‹ Dix ans d'études historiques (volume 2)Chapitre 5 sur 30 · S6 TUB · texte numérisé non relu

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pM vrai , ({lie , de dessein prémédité , ib aient élevé sur eux une monarchie , et en même tempe une aris> toeratie pour la combattre ; quMls aient mis ensuite à côté une dose de démocratie, laquelle ils ont voulu grossir peu à peu , jnsqu^à ce quelle fit équilibre avec les deux autres principes , et qu^il y eât symétrie. Ces spéculations abstraites peuvent bien passionner quelques penseurs de profession ; mais elles a\>ocnpent guère les peuples qui sont plus matériels dans leurs intérêts.

Vivre , jouir de son travail , exercer librement ses facultés et aon industrie, voilà à quoi tendent les hommes réunis, et où le peuple anglais, comme tous les autres , s^est eflPorcé d^atteindre. Les voies quHl a suivies ont été simples, c^était de s^attaquer aux obstacles -qui arrêtaient ses désirs ; il e|i a détroit ce quHl a pu détruire. Voilà son ouvrage, voilà son succès ; hors de là rien n^est de lui.

Nous devons nous défier de Phistoire. Trop souvent récrivaîn, an lieu de raconter naïvement ce qu^il a devant les yeux , nous présente ce qu'il imagine , et substitue ses idées aux faits, ou dénature les faits en établissant des rapports forcés entre eux et d'autres faits étrangers. On peut prouver que , pendant sept cents ans , tous les esprits de TAngleterre ont été occupés à sguster ensemble le roi , les pairs et les communes , pour se tenir après en repos et jouir du spectacle ; on peut prouver que cette idée leur venait des Romains dont ils voulaient se procurer les institutions , et avoir à la fin dans un roi deux consuls, dans une chambre haute un sénat, dans une

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chambre basse des comices en petit ; on peut prouver qu'ils se proposaient pour modèles les barbares de la Germanie.» «.

On peut tout prouver par les faits , avec des systèmes et des allusions ; souvent Tbistoire nWt qvCan mensonge continuel; et malbeureusement, pendant que les écrivains la contournent à leur mode et en font un babit pour leurs pensées , ils la présentent aux peuples et aux hommes comme la vraie règle de leurs actions, Pinstitutrice qui enseigne à vivre; magistra vitœ; c'est qu'ils savent bien qu'ils sont cachés derrière , et qu'en préconisant l'histoire , c'est proprement leur esprit qu'ils vantent.

Sans proposer de notre chef aux Français l'exemple de la nation anglaise , sans nier cependant que cet exemple leur soit applicable; sans mettre en avant aucune espèce de ressemblance dans la situation des deux peuples , mais aussi , sans rejeter l'opinion de ceux qui y trouvent quelque rapport, nous allons essayer de décrire simplement et avec vérité les principales révolutions qui ont changé l'état des hommes en Angleterre. Dans ce récit , nous nous dépouillerons , autant qu'il nous sera possible , de toute vue politique prise d'avance ; nous ne tiendrons nul compte des idées courantes ni même des mots qu'on échange tous les jours , sans trop en vérifier le titre ; enfin,nous chercherons à remonter toujours jusqu'aux faits , à laisser toujours parler les faits.

Qu'on trouve dans cette histoire quelque chose de bizarre , d'extraordinaire , cela ne nous étonnera point: les notions des événemens ont été si fort

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