‹ Dix ans de l'histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 6 sur 117 · LB CATHOLICISME BT LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LB CATHOLICISME BT LA LIBERTÉ

Uique, c'était Ténonnité des prétentions affichées, et non ia violation de tel ou tel article de loi. Les protestants comprenaient fort bien qu'en celte affaire la lettre n'était ri«n, que Vesprit était tout. Â leurs yeux, la légalité du moyen disparaissait derrière Thostilité du bnt, avouée avec arrogance. Par l'Acte d'émancipation, on avait entendu donner aux catholiques une liberté tranquille, modeste, la liberté du chez soi, et voilà que cette liberté s'armait pour la conquête ! Un bill fut voté par les deux Chambres, et sanctionné, au mois de juillet 1851, par la reine.

Il déclarait illégale la tentative d'établir, sous prétexte d'autorisation du saint-siège, des provinces ecclésiastiques, diocèses ou décanats. Pour empêcher qu'il ne fût pris de pareils titres par des personnes autres que celles qui avaient été placées par la loi à la tête d'un archevêché, évéché ou décanat, il frappait de nullité les brefs, rescrits ou lettres apostoliques autorisant l'usurpation de ces titres, et condamnait les contrevenants à cent livres d'àmende. Etaient, en outre, invalidées toutes donations faites aux évèques catholiques en vertu de leur titre.

L'application de cet acte fut-elle poursuivie? Non. Les idées de tolérance ont fait tant de progrès dans ce pays, que, l'opinion une fois apaisée, on laissa les évéques catholiques se parer tout à leur aise des titres qui leur avaient été conférés par le pape.

Avant de finir, je tiens à constater que le bill de 1851 ne mérite pas le genre de reproches que H. Jules Simon, je crois, a cru, dans une certaine circonstance, pouvoir lui adresser. Ce bill n'avait en aucune façon pour objet de c défendre aux catholiques d'avoir des évéques et de reconnaître l'autorité spirituelle du pape », encore moins < de leur défendre d'être catholiques » et c de leur ôter la liberté de conscience ». L'Angleterre protestante voulut ramasser le gant qu'on lui jetait, rien de plus. Elle voulut protester bien haut, et par la voix de ses représen-

tants, contre là prétention de la traiter comme un pays conquis dont on règle le partage. La sensation que lui causa le bref du 20 septembre 1850 et le bill qui servit de réponse à ce bref, signifiaient tout simplement : ^ Vous demandez à être libres ; soit. Mais il est une liberté que nous ne vous accorderons pas : la liberté d'être les maîtres ! »

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