CHAPITRE VINGTE ET UNIEME
Session de 1849, — Débat sur l'adresse. — Discours de MM. Papineau et La Fontaine, — Bill pour augmenter la représentation, — Bill d'élection,
— Bill d'indemnité, — Discours virulents. — Tumulte dans les galeries.
Le discours d'ouverture annoncait une ammistie générale en faveur des personnes impliquées dans les événements de 1837 et 1838,— l'abolition complète des restrictions mises à l’usage de la
langue francaise,— la perspective d'obtenir bientôt pour les auto- [æ] 5
rités provinciales le contrôle absolu du département des postes, et
l'établissement d’un prix de port uniforme dans toute l'étendue des provinces britanniques de l'Amérique septentrionale, 1] recommandait pareïllement à l'attention des Chambres la question de l'augmentation de la représentation, le système de judicature, les lois municipales et celle des écoles dans le Bas-Canada, l'achèvement des canaux du Saint-Laurent, la passation d’une loi autorisant la vente de travaux locaux exécutés aux frais de la province, la création d’un fonds d'amortissement et la réorganisation de la dette provinciale,
Ce discours fut lu par le gouverneur en personne, dans les Jan-
gues anglaise et francaise, C’était quelque chose d’extra:.dinaire,
1h 490 DIX ANS AU CANADA
| Sous l'ancien régime, dans le parlement du Bas-Canada, le gouver- I neur lisait le discours du trône en anglais, puis le faisait lire en t
francais pur le président du Conseil législatif. IT y eut comme une j: explosion de joie chez les représentants canadiens français, et ( 4 l'honorable D.-B, Viger ne put s'empêcher de s'écrier: Que je me 1 14 sens soulagé d'entendre prononcer le discours du trône dans la t langue de mes pères !
Le premier débat qui eut lieu dans cette session fut soulevé G 4 par une motion de sir Allan-N. MacNab, demandant la production de la correspondance échangée entre le gouvernement impé- | riul et le gouverneur général, relativement à l’amnistie, ;
Cette proposition fut appuyée par MM, Gugy, Sherwood (de Toronto), et surtout par l'honorable L.-J, Papineau, qui s'exprima à avec beaucoup de chaleur sur les injustices commises par l’'An- |
gleterre envers les Canadiens durant les troubles de 1837-38. Elle fut repoussée par le gonvernement, qui prétendit que les
communications en question étaient strictement confidentielles, et
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que d’ailleurs, comme ce sujet se rattachait aux maticres de prérooutive, ce serait manquer à la courtoisie due à Sa Majesté que de 4 ne pas offrir un concours empressé à cette gracieuse et bienveillunte attention, MM. Baldwin, La Fontaine et Cauchon parlèrent dans ce seus, La motion de sir Allan MacNab fut rejetée par 47 voix contre 18,
La discussion sur l'adresse s’ouvrit le 22, M. Papineau proposa d'abord que le discours du trône fut pris en considération en comité de toute la Chambre, ce qui fut rejeté par 54 voix ; î | contre 2,
La réponse à l'adresse fut proposée par M. N. Dumas, représentant du comté de Leinster. M. Dumas était un des avocats les plus distingués du barreau de Montréal. On s'attendait à un discours chaleureux, entraînant, énergique ; M. Dumas fut froid, timide, embarrassé ; on voyait qu’il n’était pas sur son terrain ;
la connaissance des faits politiques lui manquait: en un mot, le
discours de M. Dumas, comme on le disait alors, fut un fiusco,
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