du Bas-Canada et donner de la force au gouvernement. C’était là le grand point, M. Watts, un des représentants des cantons de l’Est, et partisan du gouvernement, désaprouva hautement la conduite de M. Draper, qui avait voulu, dit-il, sacrifier sept ou huit membres de la minorité bas-canadienne qui donnaient leur appui au ministère pour obtenir l'appui de vingt-sept à trente autres députés du Bas-Canada, et cela sans communiquer avec aucun des amis politiques auxquels il devait la haute position qu’il occupait, M. Viger prit occasion de dire que cette correspondance “ le justifiait complètement aux yeux du pays de toutes les &-cusations d’ambition et de convoitise portées contre lui par la presse depuis plus de deux ans,” puisqu’il y était déclar' qu’il avait toujours été prêt à se retirer du cabinet pour faire place à ses compatriotes. Puis il déclara que cette correspondance strictement confidentielle n'aurait jamais dû être publiée. M. Draper qui ne savait trop comment sortir de sa position embarrassante laissa entendre que M. Caron n'avait pas
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