‹ Dix ans d'études historiquesChapitre 15 sur 86 · MEMBRE DU LONG PARLEMENT · texte numérisé non relu

MEMBRE DU LONG PARLEMENT

dépouillés de leurs biens; le colonel Hutchinson fut excepté de toutes ces sentences; «mais, dit l’auteur des mémoires, il se plaignait amèrement d’ètre épargné dans ce jour fatal, où la cause à laquelle il avait dévoué sa vie était trahie et condamnée. Il se regardait comme jugé, comme exécuté lui-même dans la personne de ses amis. Quoique reconnaissant envers Dieu de sa délivrance, il ne savait s'il devait l’accepter : « Jamais, disait-il à sa femme, dont les soins et les démarches empressées avaient contribué à écarter de lui ce péril, jamais vous n’avez rien fait qui m’ait déplu davantage. » Sans les pleurs de sa famille, il se fût livré volontairement à la mort; une seule pensée le déterminait à supporter la vie, c’est qu’il croyait ses jours réservés pour de plus éclatants sacrifices.

Quand Charles II, pour ne pas fausser trop impudemment sa parole, avait proposé une loi d’amnistie qui bornait le cercle des représailles que la restauration devait exercer, il avait dit en confidence à la chambre des lords qu’on* emploierait d’autres moyens pour se défaire des patriotes intraitables. Ces paroles eurent leur etfet : après un an de repos, le colonel Hutchinson fut enlevé de sa maison de campagne, et conduit à la Tour de Londres. Il demanda communication de l’ordre en vertu duquel il se trouvait emprisonné; on lui répondit par un refus; et tout ce qu’il put apprendre, c’est qu’une dépêche ministérielle avait enjoint au gouverneur de la province où il résidait de le comprendre dans une conspiration quelconque. Le colonel, condamné sans motif à une détention sans terme, défendit à sa femme et à ses amis de faire aucune démarche pour sa délivrance. « Me voilà, heu- « reux, disait-il, je ne dois plus rien à ces hommes; ils

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