EMISSION DE LORD WESTBUAY
lequel avait de quoi lai prêter. Hais M. Welcfa était en quête d'un bon emploi; et, comsae il entendait bien placer ^n argent, il offrait volontiers sa bourse à qui pouvait le servir auprès des ministres. Lui-même a naïvement coa« fessé, dans Je cours d'une enquête dont le souvenir restera, les motifs qui firent de lui un créancier complaisant de tels et tels membres de la Cliambre des cemmunes, de tel et tel membre de la Chambre des lords*
Il s'agissait donc pour M. Richard Bethell d'avoir de l'argent, «t pour M. Welch d'avoir un emploi, lorsque le premier apprit de son père le lord chancelier, qu'il y avait des charges fort graves contre un certain M. Wilde, greffier de la cour de banqueroute à Leeds.
La perspective d^une vacance s'ouvrait donc devant celui qui cherchait de l'argent et celui qui cherchait une place. On s'arrangea : M. Welch pi^êta 500. liv. st. contre un billet qui devait être détruit si la place était obtenue^ et M. Richard BetheU fit marché de son influence, avec d'autant plus d'espoir de réussir, que le greffîeyr en chef M. Miller lui était entièrement dévoué.
Ceci se passait dans les premiers jours de mai 1864. Le â6 juillet suivant, M. Miller écrivait à H. Wilde une lettre ainsi conçue : c Je regrette d'avoir à vous informer que, si vous ne m'annoncez point, par le retour du courrier, votre intention de prendre votre retraite. J'ai ordre du lord chancelier de vous appeler^à comparaître devant luiy et de donner en pleine audience les oraisons qui vou$ feraient regarder votre destitution comme ne devant pas être ïprononcée.On dit votre état de santé tel, qu'il vous serait facile d'obtenir un certificat de médecin, conformément aux prévisions du ^Bankruptey act.:^. S'il en est ainsi, le lord chancelier se verra affranchi deda nécessité de remplir un devoir pénible. »
K. Wilde fut très alarmé, lorsqu'il reçut cette lettre» Un ami auquel il la communiqua lui dit 6ur-le^champ :
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€ Vous n'avez pas le choix entre les partis à prendre; il est clair qu'on veut votre place. »
M. Wilde avait eu antérieurement à consulter un médecin pour une maladie d'yeux. On eut recours à la complaisance de ce médecin, qui, n'osant ni refuser tout à fait Je service demandé, ni mentir tout à fait, donna l'attestationque voici: « Je certifie avoir été consulté par M. Henry Wilde pour un affaiblissement de la vue qui était un sérieux obstacle à l'accomplissement de ses fonctions. M. Wilde me consulta d'abord en août 1863. Sa vue, à son âge, n'a guère de chance, selon moi, de s'améliorer. SamuelHey.F.R, C.S.}^.
Eût-il été aussi peu sérieux qu'il l'était, ce certificat n'aurait pas suffi pour faire avoir à M. Wilde une pension de retraite : il fallait, de plus, qu'il adressât au lord chancelier une pétition motivée, avec déposition écrite à l'appui. Or ce bon M. Miller était si pressé de mettre une vacance à la disposition de son cher M. Richard Bethell, qu'il prépara lui-même, sans perdre une minute, et expédia en toute hâte à M. Wilde le modèle de chacun des deux actes requis.
Le tout est montré par M. Miller au lord chancelier, qui, sans même jeter les yeux sur le certificat du médecin, — c'est l'explication la plus favorable au ministre, et ce qui résulte de son propre aveu, — accorde une grasse pension de retraite à M. Wilde, c'est-à-dire à un fonctionnaire qu'il avait fait sommer de comparaître devant lui pour cause de malversation.
H y avait enfin une place à donner. M. Miller insiste vivement auprès du lord chancelier pour qu'elle soit donnée immédiatement. Mais à qui?
Déjà, en 1863, M. Richard Bethell avait recommandé à son père M. Welch, et son père lui avait répondu que M. Welch n'avait pas grand espoir d'arriver, tant le nombre des compétiteurs était considérable. Comment ces com
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