‹ Dix ans de l'histoire d'AngleterreChapitre 57 sur 76 · PAYSAN A LA TERRE · texte numérisé non relu

PAYSAN A LA TERRE

Droit a la terre! C'est aussi le cri de Hertzen dans une lettre qu'il vient d'adresser à Garibaldi. c Ce que le peuple veut, est-il dit dans cette lettre, et où il va, on l'ignore. Yeut-il reconquérir sa liberté, son indépendance ; rétablir, comme la Pologne, son passé glorieux? Non. Le peuple russe n'a jamais possédé la liberté et n'a jamais perdu son indépendance ; il n'a rien à reconquérir, rien à évoquer de son passé brumeux; ce que le passé lui a légué est entré dans son sang... La religion sociale da peuple russe, c'est le droit a la terre !»

prop;riétair;bs et fermiers anglais. sis

Et, après avoir établi qu'il serait aussi impossible de prendre la terre aux paysans russes que de prendre la mer aux lazzaroni, Hertzen rit de cette tête de Méduse que, sons le nom de droit a la terre, le Times a montrée à l'Angleterre pour l'épouvanter, et il s'étonne ironiquement du bruit qu'ont fait les timides coups de cognée que MM. Cobden et Bright ont, d'une main mal assurée, portés à l'arbre féodal.

De fait, l'insuffisance manifeste des réformes demandées par M. Bright ôte beaucoup, il faut bien Tavouer, à la force de ses anathèmes. J'ai déjà indiqué, dans une lettre antérieure, ce que ces réformes^ fussent-elles adoptées telles que M. Bright les présente, auraient de peu décisif: leur insignifiance frappe surtout quand on les rapproche de la nature du mal. Il importe donc, pour les juger, d'avoir sous les yeux un tableau exact de tout ce qui se rattache ici à la tenure des terres, et c'est ce tableau que je me propose de tracer.

Mais, auparavant, je crois utile de bien établir les principes qui, selon moi, régissent la matière.

Le domaine que l'homme, par le travail, doit conquérir et féconder, — ai-je déjà eu occasion de remarquer ailleurs, dans un livre consacré à l'examen du jeu des diverses forces productives, — se divise en trois règnes : le règne animal, qui renferme le bœuf, le mouton et le cheval ; le règne végétal, qui comprend les légumes, les fruits et le grain ; le règne minéral enfin, qui comprend la pierre, la houille et les métaux.

Eh bien, si l'on examine de quelle manière ce domaine doit être exploité pour fournir de quoi satisfaire le plus amplement possible aux quatre principaux besoins de l'homme : la nourriture, le vêtement, le gtte, le combus^ tible, on arrivera bien vite à reconnaître que, des trois règnes, le plus important est le règne animal. N'est-il pas évident, en effet, que la chair du bœuf et celle du mouton

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constituent la partie véritablement vivifiante de noire noarriture, les légumes et les fruits ne suffisant que dans les climats où l'excès de la chaleur interdit le travail? N'est-il pas évident, en outre, que c'est avec la laine^le cuir, la peau, les graisses, en un mot avec les dépouilles du mouton et du bœuf que, par l'intermédiaire du commerce et de l'industrie, nous parvenons à nous vêtir, à nous meubler, à nous éclairer? Le règne animal pourvoit donc à une partie notable de nos besoins.

Ce n'est pas tout. Tel est l'enchaînement des lois de la nature, que delà prospérité du règne animal dépend celle des deux autres règnes. Pour que l'homme obtienne en quantité croissante des légumes et des grains, ne faut-il pas qu'il nourrisse la terre de ce précieux engrais des bestiaux qui contient le principe générateur de la végétation? Pour qu'il tire des carrières et des mines les trésprs qui s'y cachent, pour qu'il en profite, ne lui faut-il pas des chevaux qui transportent la matière de son travail, des bœufs et des moutons dont la chair serve à sa subsistance, des bœufs et des moutons tlont l'enveloppe serve à ses vêtements? Supposons deux pays dont l'un aurait, sur 60 hectares, 50 hectares en terres labourables et 10 hectares seulement en prairies ou pâturages, tandis que l'autre aurait 10 hectares en terres labourables et 50 hectares en prairies : les 10 hectares en terres labourables du second de ces deux pays, recevant l'engrais des bestiaux qui peuvent être nourris sur une étendue de 50 hectares en prairies, produiront plus de grains et de légumes que les 50 hectares de terres labourables qui ne seraient fécondés que par l'engrais de 10 hectares de prairies; et le second, des deux pays comparés aura sur le premier l'avantage d'un surcroit de bénéfice considérable, non seulement en viande, en peaux, en laines et en cuirs, mais même en légumes et en grains. D'où cette conséquence que le meilleur système de culture est celui

PROPRIÉTAIRES ET FERMIERS ANGLAIS. ^b

qui favorise le plus le développement du règne animal.

Ce système est-il celui de l^ petite culture? Voilà ce que M. Bright aurait dû se demander avant de chercher, dans des mesures partielles de nature à conduire au morcellement des terres > un remède aux maux et aux abus qui marquent, en ce pays, la féodalité des campagnes.

Ces maux sont très profonds, à coup sûr; ces abus sont très réels. La vive impression qu'en reçoivent les esprits élevés et les cœurs généreux explique comment des hommes aussi distingués que HH. Thornton et John Stuart Mill ont été amenés à fermer les yeux sur les obstacles qu'oppose aux progrès de l'agriculture le système des exploitations agricoles sur une très petite échelle. Hais dece que le régime de la grande culture est attaquable sur beaucoup de points, il ne suit pas qu'on doive se précipiter, tête baissée, dans un régime radicalement contraire, avant d'avoir examiné s'il n'y aurait pas avantage à combiner les deux, de manière à faire marcher de front Tamélioration du sort des paysans et les progrès de l'agriculture, de manière à réaliser le droit a la terre sans appauvrir la terre et l'épuiser, de manière enfin à concilier la justice et la science. Car, s'il était prouvé, et j'essayerai de le prouver, qu'en fait d'agriculture, division extrême, c'est destruction, ce serait fort mal servir l'intérêt du peuple que de tendre à multiplier le nombre des propriétaires, sans songer que le principe d'association fournit un moyen d'atteindre à ce qui est un bien en évitant ce qui est un mal.

D'ailleurs, pour peu que l'on considère ici la justice dans son acception la plus haute, la plus générale, on verra qu'elle ne saurait être détachée de la science. Je l'ai dit et je le répète : dès qu'il s'agit de tenure de terres,. la question qui domine tout, est — j'en demande pardon à Jean-Jacques — celle de savoir quels sont les arrange-

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ments sociaux les plus propres à réaliser ce but souverain : la conservation de la race humaine.

SYSTEME FRANÇAIS DE LA PETITE COLTuRb; SES INCONVÉNIENTâ.

S'il est vrai que le premier système de culture est celui qui favorise le plus le développement du règne animal^ on en doit conclure que M. Bright tourne le dos à la science agronomique, lorsque, sans même prononcer le mot d'association, il pousse au morcellement des terres.

Il est bien clair, en effet :

Que l'éducation des bestiaux exige une étendue de terrain déterminée ;

Que, sans avances, sans capitaux, on ne peut ni les acheter, ni les entretenir, ni les renouveler;

Que, faute d'avances, on est conduit à les exténuer de travail et à les mal nourrir;

Que dire petite propriété, c'est dire absence de capital;

Que le système de la division indéfinie des propriétés tend, par sa nature même, à paralyser le développement du régne animal, vraie source de la richesse agricole;

Que les conséquences nécessaires d'un tel système sont de substituer partout lés chaipps aux prairies, la culture du grain, qui épuise le sol, à l'éducation des troupeaux, dont l'engrais le nvifie;

Que le partage des propriétés suivant son cours, les

champs eux-mèrnes arrivent à être rompus, réduits en poussière, jusqu'à ce que la charrue, qui économise les forces humaines, ait fait place à la bêche, qui les use et les détruit.

Lorsqu'il a voulu prouver combien avantageuse avait été à l'espèce humaine, considérée dans son ensemble, Tapproprialion des terres, M. de Sismondi n'a pas manqué de lier au sentiment de la perpétuité les heureux effets de cette appropriation. Il a montré que, sans la garantie de la perpétuité, jamais l'homme n'aurait entrepris de donner aux marécages un écoulement, d'élever des digues contre les inondations, de fixer sur les collines la terre qui s'en échappait, de répartir par des canaux d'arrosement des eaux fertilisantes sur les champs que ces mêmes eaux condamnaient à la stérilité ; il a montré que, pour perfectionner par la culture les plantes, les arbustes et les arbres qui pouvaient lui être utiles ; que, pour en changer en quelque sorte l'essence; que, pour amener certains fruits à leur perfection; que, pour renouveler le sol, couvrir la face entière de la campagne d'une végétation abondante et augmenter la force productive de la nature, il avait fallu des travaux faits en vue de l'avenir.

Mais ces travaux précieux, est-il possible qu'on les continue, qu'on en conserve les fruits, là ou la petite culture interdit tout ensemble dans les efforts, là où le partage du sol par fragments de plus en plus petits ôte à son exploitation tout caractère de fixité et remplace les vues d'avenir par l'ardente préoccupation du présent? Quels grands projets d'amélioration, quels savants efforts, attendre d'un propriétaire qui sait qu'après lui son domaine sera partagé entre ses trois, ses quatre, ses cinq enfants, c'est-à-dire mis en lambeaux? Emploiera-t-il beaucoup d'argent, beaucoup de soins à former des prairies ? Lui mort, le bâtiment disparaît. S'étudiera-t-il à distribuer les cultures suivant la qualité des terrains et l'exposition

des lieux? Lui mort, voilà sa carte agronomique en pièces» Pauvre agriculteur, pauvre agriculturey a-t-on dit, et il n'y a pas à se dissimuler que là où, comme en France, la multiplication des propriétaires n'est pas chose distincte de la multiplication des parcelles ; que là où, comme en France, le partage des successions entraine le morcellement du sol, l'agricullure tombe deloute nécesMt^ entre les mains de pauvres agriculteurs. Qu'arrive-t-il ? Peu à peu le sol se couvre de haies qui en dévorent une partie ; les bornes de séparation, en se multipliant, multiplient les débats ruineux et les procès; ne pouvant vivre au milieu de propriétés qui n'ont pas même la contenance nécessaire pour un bâtiment, les cultivateurs sont forcés de se reléguer dans des villages d'où ils ne sauraient se rendre chaque jour sur le théâtre de leur travail sans fatigue et perte de temps. Ne leur parlez pas de méthodes nouvelles : le loisir du corps est indispensable pour les étudier, la science pour les comprendre, un certain capital pour les appliquer; et où tout cela manque, il n'y a de dominant que la routine. Est-il besoin d'ajouter que, dans ce système, les économies de travail humain sont impossibles? Vous demandez pourquoi un homme, tout un homme, est employé à garder une vache? Eh ! c'est parce que, dans le régime de la petite culture, non corrigée par le principe de l'association, une vache compte comme un troupeau !

Le tableau que je viens de tracer n'est-il pas celui de la France agricole? On peut se former une idée des effets du Code civil sur le morcellement du sol par le rapprochement que voici : d'après le tableau cadastral qui se rapporte à l'année 1814, le nombre des familles attachées à l'agriculture en France était alors de 3,805,000,. dont 1 101,421 ne possédaient pas chacune plus d'un demi-hectare, tandis qu'aujourd'hui le nombre des familles agricoles, propriétaires du sol, est évalué à plus de cinq mil-

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lions. Sur ce nombre, on en compte environ deux millions six cent mille, comprenant à peu près treize millions de personnes, dont le revenu, terme moyen, ne dépasse pas cinquante francs. Encore est-il vrai de dire que la subdivision des terres est, jusqu'à un certain point,, combattue par un mouvement de recomposition résultant, soit d'arrangements entre cohéritiers, soit de ventes^ soit de mariages. Sans cela, le sol arriverait à être réduit en poussière.

. Et là ne s'arrête pas le mal. Outre que la terre, en France, se trouve divisée en un très grand nombre de propriétés microscopiques, chaque propriété, à son tour, se trouve divisée en un très grand nombre de petites parcelles. C'est au point que l'on compte, de l'aveu de M. John Stuart Mill, dix fois plus de parcelles que de cotes foncières ; et, comme il y a deux cotes par propriétaire, il suit de là,, que chaque propriété se compose de vingt fragments situés en vingt endroits différents. Que de temps et que d'engrais perdus ! Que de haies et de sentiers prenant la place du sol cultivable ! Que de procès en délimitation !

Si H. Bright lisait les romans, ce que j'ignore, je lui recommanderais volontiers le passage suivant tiré d'un auteur qui habite la campagne, qui l'aime et qui la connaît:

< Ce qu'il y a de joli dans cette propriété de Morand, dit Joseph, c'est que c'est tout rassemblé, tout sous la main : votre château est planté là ; d'un côté, les bois ; de l'autre, la terre labourable; pas un voisin entre deux, pas un petit propriétaire incommode fourré entre vos pièces de blé, pas une chèvre de paysan dans vos haies, pas un troupeau d'oies à travers vos avoines; c'est un avantage» cela. — Oui, répondit M. Morand; mais, vois-tu, si j'étais obligé pàl^4lasard de faire une séparation entre mon bien et celui qui m'est venu de ma femme, les choses iraient tout autrement. Figure-toi que le bien de

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Louise se trouvait enchevêtré dans le mien. Quand je l'épousai, je savais bien ce que je faisais. Sa dot n'était pas grosse, mais cela m'allait comme une bague au doigt. Pour faucher ses près, il n'y avait qu'un fossé à sauter; pour serrer ses moissons, il n'y avait pas de chemin de traverse, pas de charrette cassée, pas de bœuf estropié dans les ornières; on allait et venait dé mon grenier à son champ, comme de ma chambre à ma cuisine; c'est pourquoi je la pris pour femme, quoique, du reste, son caractère ne me convînt pas et qu'elle m'ait donné un fils malingre et boudeur, qui est tout son portrait. "»

Tel est, décrit dans ce style dont le secret appartient à George Sand, un des mille résultats fâcheux de cette division et subdivision des propriétés que consacre, en France, le Code civil, et dont M. Bright paraît n'apercevoir que les beaux côtés. Sous l'empire de ce régime, les terres de chaque propriétaire, au lieu d'être rassemblées à un même lieu, se trouvent éparses et enchevêtrées en plusieurs places différentes, souvent à une très grande distance les unes des autres. Pierre possède tant d'arpents dans le domaine de Paul, qui, à son tour, en possède tant dans le domaine de Pierre. C'est la confusion la plus absurde, le pêle-mêle le plus ruineux qui se puissent imaginer. Pour labourer ou moissonner sa terre, il faut passer sur celle du voisin. Les labours se croisent en divers sens, forment des pointes et des haches qui dévorent du terrain et augmentent le travail. Yéut-on faucher son pré ? c'est un fossé à franchir. Veut-on serrer ses moissons? c'est un chemin de traverse à parcourir. On comprend, ma foi, que, pour échapper à ces inconvénients, M. Morand ait, en vrai campagnard qu'il était, épousé Louise, au risque d'avoir un fils malingre et boudeur comme sa mère !

Dans le Tableau de la division du sol de la France, les terres labourables figurent pour 21,559,151 hectares.

et les près pour 4',834,521 hectares seulement. En d'autres termes, pour féconder une étendue de plus de vingt millions d'hectares^ on a, en France, l'engrais fourni par moins de cinq millions d'hectares. Il serait bien extraordinaire que, ,sous un pareil régime l'agriculture fût florissante. Et , dès lors, c'est à peine s'il est nécessaire de dire que, sous un pareil régime, la condition du paysan ne saurait être heureuse.

Pour qu'on ne nous accuse pas de matérialisme, commençons d'abord par ce qui se rappporte à la vie intellectuelle des campagnes.

M. Thornton, qui sous ce titre : A Plea for Peasant Proprielors^ a écrit un livre remarquable sur les avantages du système de la petite culture, M. Thornton lui-même décrit dans les termes suivants la condition intellectuelle et morale du paysan, là où ce système est en vigueur :

« L'ignorance combinée avec l'amour-propre, un esprit grossier, des mœurs rudes, sont choses naturelles à ceux dont la vie entière est absorbée par un tra\ail purement manuel, et qu'aucun lien tiré des relations sociales n'unit aux classes qui ont le loisir et le moyen de cultiver leur intelligence. Partout où, comme dans une grande partie de TÂUemagne, la bourgeoisie réside dans les villes et abandonne les districts ruraux à des travailleurs paysans, ceux-ci, faute de connaître des gens qui leur soient supérieurs, forment leurs idées du beau et du grand sur les habitudes qui leur sont propres, s'y enracinent, et conçoivent une aversion stupide pour les pratiques différentes des leurs. Entièrement livrés aux soucis d'une existence toute matérielle, ils vivent dans une ignorance complète des jouissances élevées dont l'homme est capable. Comment viseraient-ils à une élégance dont ils n'ont pas d^exemple? Comment sympathiseraient-ils avec une manière de sentir dont ils n'ont pas la moindre idée ? Ils vont dans la vie travaillant sans relâche et pour

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ainsi dire hébétés, leur façon d'agir répondant à ce qu'il y a de lourd dans leur nature ^ »

Tels sont) décrits par le plus habile, par le plus savant défenseur du système dont il s'agit, les effets que ce système produit sur le développement intellectuel et moral de la population agricole.. Il comprime Tâme, il émousse l'esprit, il tarit les sources de la pensée.

Qu^on parcoure la plupart des communes de France,, quel spectacle y frappera le regard de l'observateur attentif? Est-ce que l'ignorance où elles sont plongées ne forme pas un lamentable contraste avec les lumières qui de jour en jour pénètrent plus avant dans les villes et dont Paris présente un si éclatant faisceau ? Est-ce que le travail de la ferme n'y fait point une concurrence victorieuse à celui de l'école ? Est-ce qu'on ne s'y heurte point à chaque pas au despotisme de la routine, à la tyrannie des préjugés? En 1861, il a été constaté que, dans S70,896 cas do mariage, le nombre des mariés qui se sont trouvés ne pas même savoir écrire leur nom s'élevait à 83,905. En ce qui concerne les mariées, le chifiTre est plus désastreux encore, il est de 136,447 ! G'est-à-dire que, dans cette France qui, par sa capitale et ses grandes villes, rayonne sur le monde intellectuel, le nombre des personnes qui se marient sans être capables de tracer leur nom au bas du contrat est de 1 sur 3 pour les hommes et de 1 sur S pour les femmes !

Voici d'autres chiffres non moins significatifs. En 1860, sur 294,761 jeunes gens appelés par la conscription, on en a compté :

Qui ne savaient ni lire ni écrire 90,373

Qui lisaient et écrivaient très imparfaitement 9,U2

Qui savaient lire et écrire. . . . » * 186,530*

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