PAR RACES ROYALES
race celle de quinze rois, depuis Pépin jusqu’à Louis V.
Première race dite des Mérovingiens, seconde race dite des Caiiovingiens : voilà deux formules que nous li- * sons dans celles de nos histoires qui passent pour les meilleures , et que nous répétons dans nos conversations habituelles, sans concevoir le moindre doute sur leur exactitude. Cependant, plus d’une question peut être proposée à cet égard ; et pour commencer par la dynastie que nos historiens appellent mérovingienne, d’où lui vient ce surnom, et dans quel temps l’a-t-elle reçu? Estce une appellation populaire ou une simple désignation scientifique introduite par les écrivains pour marquer une division dans l’histoire ? Voilà des difficultés qu’un écolier de seconde pourrait adresser à son professeur. Si le professeur était un de ces hommes consciencieux qui s’assurent des choses avant de répondre, il parcourrait les documents originaux, et d’abord il serait fort étonné de lire dans un ancien chroniqueur : Merovingia quœ alio nomine dicitur Francia. 11 verrait Merovingus employé pour Francus dans une vie de saint Colomban , écrite au vu* siècle. Enfin il trouverait , dans trois historiens franks de naissance, les passages suivants : Merove chus, a quo Franci cognoininati sunt Merovingi... Meroveus ob cujus facla et triumphos [Franci), intermisso Sicatnbrorum vocabulo, Merovingi dicti sunt... Merovicus, a quo Franci Merovinci appellati sunt, quod quasi commuais pater ab omnibus colerelur Notre professeur conclurait de ces autorités que Mérovingien, comme nous disons, ou Merowing , comme disaient les Franks, ne fut point seulement un nom de famille, mais
1 Sigibcrti du ou. — IKiinlIi Citron. — Roriconis Gesla Franco/ um, apui Script, rcr. put lie. et fraude t. III.