LORD WËSTBURY FORGÉ D'ABANDONNER « LE SAC DE LAINE
7 juillet.
C'en est fait ! lord Wesibury a cessé d'être lord chancelier; le plus éminent légiste de l'Angleterre et un de ses plus grands réformateurs vient de succomber à une accusation semblable à celle qui, au commencement de ce siècle, atteignit lord Mel ville. Le c gardien de la conscience de la reine i^ est forcé d'abandonner le sac de laine, sous le poids d'un vote de censure, qui rappelle lord Macclesfîeld mis à l'amende pour concussion, et François Bacon, solennellement condamné par le Parlement comme coupable du même délit. Avant-hier au soir, dans la Chambre des communes, lord Palmerston a annoncé que son collègue avait offert sa démission, et qu'elle était acceptée.
C'est ce que rendait absolument inévitable la sentence — comment employer un autre mot? — rendue la veille par la Chambre des communes.
Cette séance était attendue, et les ennemis de lord Westbury n'avaient rien négligé de ce qui pouvait lui donner un sinistre éclat. Pour ramener à Londres les membres absents et grossir l'opposition , ils avaient depuis deux ou trois jours fatigué la poste, fatigué le télégraphe, mis en mouvement tous leurs moyens d'influence. Qui, d'ailleurs, ne s'empresse d'accourir sous les drapeaux, quand le scandale sonne?
Aussi les bancs étaient-ils garnis comme ils le sont V. 12
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dans les plus grandes occasions; et, s*il s'était agi d'un débat sur l'existence du gouvernement, l'attitude de l'opposition n'aurait pu être plus menaçante, ni l'expression •des visages plus animée. Les spectateurs affluaient, cela va sans dire. A la barre, tous les sièges réservés aux pairs étaient occupés, et parmi eux on remarquait le prince de Galles. Dans la galerie des ambassadeurs, les diplomates étrangers étaient tous venus apprendre ce que la responsabilité ministérielle a de réel dans un pays libre. La galerie des étrangers regorgeait de curieux, et, dans l'étroite cage qui leur était assignée par la galanterie britannique, les daaies étouffaient à plaisir.
Pendant ce temps, dans le même palais, au 9e^ de eette autre assemblée qui n'est séparée de la première que par un court passage, le lord chancelier, mollenent renversé sur les coussins du sac de laine, montrait ou affectait la sérénité la plus parfaite, et ne paraissait en aucune façon s'apercevoir des allées et venues co»tinuelles occasionnées entre les deux Chambres parle désir d'épier sa centenance, dans cette terrible erise de sa vie.
Je vous ai raconté l'histoire de ce qui a fait tam de bruit en Angleterre, il y a quelque temps, sous le nom de € Edmund's scandai. 3» C'est un second scandale absosolument du même genre qui a amené la chute da lord chancelier. Voici le résumé des faits.
Pour le malheur de cet éminent personnage, son fils a!né, M. Richard Bethell, est un homme dont la conduite ne fut jamais gouvernée par la prudence. Il a été adonné au euMe aventureux du turf; il dépense plus d'argent ^u'il nVst capable d^en gagner; ilfkit des dettes. Inutile de dire que des gens de cette espèce, quand ils se trouvent avoir de grandes relations, ne manquent jamais d'amis prêts à leur faciliter les moyens d'achever leur ruine. M. Richard Bethell était en rapport avec M. Welch,