‹ Dix ans d'études historiquesChapitre 61 sur 86 · PAR RACES ROYALES · texte numérisé non relu

PAR RACES ROYALES

celle de notre généalogie nationale. Tons tant que nous sommes, Français de nom et de cœur, enfants d’une même patrie, nous ne descendons pas des mêmes aïeux. Dès les temps les plus reculés, plusieurs populations de races différentes habitaient le territoire des Gaules : les Romains, quand ils envahirent ce pays, y trouvèrent trois peuples et trois langues *. Quels étaient ces peuples, et dans quelle relation d’origine et de parenté se trouvaientils à l’égard des habitants des autres contrées do l’Europe? Y avait-il une race indigène, et dans quel ordre les autres races émigrées d’ailleurs étaient-elle3 venues se presser contre la première? Quel a été, dans la succession des temps , le mouvement de dégradation des différences primitives de mœurs, de caractère et de langage? En retrouve-t-on quelques vestiges dans* les habitudes locales qui distinguent nos provinces, malgré la teinte d’uniformité répandue par la civilisation? Les dialectes et les patois provinciaux, par les divers accidents de leurs vocabulaires et de leur prononciation, ne semblent-ils pas révéler une antique diversité d’idiomes? — Voilà des questions dont la portée est immense, et qui, introduites dans notre histoire à ses diverses périodes, en changeraient complètement l’aspect. Il n’y aurait pas besoin de diminuer, avec intention, l’importance des races royales, pour que celle des races populaires frappât davantage l’imagination du lecteur. Ce seraient de grands arbres qui s’élèveraient tout à coup dans un champ parsemé de buissons, des fleuves qui naîtraient dans une plaine arrosée par de petits ruisseaux.

1 Voyez, dans les Commentaires de César, la distinction qu’il établit entre les Belges, les Celtes et les Aquitains.

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