‹ Dix ans d'études historiquesChapitre 14 sur 86 · SITU LA VIE DU COLONEL IIUTCHINSON · texte numérisé non relu

SITU LA VIE DU COLONEL IIUTCHINSON

faillible; voilà les idées généreuses et les images de bonheur que présente ce livre : et il n’y a aucune exagération d’enthousiasme; il n’y a rien là que de simple et d’intelligible pour les âmes capables de sentir et de goûter le vrai. «•

Le propre du colonel Hutchinson, comme de tous les grands caractères, était le calme dans la force. Privé de sa fortune par ses sacrifices pour la cause de la liberté, chassé de ses emplois par Cromwell, calomnié par les pamphlétaires que salariait le protecteur, dénoncé au peuple, tantôt comme traître, tantôt comme fanatique, sa constance fut inébranlable. Le desposte, qui ne concevait point les longues pensées hors de l’ambition, crut un jour avoir assez fait pour le vaincre, et lui fit demander, dans sa retraite, s’il persistait à se tenir loin des affaires, et à vivre inutile au public. «Quand le moment d’être « utile sera venu, répondit le colonel, je ne me tiendrai « point à l’écart. J’attends ce moment. Je ne partagerai « point l’infamie de ceux qui trempent à prix d’or dans « l’asservissement de leur pays. »

Cette réponse énergique fut un arrêt de proscription pour celui qui l’avait prononcée ; le colonel Hutchinson fut destiné par le protecteur à partager les fers de Henri Vane. Mais, avant que Cromwell eût envoyé ses satellites pour s’emparer du patriote , la mort vint le surprendre lui-même; et, bientôt après, la restauration fit passer en de nouvelles mains l’héritage de son pouvoir et de ses vengeances. Ceux que Cromwell avait haïs furent cités à comparaître devant les courtisans de Cromwell, travestis en juges royaux; plusieurs furent condamnés à perdre la vie, soit comme juges du dernier roi, soit comme patriotes trop incorrigibles; beaucoup furent bannis et

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