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que par 13 voix, Tous les amendements étant épuisés, la motion principale en faveur des parlements alternatifs fut adoptée à une majorité de cinq voix (34 contre 29).
Ce vote se divisait ainsi : Pour la motion 18 membres du Bas- Canada et 16 du Haut ; 15 Canadiens français et 19 Anglais. Contre la motion, 16 membres du Bas-Canada et 13 du Haut, 8 Canadiens français et 21 Anglais.
MM. Drummond et Papineau combattirent énergiquement en faveur de Montréal; mais les événements récents portaient le découragement chez un grand nombre de : 1x qui en 1843 avaient voté pour transporter le siège du gouvernement dans cette cité, et la discussion fut moins longue et moins ardente qu’elle ne le fut quelques années après lorsque la même question se présenta de nouveau.
Le 22 mai, l'adresse fut présentée au gouverneur, qui répondit que le sujet recevrait sa plus sérieuse attention, “ Je ne dois point vous cacher, ajouta-t.il, que, dans mon opinion, on ne doit point adopter à la légère un changement aussi sérieux, et surtout que l'on ne doit point, en l’adoptant, se laisser influencer par des raisons qui peuvent prêter une apparence de nécessité temporaire à ce changement, ”
Cette réponse fit croire à quelques-uns que le gouvernement désapprouvait secrètement la démarche de l’Assemblée législative, Il n’en était rien cependant, comme on le vit par la suite.
Le Conseil législatif se prononça bien décidément contre le changement proposé. P
Les Chambres furent prorogtes le 30 mai par le major général Rowan, nommé député-gouverneur à cet effet, On regarda généralement comme un acte de prudence l’absence de lord Elgin dans cette circonstance, Il donna la sanction royale à 152 actes, et en réserva six à la signification du plaisir de Sa Majesté, Dans son discours de clôture, après avoir fait allusion aux mesures soumises au parlement impérial pour le rappel des lois de navigation, il ajoutait : ‘“ Je déplore les excès récemment commis dans cette
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cité, les outrages dont le représentant de la Reine a été l’objet, et la destruction de l'édifice destiné aux séances de la Législature, Il est néanmoins satisfaisant d'observer que ces procédés ne rencontrent aucune sympathie de la part du peuple du Canada, qui a profité de cette occasion pour venir en masse renouveler l’assurance de sa loyauté envers la Reine, et de son attachement à la constitution de la province, Je me flatte qu’à votre retour dans vos familles vous ne manquerez pas d’user de votre influence pour apaiser l'excitation; pour inculquer le respect aux lois et aux décisions du parlement, et pour entretenir des sentiments de confiance mutuelle et d'amour fraternel entre les habitants de toutes les classes.”
Voici comment lord Elgin racontait, dans une dépêche en date du 30 avril, l’origine de l’émeute :
“ Afin de rendre ce récit intelligible, je dois commencer par vous dire que depuis quelque temps la Chambre d’assemblée, telle que présentement constituée, a été l’objet de dénonciations acrimonmieuses et souvent de menaces de violences de la part d’une certaine portion de la presse de cette province, et plus spécialement de celle de Montréal. Votre Seigneurie se rappellera probablement que le corps en question est le produit d’une élection générale qui a eu lieu, ily a dix-huit mois, sous les auspices du parti politique maintenant en opposition, et après une dissolution à laquelle j'ai eu recours, ce parti le conseillant dans le but de renforcer sa position comme gouvernement, Le résultat de cette mesure fut au dernier point défavorable à ceux qui l'avaient recommandée, pas cependant autant dans le Bas-Canada, dont le caractère de la représentation ne fut que peu affecté par cette dissolution, que dans la province supérieure, où plusieurs collèges électoraux, parmi lesquels se trouvaient quelques-uns des plus populeux, rejetèrent les candidats conservateurs et. prirent des libéraux, Sur une question de confiance soulevée au commence-
ment de la session, immédiatement après l'élection générale, l'administration fut défaite par une majorité de plus de deux
contre un; et un chungemant de gouvernement eut lieu comme de raison.
‘“ Ce changement dans la composition politique de l’Assemblée . législative, ainsi que le changement de gouvernement qui le suivit, découlent clairement et distinctement du revirement d'opinion qui s’est fait dans les collèges électoraux anglais du Haut-Canada. Dans le Bas-Canada, rien n'était arrivé pour produire l’un ou l'autre, (Cette circonstance cependant n’a pu réussir à gagner à la branche populaire la tolérance ou le respect d’une certaine portion de ceux qui se disent avec emphase les appuis des intérêts britanniques. Ce parti n’a cessé de dénoncer le parlement comme français dans sa composition, et le gouvernement comme sujet à des influences françaises, et d'émettre les doctrines les plus sauvages sur le droit d’une minorité britannique de se soustraire par la violence à l'asservissement auquel cette situation lui paraissait
le conduire, J'ai maintenant sous les yeux un article qui a paru dans un des principaux journaux anglais de Montréal, au commencement de la session, Je vous en transmets la conclusion, comme exemple du ton et du langage auxquels, même alors et avant que l'esprit public eût été excité par la discussion du bill relatif aux
pertes causées par la rébellion, une partie de la presse avait recours pour critiquer les actes du gouvernement, L'article parle d’une mesure qui aflecte les townships, mesure à laquelle, je crois, il ne fut fait aucune objection sérieuse dans les Chambres, Quoi qu’il en soit, il se termine ainsi:
“ Nous en sommes très contents ; le plus tôt le pied fourchu se “ fera voir, le mieux ce sera: l’intention évidente de la majorité “ composée de français aidés d’anglo-canadiens, est d'imposer les “institutions françaises à la minorité bretonne du Las-Canada, “ L'intention est évide:e, comme nous le disons, et nous sommes “ très contents qu’elle se fasse voir oc vertement, Nous espérons “ que le parti du gouvernement réussira dans toutes ses mesures “ nuisibles, Quand la tyrannie française deviendra insupportabie, “ nous trouverons Cromwell, Sheffield, dans les temps passés,
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“ avait coutume d'être fameux pour ses armes bien affilées et bien “ trempées ; eh bien! on y fait maintenant des baïonnettes tout “aussi affilées et tout aussi bien trempées, Quand nous ne pour- “ rons supporter la tyrannie plus longtemps, on verra alors si des “ baïonnettes saxonnes ne sont pas plus que suffisantes pour une ‘“ masse et une majorité, ”
“ Les personnes accoutumées à faire opérer le gouvernement responsable dans les sociétés bien organisées, trouveront incroyable qu'un pareil langage ait été employé par les organes d’un parti respectable vis-à-vis un corps comprenant les députés librement choisis d’une représentation appuyée sur une base libérale ; mais la cause de l'anarchie est assez visible pour tous ceux qui connaissent l’histoire du Canada. Pendant un grand nombre d'années la représentation populaire et l'Exécutif supporté par le Conseil furent, spécialement dans la province inférieure, dans une position d’antagonisme presque constant, Ravaler l’un était le témoignage le plus sûr du patriotisme, et accuser l’autre, celui de la loyauté, Dans une société singulièrement démocratique dans sa constitution, où les diversités de races fournissaient des éléments spéciaux de confusion, et où conséquemment il était le plus important possible que l'autorité constituée fût respectée, l'influence morale de la loi et du gouvernement fut affaiblie par l'existence de luttes continuelles entre les pouvoirs qui eussent dû se prêter un appui mutuel. On ne peut imaginer aucun état de choses moins favorable à l'extinction des animosités nationales et à l'établissement solide du contrôle bienveillant des institutions libérales que l'Angleterre se fait gloire de procurer à ses enfants,
“Je ne suis pas sans espérance qu’une ferme adhésion aux principes du gouvernement constitutionnel, et une harmonie continuelle des branches diverses de la Législature n’amènent à la longue un remède à ces maux ; je dois en même temps cependant attribuer principalement à la cause que je viens de mentionner le ton de défiance arrogante avec lequel sont accueillies les résolu-
| | |f 574 DIX ANS AU CANADA | hi j ; «1 T# tions, non pas du gouvernement seulement, mais aussi du parle- «1h ment, par ceux qui ne peuvent pour le moment faire prévaloir | leurs vues dans l’un ou l’autre, et les actes de violence auxquels |
{| a conduit dans cette occasion ce langage inflammatoire, a! “ Que bien des personnes désapprouvent consciencieusement la mesure des pertes par la rébellion dans le Bas-Canada, introduite
|| par le gouvernement, et qu’a passée le parlement à des majorités } considérables ; et que, dans l’esprit d’autres elle tende à exciter les animosités nationales et à réveiller le souvenir des luttes passées,
{ que des hommes politiques malhonnêtes s'efforcent de tourner au \ profit de leurs propres vues; cela est un fait, je le crois, qu'il | serait impossible de révoquer en doute, C’est pourquoi cette mesure eût dû être discutée avec caline et prudence par tous ceux au moins qui n’y étaient pas directement intéressés. Malheureusement cependant tel n’a pas été le cas. Non seulement la ‘ presse locale en a appelé aux passions de la plus basse nature, mais elle a recu de l’encouragement d’où elle était loin d’avoir droit d’en attendre. Des passages tels que celui-ci, dans lequel un journal influent de Londres parle de la population bretonne comme affectée par la mesure en question : —“ Ils sont passable- ‘“ ment capables de prendre soin d'eux-mêmes, et nous traduisons “ mal le ton adopté par le public anglais de la province, s'ils ne
‘“ trouvent pas le moyen de se soustraire au joug pesant et au
“ découragement qui sont à leur adresse, ” — sont lus avec avidité
et compris de manière à faire croire que cette sympathie sera
accordée en Angleterre à ceux qui s’efforceront de nullifier la
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décision malsonnante de la Législature locale, quels que soient (
| les moyens qu’ils puissent employer pour arriver à cette fin,
| “ Les scènes qui ont récemment déshonoré Montréal sont les
fruits naturels d’une agitation de ce caractère, opérant sur un d | peuple d’un tempérament excitable, à qui on a appris à croire r | qu'une race qu’il méprise et sur laquelle il avait coutume d'exercer
è sa domination, a obtenu par l'opération d’un système constitu- é f tionnel un pouvoir qu’elle ne pouvait acquérir autrement, De là €
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plus spécialement la véhémente indignation contre moi personnellement, et la conviction (dans bien des cas, je n’en doute pas, parfaitement sincère) que j'ai été coupable d’un abandon sérieux du devoir, parçe que je ne me suis pas, comme ont souvent fait mes prédécesseurs, mis à la tête d’une agitation pour contrecarrer la politique du parlement. La nature des doctrines constitutionnelles qui sont mises en pratique dans cette province, a une curieuse application dans le fait que ce n’est pas la passation du bill par une écrasante majorité des représentants du peuple ou le consentement du Conseil, mais le consentement du gouverneur qui fournit le prétexte à une expression de violence populaire.
“ Lorsque je laissai l’hôtel du gouvernement, après avoir donné ma sanction à plusieurs bills auxquels j'ai déjà fait allusion, je fus reçu par des cris d'approbation mêlés de désapprobation d’une
+ foule, loin d’être nombreuse, qui entourait les avenues de l'édifice, Un petit groupe d'individus, composé, comme on l’a certifié depuis, de pe: "nes formant partie de la classe respectable de la société, lança sur ma voiture des projectiles qu’ils ont dû avoir emportés avec eux dans ce but, Une heure environ après cette occurrence, un avis, dont je vous envoie ci-inclus une copie, sortit des presses d'un journal, convoquant une assemblée publique en plein air, Des discours inflammatoires furent prononcés à cette assemblée, Tout à coup, soit sous l'influence d’une excitation momentanée, ou en conséquence d’un plan arrangé d'avance, la populace se rendit à la maison du parlement, où les membres siégeaient encore, et après en avoir brisé les fenêtres, y mit le feu et la réduisit en cendres. Par cet acte honteux, une propriété de valeur considé. rable, y compris deux belles bibliothèques, a été complètement détruite, Ayant atteint son but, la foule se dispersa, apparemment contente de ce qu’elle venait de faire, Les membres purent se retirer sans être maltraités, et on n'offrit auc’.ne résistance au militaire, qui parut sur la place peu après pour rétablir l’ordre et éteindre les flammes. Durant les jours suivants, il y eut beaucoup d’excitation dans les rues et l’on se porta à de nouveaux
3 \ RÉ V DE PO RDÉATOT ODSÉ MEN SER o E S
incendies, Depuis lors la force militaire a été augmentée et les chefs du parti désaffectionné se sont montrés disposés à modérer leurs partisans, et à diriger leur énergie dans une voie plus constitutionnelle, celle de pétitionner la Reine pour demander mon rappel et le désaveu du bill malencontreux. Les actes de la Chambre d’assemblée tendront aussi à en imposer aux turbulents. C’est pourquoi j'espère que la paix de la ville ne sera plus troublée, Les journaux que je vous envoie contiennent un rapport complet et, je crois, assez fidèle de tout ce qui a eu lieu depuis mercredi.
“ On blâme le ministère de ce qu’il n’a pas pris de précaution pour prévenir ces désastres ; il est certain qu’il ne s'attendait aucunement à ce que l’hostilité au bill des pertes par la rébellion, se transformât en les actes de violence qui ont été commis durant les derniers jours. Peut-être n’a-t-il pas fait assez attention aux menaces de la presse de l'opposition, Il faut admettre cependant que sa position était extrêmement difficile, La force civile de Montréal, contenant environ 50,000 habitants de différentes races, avec des sociétés secrètes et d’autres agents du mal en activité constante, consiste en deux hommes de police sous l'autcrité du gouvernement et en 70 hommes par la corporation. C’est pourquoi, pour faire une résistance efficace à une populace considérable, il fallait avoir recours à la force militaire ou à une force civilienne envôlée pour l’occasion, Il se présentait cependant de grandes objections dans cette circonstance à l'adoption de l’une ou de l’autre mesure, jusqu’à ce que la disposition au tumulte, de la part de la populace, se manifestât malheureusement par des actes plus qu'illégaux, Aussi était-il plus spécialement important d'éviter toute mesure ayant une tendance à produire une collision entre les partis sur une question qui les excitait si fortement. Le résultat de la marche suivie est qu'il n’y a pas eu de sang répandu, ni, si ce n’est dans le cas de quelques-uns des ministres eux-mêmes, de destruction de propriétés privées.
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“ Les actes de l’Assemblée ont été importants, Je vous envoie ci-inclus copie d’une adresse qui m'a été votée par une majorité de 36 contre 16, et exprimant son horreur pour les actes de violence qui ont eu lieu à Montréal, sa loyauté à la Reine et son approbation de mon gouvernement juste et impartial durant ma présente, aussi bien que durant ma précédente, administration, Quelques-uns des membres de l’opposition approuvent la marche que j'ai suivie à l'égard du bill des pertes par Ja rébellion, comme vous le verrez par les discours de MM. Wilson et Galt, lesquels
‘discours se trouvent dans les journaux que je vous envoie avec la
présente. M. Wilson est un membre influent du parti conservateur dans le Haut-Canada, et les vues de M. Galt sont d'autant plus importantes qu’il a été élu il y a peu de jours par un collège électoral du Bas-Canada qui renferme une grande population d’origine britannique, Généralement cependant, comme le témoignent les amendements qu’ils ont proposés à l'adresse, ils désirent éviter de se compromettre sur ce point, Les voteurs peuvent être classés ainsi :— Sir Allan MacNab et son parti ; mes ci-devant ministres et leur parti ; et M. Papineau. Le premier a agi avec une parfaite consistance en votant comme il l’a fait dans cette occasion, car il a toujours prétendu que le gouvernement conduit d’après les principes anglais n’est pas propre au Canada. La conduite de la seconde classe est moins intelligible, cer jusqu’au jour où elle résigna ses fonctions entre mes mains, elle exprima uniformément son approbation des principes qui ont dirigé ma conduite comme gouverneur général ; et ces principes, comme le sait Votre Seigneurie, n’ont pas changé avec le changement d'administration,
Le vote de M. Papineau comporte une lecon utile qui, je l'espère, ne sera pas perdue pour les personnes qui ont été induites à croire que la persécution dont je suis l'objet est réellement attribuable, au trop de bonté que j'ai pu avoir montré pour ceux qui ont été poussés par lui à la révolte.
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“ Je viens de présenter à Votre Seigneurie Je détail, aussi clair qu’il m'a été possible de le donner, de ces événements ; et je puis terminer en vous assurant que la ville est parfaitement tranquille, et qu’il n’y a aucune apparence que ces troubles se renouvellent. Quelques jours nous apprendront quel écho les mesures du parti violent éveilleront dans le Haut-Canada, et jusqu’à quel point elles seront suivies d’une réaction, En même temps je suis intimement convaincu que si on se soumet à ses exigences, le gouvernement de cette province par des moyens constitutionnels sera impossible, et qu’on verra se perpétuer les luttes entre des minorités insupportables appuyées par la force, et des majorités se reposant sur la légalité et les formes établies, état de choses qui a été si longtemps le fléau du Canada, qui en chasse le capital et produit un mécontentement chronique. Je pense en même temps que, s’il ne m'est pas possible de reprendre le caractère de digne neutralité entre les partis opposés, que je me suis sans cesse appliqué à conserver et dont il paraîtrait que j'ai été momentanément privé — non point, comme je le crois fermement, par aucune faute de ma part, mais par la violence irréfléchie d’une faction — il restera à Votre Seigneurie de décider s’il ne serait pas dans l'intérêt du service de Sa Majesté que je fusse retiré de la haute fonction que je remplis pour faire place à un autre qui, bien que n’adoptant pas des vues différentes des miennes touchant les devoirs d’un gouverneur constitutionnel, aurait l'avantage de n’être pas personnellement désagréable à une section de ses sujets dans cette province.”
Signé “ ELGIN ET KINCARDINE, ”
Le ministre colonial, loxd Grey, répondit immédiatement à. cette dépêche, pour assurer à lord Elgin que ces événements, tout déplorables qu'ils fussent, n’ébranlaient en aucune manière la confiance que Sa Majesté reposait dans son habileté et son jugement, et qu’elle continuait à regarder son administration des affaires de
la province comme méritant son approbation.
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“ Quant à l'acte du parlement provincial, continue-t-il, qui a servi de prétexte aux violences qui ont été commises, il est du devoir des serviteurs de Sa Majesté de réserver leur jugement, jusqu’à ce que nous soyons en possession de tous les renseignements que vous me faites espérer, touchant son caractère et son objet ; mais, de quelque manière qu'on apprécie cette mesure, il ne peut y avoir qu’une opinion sur la culpabilité de ceux qui, en résistant à une loi constitutionnellement passée par la Législature provinciale, ont eu recours à des violences d’un caractère aussi déshonorant, et sur la très grave responsabilité de ceux qui, même par l’imprudence de leur langage, ont contribué à produire l’excitation qui a conduit à ces lamentables résultats. Les serviteurs de Sa Majesté sont entièrement de l'avis de Votre Seigneurie sur les conséquences qui résulteraient de cette sorte de mandat par lequel on s’est efforcé, dans cette occasion, de renverser la décision des autorités légalement constituées de la province ; et ils reposent toute confiance dans votre fermeté, supporté, comme j'espère que vous le serez, par le parlement et la grande majorité du peuple du Canada, pour faire obéir à la loi et pour forcer ceux qui peuvent désapprouver les mesures de la Législature ou du gouvernement provincial, à renfermer leur opposition dans les limites de la loi et de la constitution. .
“ J’apprécie les motifs qui ont induit Votre Seigneurie à faire la suggestion qui termine votre dépêche, mais je désapprouverais de tout mon pouvoir le changement qu’elle propose dans le gouvernement du Canada. L'abandon de cette charge per Votre Seigneurie, lequel, dans toutes les circonstances possibles, serait une perte très grave pour le service de Sa Majesté et pour la province, ne pourrait manquer, dans le présent état de choses, d’être extrêmement dommageable au bien public, par l’encoura-
‘gement qu’il donnerait à ceux qui ont pris part aux violences et
à l’opposition‘illégale que l’on a faite à votre gouvernement. Je
n'ai aussi aucun doute que, lorsque la présente excitation sera.
apaisée, vous ne réussissiez à regagner cette position de ‘“ digne neutralité ” qui sied à votre charge, que vous vous êtes étudié, comme vous l’observez avec justesse, à maintenir jusqu'ici, et dont, comme ceux mêmes qui vous sont maintenant le plus opposés s’en apercevront en réfléchissant, vous avez été arraché, non par votre faute, mais par leurs violences déraisonnables.
“ C'est pourquoi, confiant dans votre zèle pour les intérêts du Canada, je me sens l'assurance que vous ne serez pas induit, par les événements malheureux qui ont eu lieu, à abandonner la haute charge qu’il a plu à la Reine de vous confier, et que, par l'appréciation qu'elle fait de vos services passés, Sa Majesté désire ardemment que vous reteniez, ”
(Signé) “ GREY.”
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Dans une autre dépêche, en date du 5 mai, lord Elgin faisait l'historique du bill d’indemnité, et concluait en exposant les raisons qui l'avaient engagé à donner sa sanction à l'acte passé par les deux Chambres.
“ Les pétitions qui m'ont été adressées sur ce sujet, dit-il, se terminaient généralement en me priant ou de dissoudre le parlement ou de réserver le bill quand il me serait présenté pour la signification du plaisir de Sa Majesté. La première de ces démarches était évidemment pleine de dangers, et n'aurait pu être justifiée que par la plus urgente nécessité et la perspective du succès le plus assuré. Le parlement n'avait été élu que tout récemment sous les auspices, non pas du ministère, mais de l'opposition,
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Avoir recours à une élection générale pour s'assurer du sentiment sur ce point brûlant, c'était provoquer dans certaines parties du pays des scènes de violence, peut-être de carnage. De plus, une dissolution du parlement nécessite un changement d’administration ; et si elle eût manqué son objet, son seul effet eût été de produire de la méfiance et un manque de confiance mutuelle entre le représentant de la Couronne et le parlement local, J'étais par con-
DIX ANS AU CANADA 581 à | ligne séquent tenu, suivant moi, de peser soigneusement toutes les : | udié, probabilités avant d’avoir recours à cet expédient désespéré. La ï, et considération la plus attentive que j'aie pu faire sur ce sujet m'a pi plus conduit à la conclusion qu’une dissolution du parlement dans les î À aché, circonstances où se trouvait placée la province, n'aurait pas été f |
justifiable en principe ni en politique. 1 is du “ L'autre démarche suggérée par les pétitionnaires, c’est-à-dire 4 , par de réserver le bill, était sans doute plus sûre et plus praticable. l r la Peut-être que, si je n’avais consulté en cela que mon propre bien- 1] , par être, j'aurais pu être tenté de la suivre. Mais je compris h lésire qu'après ce qui était arrivé par rapport à l'indemnité du Haut- {1
Canada, je n'aurais pu manquer de faire un juste ombrage au parlement, si j'avais refusé de sanctionner le bill qu’il avait passé pour l’avantage de ceux qui ont souffert dans le Bas-Canada. H
aisait J'ai analysé avec soin les votes de l’Assemblée, et j'ai trouvé que, : it les sur l'adoption du bill, 47 votèrent pour et 18 contre la mesure ; passé que, sur 31 membres du Haut-Canada qui votèrent en cette occasion, 17 l'ont supportée et 14 l'ont refusée ; et que, sur 10 mem- { il, se bres du Bas-Canada d’origine britannique, 6 supportèrent le bill ê parle- et 4 s’y opposèrent. Ces faits me semblèrent contraires tout à fait à u pur la l’assertion que la question était une question sur laquelle les deux ‘ émar- races étaient en antagonisme l’une contre l’autre, dans toute la ï justi- province, J'ai donc considéré que, si je réservais le bill, je ne . ccès ferais que rejeter sur Sa Majesté et sur ses conseillers une respon- } ment sabilité qui devait peser sur mes propres épaules, et que j'exciteition, rais sur l’esprit du peuple en général, même de ceux qui étaient | ment indifférents ou hostiles au bill, des doutes sur la sincérité avec l es du laquelle on s'attendait que le gouvernement constitutionnel serait Fl , une conduit au Canada, doutes qui, c'est ma ferme conviction, s’ils | istra- ‘ prévalaient généralement, seraient dangereux pour la connexion. H > pro- “ Dans tous les cas, cependant, c’est un point qui ne peut être f tre le réglé que par le gouvernement de la Reine. Si je me suis trompé, k con- l'erreur n’est pas irréparable. Si Votre Seigneurie est d'opinion
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qu'il y a dans le caractère de cette mesure quelque spécialité qui aurait dû la séparer de la catégorie des questions locales sur lesquelles le parlement local a droit de se prononcer, je me conformerai de suite à votre décision, espérant que vous me ferez la justice de croire que j'ai agi, dans des circonstances d’une difficulté peu ordinaire, avec un sincère désir de remplir mon devoir envers Sa Majesté, et de promouvoir les plus grands intérêts de la colonie.”
(Signé) “ ELGIN ET KINCARDINE, ”
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