L \RT ET LA NATION XVH
sèrent les écrivains de ma g-énération. Les défaites de 1870 ont obscurément, mais sûrement affaibli la confiance du Français dans Texcellence de Torg-anisation sociale. Se jugeant faible avec tous, il chercha le moyen d'être fort tout seul. De là cette dangereuse, cette curieuse résurrection de l'individualisme qui fit si précaire la prospérité des Républiques italiennes, aux temps du moyen âge et de la Renaissance, qui, dans les temps modernes, retarde encore le développement de l'Amérique latine. Ne pouvant plus se croire la vigueur d'une nation triomphale, chacun veut être, au moins, la puissance d'un individu. Un conflit terrible est né de ce phénomène historique. Nous assistons à ce combat de Titans, à cette lutte des classes qui changera sans doute, complètement, la face de l'univers. Une morale nouvelle s'ébauche parmi l'écroulement des principes antiques sauvegardés, jusque naguère, par une docte hypocrisie, quand la vertu faisait défaut. Et cette féconde révolution sera, plus que la première, importante.
Le malaise de l'humanité présente, les ambitions de son altruisme, le génie prodigieux et varié de son élite, les éloquences admirables de ses apôtres, l'art de ses femmes féeriques, la mentalité des meilleurs et des pires, les sentiments des médiocres et des foules,