LA CHAMBRE PES COMMUNES
trat. Dans la Chambre des communes, la doctrine de lor Mansfield fut déclarée inconstitutionnelle et désastreuse par une foule d'orateurs, par M. Dunning, par sir W. Mercdith, par M. Gornwall, par M. Burke. Dans la Chambre des lords, elle fut condamnée par l'illustre lord Chalam, Les brochures où elle était dénoncée affluèrent; M. Dowdeswell ayant, en 4774, présenté une motion qui tendait à faire trancher la question relative au droit du jury d'intervenir en matière de presse d'une manière absolue, lord Rockingham lui écrivit : « La postérité regardera comme son meilleur ami quiconque contribuera au rétablissement et à la confirmation des droits du jury, quant à la loi et quant au fait. » Le procès du doyen de Saint-Asaph, en 4779, et celui de Stockdale, en 4789, fournirent à Erskine Toccasion de montrer combien était étroit, indissoluble, le lien qui existait entre Tinstitution du jury et une presse libre; et celte question d'une si haute importance, il la traita avec une éloquence tellement lumineuse, tellement forte, qu'elle fit dire à Fox : « Ce n'est pas un homme qu'il faut pour combattre de semblables plaidoiries, c'est un géant. »
Enfin il passa en 4792, ce célèbre a Libel-Bill », qui consacrait la victoire du jury en matière de délits de presse, et qui est le plus beau des titres de Fox à la reconnaissance de la libre Angleterre.
Que résulta-t-il de là? un débordement de licences? Juste le contraire. La presse qui, jusqu'alors, avait été violente, grossière, calomniatrice, se transforma. Tirant de son propre sein le principe de sa réformation, elle devint grave dans ses allures, modérée dans ses attaques, décente dans son langage; et le pouvoir fut agréablement surpris de trouver qu'on le respectait en proportion de la liberté qu'on avait de l'assaillir.
Vous pensez bien, d'après cela, que l'acte du 49 janvier^ cpi)si4éré ^n lui-niême et prjs 4a|is so^ e^sernbl^i
ne saurait être regardé parles Anglais comme une de ces mesures qui satisfont les aspirations d'un peuple altéré de liberté.
Mieux qu'ailleurs, on sait ici ce que signifie, et ce que vaut le mot réglementation ; et le droit d'interpellation, réglementé de la façon que vous savez, y passe pour un pauvre dédommagement de la suppression de ces débats de l'adresse, qui apprenaient au pays ce qu'autrement il n'avait pas chance de connaître, l'accoutumaient à s'occuper de ses communs intérêts, suppléaient, sur mille points importants, au silence de la presse, et tenaient d'autant plus longtemps l'opinion éveillée qu'ils duraient davantage.
Quant à l'abolition du pouvoir discrétionnaire que la presse a, jusqu'à ce joui-, dû subir, on estime qu'elle constitue un progrès; mais, même à cet égard, on semble craindre de se prononcer trop tôt; hésitation qui s'explique par l'importance suprême qu'on attache en Angleterre — je vous en ai fourni la preuve historique — à l'intervention du jury en matière de délits de presse.
Ce qui frappe tout le monde, c'est cette déclaration, que les mesures décrétées donnent aux institutions de l'Empire tout le développement dont elles sont susceptibles. Ici, comme en France, on se demande si cela équivaut à « Tu iras jui>que-là, et tu n'iras pas plus loin. > Quoi! ce serai*. îà le couronnement de l'édifice! Dans ce cas, écrit i on quement le Spectateur, l'édifice, c'est clair, ne 6era pas écrasé par le couronnement, qui est une pure bagatelle pour une construction aussi imposante et aussi massive. — « Mais non, affirment ceux des Anglais qui croient l'empereur trop habile pour emprisonner son action dans des paroles irrévocables, la lettre impériale ne ferme pas la porte à des progrès ultérieurs. L'interpréter de la sorte, c'est la mal comprendre, Il n'y a rien dp final en ce bas monde, et Ym^