PUBLIQUE
“ Consacrez-le au bien-être de votre pays ; que le riche et le pauvre, le grand et le roturier, le jeune et le vieillard, SOIENT SUR L'ALERTE !
# Que chaque voiture soit bien remplie, — que chaque cheval soit bien chargé, — que chaque route soit encombrée des cœurs honnêtes du pays, se dirigeant tous vers le palais de justice du district. Que chaque concession laisse aller ‘“ ses cœurs vivaces et vrais, ” pour dire à lord Elgin qu'il a trompé le peuple et trahi la Souveraine !
“ Que vos bannières flottent de bonne heure ! que la brise du matin soit joyeuse par le son de votre douce musique, et que, tout le jour, vos démarches soient marquées d'amour pour votre prochain, de zèle pour votre pays, et d’une éternelle résolution de le rendre heureux et prospère !— Dieu sauve la Reine ! ”
Excités par cette fanatique proclame'ion, les citoyens de Brock- . ville arborèrent des drapeaux noirs quand Son Excellence passa vis-à-vis cette ville.
Il faut dire en justice que les hommes sensés de tous les partis déploraient ces manifestations ridicules.
Au retour de son voyage, lord Elgin apprit que la Reine, en récompense des services au’il avait rendus à la Couronne, venait de le nommer Baron du royaume-uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande.
Le Times de Londres, revenant, à ce sujet, sur les derniers événements, disait :
“ I] y a la majorité du parlement d’un côté, la majorité de la canaille de l’autre, Ainsi, sans révoquer en doute le moins du monde le fait que toute la population coloniale ast justement représentée en parlement, la populace locale essaye d’intimider et de supplanter virtuellement, non seulement le représentant de la souveraine, mais même les représentants du peuple. La tentative se comprend bien, et elle ne doit pas surprendre ; mais aussi elle est très outrageante et très imprudente, et elle doit être réprimée.…
“ Le 15 juillet, plusieurs des chefs des premières émeutes
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furent arrêtés avec certaine résistance de la part de quelques-uns d’entre eux. On supposerait naturellement que, pour cette circonstance, toutes les précautions possibles avaient été prises. Cependant il paraît qu'on a laissé une populace s’ameuter pour attaquer la résidence de M. La Fontaine, briser la barrière et s’avancer jusqu'à vingt pieds de la maison avec l'intention avouée de la brûler jusqu’au sol. M. La Fontaine et ses amis firent à ces vagabonds la réception qu’ils méritaient, Un individu subit la peine de son crime prémédité sur le lieu même, et le reste de la canaille comprit ce qu’elle avait à faire. …
‘“ En même temps nous voyons avec plaisir que le gouverneur général est chaleureusement appuyé tant par sa souveraine que par la port’ » véritablement loyale du peuple canadien, La Gazette annonce son élévation à la pairie anglaise, Comme champion des principes constitutionnels contre l’usurpation d’une faction et la domination d’une race, lord Elgin mérite bien cet honneur de la main d’un gouvenement constitutionnel, Nous ne croyons pas à la prétendue mauvaise entente entre le militaire et le gouvernement ou à la prétendue hésitation des ministres, Ils doivent persévérer. Leur cause est celle du gouvernement responsable, Les yeux de l'Angleterre et du monde sont sur eux. Leur souveraine assiste au combat et leur fait signe d'avancer. C’est une question de principes. L'avenir est entre les mains du Tout-Puissant. C’est peut-être sa volonté que le Canada, étant crrivé à maturité, devienne bientôt indépendant, ou partage la fortune de la confédération voisine ; mais, même dans ce cas, il sera consolant et glorieux pour nous que notre dernière leçon ait été celle du self-gouvernment.….”
Au commencement d'octobre parut le manifeste annexionniste de Montréal, signé par plus de trois cents citoyens, et que nous reproduisons en entier :