SOCIÉTÉ DE PROTECTION DES ALLEMANDS
Valibiy € le soliciter gênerai » ait cru trancher la question contre Taccusé, alors qu'il se contentait de substituer une hypothèse à la déclaration formelle du témoin.
Us s*étonnent qu'on n'ait pas fait essayer à Matthews aussi bien qu'à Mûller le chapeau trouvé dans le wagon ensanglanté ; car, s'il était arrivé que ce chapeau leur allât également bien, il n'y aurait pas eu de raison pour affirmer qu'il appartenait à l'un plutôt qu'à l'autre, puisque de la déposition même de Matthews il résulte que le chapeau acheté par lui pour Mûller était de tout point semblable, sauf en largeur, à celui que Matthews portait à cette époque.
Bref, parmi les Allemands de ma connaissance qui résident à Londres, je n'en connais pas un seul qui soit satisfait de la manière dont cette affaire a été conduite.
Quelques-uns d'entre eux vont jusqu'à prétendre que les Anglais, furieux du dénouement de la question danoise et des humiliations infligées à leur orgueil par l'Allemagne, n'ont pas été fâchés d'avoir un crime exécrable à mettre sur le comple d'un Allemand. exagérations de Vesprit national, voilà de vos coups!
Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : c'est que, quant à moi, je n^aurais pas voulu être du jury qui a condamné cet homme à mort.
Je dis qui l'a condamné à mort, parce que l'application de la peine capitale rend impossible la réparation d'une erreur possible; parce que l'infaillibilité n'est pas au nombre des attributs de la justice humaine, et qu'il n'y a pas de procès criminel — celui-ci en est la preuve — où même le concours le plus extraordinaire des circonstances accablantes équivale, après tout, à une certitude absolue.
Voyez plutôt! Vous souvient-il que le premier éveil fut donné par deux employés de la banque à laquelle M. Briggs appartenait? De leur parfaite innocence personne n'a douté un seul instant, et comment en aurait-on douté ?
354 DIX ANS DE L*H/ISTOIR& D'A3IGLETERREL
Le train était parti d« Fenehurch street en route pour backney en passant par Bow. Cotait entre Bow et Hacfeiiey que le meurtre avait été commis^ et c'était à Haekney Seulement que les deux jaunes gêna étaient mooté» en chemin de fer. Rien au monde de plus déeisif. Mai» sn^*
f^osez qu'au lieu d'être commis enire Bow« et Haekney e meurtre ait été commis entre Fenehurch street et Bow, et qu'au lieu de prendre le train à Hackney les deux: jeunes gens l'eussent pris à Bow, n'auraiieail-ils pas eu^ je le demande, contre eux an bien étrange concours de circonstances? Dans cette double supposition, en effet, voilà deux hommes qui, lorsque le train s'arrête à. Haekney, sont dans le même compartiment où était M. Briggs. Il y a du sai^ sur les coussins où ils étakat assis ; il y en a peut-être sur les habits qu'ils portent. Ils connaissaient M. Briggs. Ils étaient employés dans le même établissement que lui. Ils avaient pui aisément savoir où il allait, ce qu'il avait sur lui. Si, par un de ces hasards funestes dont l'histoire des erreurs judiciaires est remplie, ils s'étaient trouvés avoir un intérêt de positioa quelconque dans la mort de la victime; s'ils s'étaient trouvés avoir vécu en mauvais termes avec l'homme dont un autre hasard funeste était venu mettre le sang autour d'eux, quelle effroyable accumulation d'indices accusateurs ! tlest vrai que, même dans ce cas, le point sur lequel le corps aurait été ramassé ne pouvant se concilier avec rhypothèse de leur culpabilité, leur innocence aurait triomphé. Mais cet exemple n'en sert pas moins à prouver ce qu'il peut y avoir quelquefois de fatal dans un enchat-^ nement de coïncidences qui échappent au contrôle de l'homme et se jouent de sa volonté.
On s'est armé contre Mûller de ce qu'il n'a pas expliqué comment les objets saisis sur sa personne sont venus en sa possession. Mais, à ce sujet, il importe de remarquer que la loi anglaise n'admet à figurer parmi lès moyens àif