‹ Dix ans de l'histoire d'AngleterreChapitre 50 sur 76 · PREMIÈRE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LETTRE

c Mon cher Holyoake,

T> Je lis tmijours les articles de Louis Blanc toutes les fois que je les trouve reproduits dans un de nos journaux, et je ne sais rien dans la presse qui soit écrit d'une manière plus sérieuse et plus réfléchie. Je ne puis m'empêcher de penser que ce qu'il dit doit avoir beaucoup de poids auprès de ceux qui forment l'opinion eu France, c'est-à-dire l'opinion qui, selon nous, finira par triompher. Il me semble d'une grande importance qu'il dise au peuple français deux choses, en insistani sur l'un et l'autre point, savoir.

> 1** Que, dans ce pays, les tories et l'aristocratie prennent parti, en ce qui concerne la guerre, non pour le peuple français, mais pour l'empereur français. Du peuple, ils ne se soucient.

■ LÀ FRS»S.B A.N«ILAISi; OET LA GUBRAfi. m

y^ i" iQnè U partie ]»«fisaAte ée la démocratie angUise ne qnfepailhîse avec la Pmsse (p»e panée ^ne la Prusse est f «fttteraie de rempereiir. P<Hnr les Fr^iiçaîs eyx-ffîêmes, i&oas «vous le ploB profond attacheneu't, les regar- 4umX comme tes évsngétistes de ia libeaité peititique et seciale. ¥oQ8 savez qu'à l'amirainlé^ j'ai amplement le naefen -^'éttidîerla liairteclasse, et ce que j« dis ici, je rkidnis de imts observés aipec »iia* Eo^a^tte vivenieiit M. Louis BiifBC à appuyer ilhdess«s «I à empêcher^ antautt que possible, le ^développement de tout «auiKais seotkneiit eofcre sa nation et la nôtre.

!» Fidèlenieat à Kreus. :>

DEUXIEME LETT.RJL

« Mon cher monsieur Louis Hanc,

> Je désiiw jiû'assecier, pour une petvte somme, i la souscription ouverte en faveur des malades et des bîessés de Fradftee ; mak je ine puis découvrir dans les journaux à quel intmittédiakie je dioiâ tm'adresser. £st*ce trop vous demander <qoe devons (nrier de faire parvenir cette somme à destinatiftA?ie itondirais qu'elle éd plus consîdéraJble, îe ferai pkm «t mâeiuc aus&itôt qne possible.

> J'espère que vous ne regardez pas les articles du Times et ésL Daihf N'êtes comme représentant l'opiaiîon AB^laise. A>en jfuger par les oonversations que j'entends, — fit je ^is âaiis un eerde littéraire très étendu, — il nous vient «m mjEsIérieui sentiment en faYeur de }a France {there is coming mtii a mysterious feelinjf in fémmr nf Framce). Quant à moi, quelque profond que soiit omon dégoût poor la forme imipériale, je n'ai jamais yn un jplus gcand «pectacle que icelui que présente, en ce

moment, voire pays. Calme et résolu, sous le coup des terribles désastres qu'il doit aux fautes du gouvernement, il doit commander les sympathies et l'admiration du monde. C'est ce que lui accordera Thistoire. J'espère encore, et je crois que ses efforts chasseront les Prussiens, et ce sera un bien pour l'Europe ; — car, quelque valeur que puisse avoir à nos yeux le sentiment de Tunité allemande, il est certain qu'un immense empire allemand serait une menace pour nous tous. J'estime que mes compatriotes seraient insensés s'ils ne voyaient pas cela.

» Pardonnez-moi la peine que je vous donne, et croyezmoi sincèrement à vous. »

Un devoir de discrétion que vous comprendrez m'empêche de publier les noms tracés au bas de ces deux lettres. Qu'il me suffise d'affirmer que la position et le mérite des signataires sont également de nature à donner beaucoup d'autorité à leurs paroles.

Or que conclure de l'opinion qu'Us expriment?

Elle prouve d'abord que la France n'est pas sans inspirer à des cœurs anglais de très nobles et même très ardentes sympathies; et, ensuite, elle atteste le besoin qu'ils éprouvent de nous persuader et de se persuader à eux-mêmes que ces sympathies sont générales.

Inutile que je vous dise combien je voudrais à cet égard être convaincu.

Quand le Standard m'accuse de semer de gaieté de cœur les discordes entre la France et l'Angleterre, parce que je gémis de ne pas trouver l'opinion publique anglaise plus impartiale, je ne puis quem'étonner de tant d'injustice. Ceux qui me font l'honneur de me lire savent s'il est un homme qui ait fait plus que moi pour rapprocher les deux pays, pour déraciner ces préjugés qui les armèrent si longtemps l'un contre l'autre, pour leur apprendre

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