CONSTITUTION FINANCIÈRE DE L'ÉGLISE
est ensuite envoyé à Tarchidiacre d'installer (lo induct) le nouvel incumbent, de le mettre en possession de l'église et de tous les droits qui y sont attachés. Alors, et seulement alors, le bénéficier jouit légalement et dans toute sa plénitude du titre de par son.
Ainsi, quand le propriétaire d'un advowson exerce son droit de patronage, il y a, généralement parlant, trois personnes enjeu : le propriétaire, le prêtre qu'il présente et l'évéque dans le diocèse duquel le bénéfice (living) est situé. Mais il arrive quelquefois que l'évéque lui-même se trouve être le patron, ce qui rend la formalité de la présentation superflue. Dans ce cas, Vadvowson prend le nom de collation. Mais, dans ce cas, aussi bien que dans l'autre, il est prescrit au nouvel incumbenty tant par la loi civile que par la loi canon, non seulement de prêter le serment de suprématie, mais encore de déclarer par écrit son assentiment à la doctrine contenue dans le Livre des communes prières (Book of common prayer), et dans les Trente-neuf articles.
Vous le voyez, les précautions ne manquent pas contre le danger de choix par trop profanes. Toutefois, c'est une pratique fort extraordinaire, on en doit convenir, que celle qui fait dépendre le gouvernement spirituel des paroisses d'une chose qui, je le répète, se vend, s'achète, se lègue 9 tout comme une maison ou une pièce de terre.
Uadvowson est si bien envisagé au point de vue du droit de propriété, que, lorsque le patron est atteint de folie, le lord chancelier, qui est alors appelé à exercer le droit de présentation, ne l'exerce ordinairement, si c'est possible, qu'en faveur de quelque membre de la famille de l'aliéné. Le patron est-il un enfant, un enfant à peine capable de tenir une plume, n'iftiporte : c'est lui qui fera la présentation. C'est lui, qui dira à tel troupeau : « Voici le berger qui vous convient. ^ Et, comme il y a un acte à X. 18
signer, la main du bambin, qui ne sait pas écrire, sera guidée sur le papier par son tuteur, tant le peuple anglais est amoureux des formes !
Ne vous étonnez point, après cela, du grand nombre de laïques qui, dans ce pays, possèdent des livings. D'une table publiée en 1833, il résulte qu'à cette époque, sur il 342 bénéfices existant en Angleterre et dans le pays de Galles, il y en avait 1 017 à la disposition de la Couronne; 1301 à la disposition des évéques; 982, à la disposition des doyens et chapitres ; 597, à la disposition des universités; 146, à la disposition d'autres collèges, et 6619, indépendamment de 649 chapelles, à la disposition des simples particuliers.
On devine sans peine qu'un pareil système a dû donner lieu à de nombreux abus, au premier rang desquels figurent la non-résidence effective des bénéficiers, et, dans la distribution des revenus ecclésiastiques, une inégalité très voisine de Tinjustice. C'est pour remédiera ces abus que fut créée en 1835 par sir Robert Peel, la commission ecclésiastique.