Times du 28 février
beau à la lueur duquel il faut juger les hommes de la taille de César, et que c'est ce qui se trouve avoir été suffisamment fait en Angleterre, par rapport à lui;
Mais que, si c'est assez d'une grande cause et d'une impérieuse nécessité pour fermer la bouche à tout critique et à tout biographe, il y a beaucoup de causes et beaucoup de nécessités au nom desquelles on pourrait alots soutenir que le but justifie et même sanctifie les moyens.
Là est en effet le danger de la thèse soutenue par l'auteur de VHistoire de César^ thèse qui n'a rien de bien neuf assurément, mais qui, aux yeux de la foule vulgaire et innombrable des adorateurs du succès^ ne manquera pas de paraître imposante, dès qu'un empereur la fait sienne.
« En Angleterre, dit le TimeSy nous avons cette pieuse conviction qu'il est possible de faire ce que la Providence commande sans recourir à des moyens que la morale condamne. Nous ne saurions supposer que le pouvoir d'en haut mette un tel désaccord entre une vocation individuelle et un devoir universel. Nous reconnaissons, en le déplorant, que les artisans, choisis, de grandes choses, et les fondateurs de grands systèmes, ont souvent été tentés d'employer la fraude, le mensonge ou la violence, faute de foi en eux-mêmes et dans leur vocation ; mais nous n'admettons pas que l'emploi de pareils moyens ait son excuse dans la mission même la plus haute. »
Voilà qui est bien parler !
Seulement, si c'est d'après cette règle que nous devons juger César, je ne vois pas bien pourquoi il a trouve si complètement grâce auprès de ceux qui, en Angleterre, s'il faut en croire le Times, ont étudié la vie de César autre part que dans Plutarque et Suétone.
Et cîabord, pourquoi rayerait-on si rondement Plutarque et Suétone de la liste des autorités historiques, en