LART ET LA NATION XV
de la conquête barbare qui substitua le caprice du monarque à la loi du Forum. Il se rebellera contre cette long*ue abdication de sa volonté. 11 mesurera sa force selon Taltitude harmonieuse de ce palais, de ces châteaux qui, partout, marquent les centres de paysages incomparables et magnifient la nature.
Montaigne, Descartes et Pascal ont établi la critique. Elle animera la verve de Jean-Jacques, de Voltaire et des Encyclopédistes.
Et cela s'exprime d'abord par un art tout en lignes romaines, un art que suggère l'exhumation de Pompéi et d'Herculanum : l'art de Gabriel et de Yien, tout à l'heure, de David.
La Nation, par là, matérialise son vœu de reconquérir les droits latins qui firent sa civilisation avant la ruée des Barbares, Mirabeau, Danton, Robespierre évoqueront sans cesse le génie de Rome. Un latin providentiel, un fils de Gênes, un Corse vengera, tout à Fheure, les légions de Varus jadis exterminées, en conduisant les enthousiasmes de la liberté latine vers les champs d'Austerlitz et d'Iéna.
Oui, Messieurs, ce sont les arts et les lettres qui constituèrent la personnalité de la France I Les artisans de Bouvines, les maçons de Chartres et d'Amiens, Montaigne et Pascal, les constructeurs de Versailles, ses
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sculpteurs, ses peintres, ses ébénistes, ses jardiniers, le tragique Corneille et le naturaliste Rousseau, les dessins de David et les plans de Soufflot, voilà ce qui put apprêter l'heure de la gloire française, Fheure de Jemmapes et de Valmy, Theure propice au départ des apôtres qui colportèrent par le monde les étendards de la République et qui le firent vibrer sous leur gigantesque émotion, depuis 1789 jusqu'à. Messieurs, hier encore : car les parlementaires de Russie attestèrent notre exemple pour revendiquer contre la dernière survivance de Tautocratie.
C'est là. Messieurs, l'œuvre commune à laquelle je vous demandais, tout à l'heure, la permission de dédier vos discours.
Celui qui parle devant vous n'est rien qu'un vulgarisateur de cette pensée fertile, maintenant épanouie dans la société contemporaine en floraison magnifique et bizarre. Humanité sans cesse éblouie par le miracle d'une science vraiment divine, sans cesse émue, comme on ne le fut jamais, par les souffrances du peuple laborieux, sans cesse agitée d'espoirs grandioses, sans cesse possédée par des ironies amères et négatives.
La révolte de l'individu contre le milieu, la réaction de ce milieu solidaire contre qui le désagrège, intéres-