COS
devons à cette heureuse alliance de ne point voir ici cet antagonisme entre le clergé et le peuple, cause de tant de désastres en Europe. Lorsque nous disons ‘‘ le peupie,”? nous comprenons les prêtres sous cette appellation générale ; les prêtres et le peuple ne font qu’un au Canada : c'est notre bonheur et à la fois notre récompense des luttes généreuses du passé.
Ainsi donc, mesdames et messieurs, obéissant, d’une part, à cette prédilection naturelle qui fait aimer la nation dont on descend, et à cet instinct individuel qui sépare ceux qui diffèrent par l'éducation, la langue et le caractère, et, d’autre part, soutenus par l’ambition noble de jouer un rôle particulier en Amérique, nos pères ont voulu rester Français et profiter, pour y arriver, de toutes les libertés que leur a octroyées l’ Angleterre. Les mêmes raisons inspirent à leurs fils la même volonté ferme.
Cette volonté est invincible, car elle vient du cœur du peuple. Ce que le peuple veut, il le peut. Notre passé le prouve. Nous avons traversé des époques moins calmes que le temps présent ; il fut un jour où des fanatiques nous ont attaqués en face, mais vous savez qu'ils ont appris à leurs dépens s’il est facile de changer le sang qui coule dans les veines d’une nation virile. Notre triomphe a été complet : nous le devons à notre énergie, à la conception claire que nous avons toujours eue de nos destinées, et à l’heureuse chance d’avoir été servis par des hommes comme Bédard, Papineau, Lafontaine, Morin, et tant d’autres,