VHISTOIME DE CÉSAR LUE EN ANGLETERRE
qui fit le 18 brumaire. D'autant que Fauteur, avec une franchise qui sied à sa puissance et qui l'atteste, a mis lui-même Napoléon I*' côte à côte avec Charlemagne et Jules César, dans l'CHympe des dieux mortels.
La préface A^YHistoire de Jules César se termine par une citation de cette prophétie (?) du captif de Sainte- Hélène : « Combien de lattes, de sang, d'armées, ne feudra-t-il pas encore pour que le bien que je voulais faire puisse se réaliser! 3> Que les Anglais regardent ces mots comme étant à leur adresse et s'émeuvent de la responsabilité morale qu'une pareille accusation tend à faire peser sur eux devant l'univers d'aujourd'hui et l'univers de demain, il est permis de le regretter, mais s'en étonner serait puéril. L'Angleterre est traduite au tribunal de l'histoire pour avoir condamné le monde à un nombre indéterminé d'années pleines de lutte et de sang. Elle proteste : quoi de plus simple? Aussi le Times a-t-il soin de distinguer entre César et Napoléon P^ Il dit — et la circonstance présente est de celles où le Times est l'interprète fidèle du peuple d'Angleterre : « Quant à César, nous ne savons pas ce qui rend une justification nécessaire dans la carrière de ce grand et bon païen. Quant a Napoléon, nous verrons *. :)
Nous verrons r Yoilà une parole presque menaçante. Elle sert de conclusion à un article où on lit :
Que les esprits cultivés en Angleterre savent à quoi s'en tenir sur César;
Qu'ils ne le jugent pas d'après Plutarque ou Suétone, ne lisant guère ces deux hisl^oriens;
Qu'ils ne le croient pas homme à s'être lancé dans de grandes entreprises sous l'empire de motifs frivoles : ressentiment, vanité, cupidité, vaine ambition;
Que les destins de l'humanité sont bien en effet le flam-