‹ Dix ans sur la côte du Pacifique [microforme]Chapitre 16 sur 23 · PEINES DES MISSIONNAIRES · texte numérisé non relu

PEINES DES MISSIONNAIRES

De quelle constance et de quelle force d'esprit, le missionnaire n’a-t-il pas à se munir, quand il est question de recevoir des affronts et des injures ! À mesure que le sol de l'Orégon, qui a été tant de fois arrosé par les sueurs de ses premiers missionnaires, les Blanchet, les Demers, les Brouillet, les Delorme, etc. devient fécoud et fructueux, les hérétiques se montrent aussi plus furieux ; il n’y a pas de calomnies qu'ils n'inventent au sujet de l'Eglise, des Prêtres et des Religieuses. Dans leurs prédications, les catholiques ‘sont sans cesse représentés comme des êtres superstitieux, des ivrognes, des ignorants et dés ennemis de la république. Ils répétent partout que l'Eglise cherche à détruire les institutions du pays. Et le peuple, ignorant dés prineipés de notre Ste. Mère l'Eglise, et

partant trop crédule, ajoute foi à ces calomnies __et se.laisse aller à des transports de haïne et de

ragé. Les enfants mettent souvent en pratique les faux principes, énoncés en leur présence.

Au sortir du temple protestant, ils lancent des

pierres ou de la boue dans les croisés de l'Eglise, donnent de mauvais noms au missionnaire, appellent les enfants catholiques des bâtards ou de petits purgatoires. D'autres, plus hardis, vont frapper à la porte des convents où tirent des coups de pistolets à travers les fenètrés. Certains individus ont attaché des cordes, le soir, à travers la voie publique, pour faire tomber lés catholiques et les religieuses, qui venaient de l’église après les vêpres. Les bigots ontra-

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sent notre Ste. religion, non-seulement dans leurs églises, par leurs infâmes dénonciations, mais encore dans les gazettes de la contrée. C’est là que le monstre de l’hérésie se manifeste dans toute sa difformité; nos saintes çcérémonies y sont travesties, nos pieux usages ridiculisés, même les habits sacerdotaux y sont trainés dans la fange. Oh ! qu'il faut de patience au milieu de tant de vexations, d'insultes et d’outrages ! La justice divine a puni sévèrement un prédiçant hérétique, non loin d'ici, pour avoir accusé d’adultère le clergé catholique. Car, Dieu, l’ayant laissé à ses propres forces et aban. donné à ses passions dépravées, il a commis luimême .l’adultère. Tant ilest vrai qu'on eroit toujours les autres coupables des mêmes crimes dont on est soi-même l'esclave. A la naissance de la progéniture, le bruit de cette abomination s’en répandit à la ville et à la campagne, et les plaintes et les murmures du peuple le décidèrent à-s’expulser de l'endroit. C'était le, meilleur parti à prendre, car :une-expulsion forcée aurait donné plus. d'éclat à l'affaire. En 18686, une femme protestante, remarquable par, son fanatisme religieux, faisait circuler toutes sortes de rumeurs calomniatrices sur l’église et sur les Religieuses.. Toute la ville était en émoi à - cause de ces faux rapports. Elle n’alla pas loin sans. recevoir sa punition. Un jour, comme elle était occupée à tailler un habit, près de la cheminée, sa robe prit feu. en arrière sans qu’elle s’en aperçut. Elle continua. à tailler et à découper jusqu'à ce qu'elle sentit la chaleur monter. Bientôt, tous ses vêtements étaient en fen ; alle

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se jette sur son lit, c’est inutile, elle ne peut éteindre le feu qui dévore ses habits : elle céurt dehorset crie aux voisins, qui, en ‘aperceyant les flammes au-dessus de sa tête, accourent en toute hâte ; mais il était trop tard, ils la tronvèrent littéralement rôtie. La pauvre infortunéé mourut après trente heures d’une affreuse agonie. Une petite protestante, âgée de six ané; qui se trouvait alors à l’école des Sœurs, s'écria devant ses compagnes : ‘“ Oh! cette femme n'ira jamais au ciel; à cause de sa langue scandaleuse” Plusieurs autres personnes dirent aussi qu'elle avait grandement. mérité ce châtiment; qu'elle avait enduré les feux du purga: toire, sur la terre, elle qui en avait tant ri pendant sa vie. C'était la même bigoté qui, durant une visite faite à une voisine, s'étant mise par mégarde un lJivre catholique contre la bou. che, sur l'observation de son petit garçon de six ou sept ans, le rejeta promptement sur la table, de peur ‘d'en être souillée.

Une ‘seconde peine, qui afilige souvent le cœur du missionnaire, c’est de voir tant d'infidélités «ns le mariage. Plût au ciel que certains catholiques ne fussent pas entachés de cette dépravation criminelle ! Sur la côte du Pacifique, il y a un divorce sur douze ou quinze mariages. Que cela donne une pénible idée de la moralité publique ! Qui peut compter, chaque année, le nombre de femmes et de metis séparés, ainsi que d’enfants dispersés et privés de moyens d'existence ? On a'vu des cas, où des femmes et des maris, séparés le méätin, étaient rernariés le soir. Si l'on est. fatiguéde

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sa: fenme ou de son mari, on trouve mille raisons pour se quitter ; et il faut avouer que la loi est grandement relâchée à cesujet. D'ailleurs, comme il y a peu de respect pour la justice, en ce pays, uné certaine somme passée au jrige ou aux avocats rend l'issue de l'affaire. presque certaine dans le sens du divorce. Oh! plüt à Dieu, que les enfants de telles unions ne fussent jamais nés! Ils n'auraient pas à traîner une misérable existence icibas, en attendant l'heure de. la justice. suprême ! On lit :dans certains journaux des annonces qui rapportent,qu'en une telle ville, des avocats, gradués dans des umiversités américaines, obtiennent des divorces, sans que l’une des parties le sache. On raconte, en eflet, qu'un marchand, étant allé dans une ville voisine, pour y faire des achats, lut le lendemain, dans la gazette du jour, que sa femme avait obtenu son divorce et était déjà remariée à un autre homme ; tout cela avait lien dans l'espace de vingt quatre heures. Qu doit arriver une société qui repose sur de tels fondements ? Ne tomberait-elle pas en ruines avant longtemps? Il v’y a que Ja-doctrine catholique, touchant le mariage, comme le disait tout récemment ei.

avec raisoù, wr journal protestant de l'Etat de l'Alinois, qui empèêchera l'édifice de la société de-croulér san: retour. | Exemple: à 70 milles de Jacksonville, il y avait une femme de mauvaise vie, qui en était à son troisième ou quatrième mari, quoique les premiers fussent encore. vivants. Comme un exemple de la colère divine à l'égard dé ceux qui violent les commandéments, cette femme a

été alitée pendant huit longues années ; elle était toute difforme ét toute décharnée. . La pauvre misérable se faisait apporter ses repas sur son lit, ainsi que des boissons énivrantes. Plusieurs fois: elle à été trouvée ivre. Oh!

quelle vie ! Comme on est bien puni par oùon a péché ! Au mement de sa mort, on m’appela auprès dé son -chevet ; elle était horriblement tourmentée. Je la pressai de faire :sa confes- sion; je lui montrai le crucifix, et Jui parlai de Notre Seigneur tout prêt à pardonner au pécheur repentant. Non, non, dit-elle, demain; allezvous-en, demain, demain. . Voyant qu'elle allait bientôt expirer, je me jetai à genoux près de son lit, et la conjurai au nom de Dieu, de la Très Sainte Vierge et de sa patronne, dé ne point ajourner davantage sa conversion. Enfin, tonchés de la grâce, elle fit une confession de ses fautes. Après l'avoir exhortée au repentir et à se confier en la:miséricorde de Dieu, je lui dounat l'absolution et l'onction sainte. Comme la bonte de Notre Seigneur est infinie, j'ose espérer qu’il aura eu pitié de cette malheureuse à son ernier SOUpir.

Il est. une autre source d’aflliction, poux Île pauvre prêtre, C'est la vue de tant de martages mixtes, entre les catholiques et les héritiques. Dans certains quartiers, près du tiers sont de ce genre. Quelques uns ont été célébrés, avec répugnance, par le missionnaire, beaucoup plus l'ont été devant le prédicant on l'officier civil. Avec de si tristes commencements, ik ne-faut-pas s'étonner des funestes résultats qui en:sont la suite, Anssi, on remarque avec douleur, que la

partie catholique, en bien des cas, abandonne la foi, tourne le dos à l’église et renonce aux secours de Ja religion. :\insi vivait à seize- milles de Jacksonville, une pauvre femme catholique, mariée à an protestant de la nouvelle secte des spiritualistes. : On entendit plusieurs fois la pauyre ‘créature dire ouvertement qu'elle me croyait point à l'enfer ;. son mari sans doute l'en avait dissuadée. Elle-est morte dernièrement sans prêtre, sans sacrements, et les protestants ont enterrée dans leur cimetière. ‘ Dis-moi qui tu‘hantes, et je te dirai qui tu es” Les enfants de semblables unions sont élevés en paiens; ou si les parents tiennent un peu à leurs croyances respectives, les enfants vont d'abord de l’une à l’autre, . et finissent ensuite par s’en dégoüter entièrement. Oh! que l'Eglise ‘est: sage: en défendant au prêtre de ‘bénir de tels mariages, et qu'elle a grandement raison de les empêcher par toutes les voies possibles! Oh!: quelle source de joie et de bonheur 'jaïllit ‘pour: ceux qui ne contractent que suivant les règles dé notre Sainte Mère! : b sn | Une quatrième douleur, qui est, non moins poignante, pour le cœur du missionnaire, : c’est de voir l'éducation religieuse des énfants, négligée, non-seulement par les parents protestants, mais encore par les parents catholiques. Il y en a qui sont si peu: zélés à cet égard, que les Religieuses et les Prôtres ont à enseigner les prières du matin et du soir à des enfants de: huit, dix ou douze ans. Il arrive souvent que pendant le catéchisme du dinianche, ces:enfants jouent à la maison pâternelle,

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éourent par les “di ss publiqtes, se promènént ou vont à la chasse, Aueldioi pus même se rendent à l’école protestante, le dimanche. Je n’exagère rien ici, car si le catéchisme est fréquenté par cinquante enfants, soixante et quinze au moins y assisteraient si les parents remplissaient leurs devoirs. Qu’arrive-t-il ? vous voyez de sas enfants incapables de faire le signe de la croix, ignorants de la lettre du ,catéchisme et par conséquent indignes d'être admis à la première communion. Ils vivent: ainsi, font leur chemin comme beaucoup d’autres, sans être instruits des rudiments de Ja Religion. Quelle espèce de catholiques ferontils? Ils seront semblables à leurs parents, tièdes ct relâchés, si toutefois ils ne deviennent protestants ou incréduies, Quoique les parents aient, dans ce pays, la plus grande facilité, pour instruiré leurs enfants, néanmoins que de négligences à leur sujet ! et pour la moindre petite indisposition, ils les retiennent à la maison. paternelle, Ils sont toute tendresse pour eux, et les les enfant, s’apercevant bientôt de. leur côté faible, savent en profiter. Ils deviennent hardis, grossiers ei indépendants ; ils méprisent volontiers l'autorité et font à leur guise. Vous les entendez appeler leur père, le vieux, etla mère, la vieille, même quand ils, ne sont arrivés qu'à âge de douze ou quinze ans. D'ailleurs, avec la meilleure volonté du monde, comme. le prouve l'expérience que lé missionnaire a. eue, pendant de. longues années, dans une contrée comme celle-ci, il est. très-dificile d'élever .une famille chrétiennement. Il y a de grands obs-

tacles : les enfants voient trop, éñtendent trop, lisent trop, courent trop, ont trop de liberté, C’est après avoir mürement réfléchi sur cette matière, que je me suis promis de ne jamais conseillér aux canadiens de venir s'établir soit en Orégon, soit en Californie, d'ici à plusieurs années.

L'ivrognerie et les jeux à l’argent offrent beaucoup de difficultés au pauvre pasteur. Les repaires de jeux sont nombreux ; et quoi qu'il existe des lois sévères à cet égard, on sait les enfreindre impunément. Un journal protestant publiait, il y a quelque temps, qu’il est mort aux Etats- Unis, en huit ans, 300,000 individus des suites de l’ivrognérie. Dans presque toutes les villes de l'Orégon et de la Californie, il y a une taverne pour cent personnes. Voïlà où vont s’engouffrer les gages de la semaine, la foi catholique, l’hon:nêteté et toutes les vertus civiles et chrétiennes. En 1867, un homme s’enivra à douze milles de Jacksonville, et en passant sur la rivière des Coquins, il perdit l'équilibre et tomba de la hauteur de quatorze pieds, sur les cailloux. Par une providence spéciale, il se fit très peu de mal. Tant ilest vrai que Dieu poursuit le péchetir pour opérer saconversion. Néanmoins la leçon re fut pas assez forte. Vs la féte de Noël, de is rême année, mon ivrognafit la noce, avec de vé::‘pagnons de son calibre, et quand il fut bien rempli, il lui prit fantaisie de préparer le souper, Le few allait à merveille. ‘Coïnme il était à arranger la cafetière dans la cheminée, iltombe dans lé feu et se brüla téllément les cuisses et jes jambes qu’éllés én furent toutes

rôties. : [Il ‘était trop ivre pour s’arracher du-feu, et ses compagnons, pour la mêmeraison, étaient incapables de lui rehdre aucun service. Aux cris du malheureux les voisins répondirent et stempressèrent de le retirer de la cheminée.et de Jui prodiguëer tous les soins que nécessitait sa condition. :On manda le missionnaire immédistement pour lui donner.les secours de la réligion, car il était catholique. Oh ! quel:triste spectacle ! Je ne l'oublierai jamais de ma ‘vie. Au'bout de quatre jours, après avoir fait sa paix avec.Dieu, le pauvre infortuné eéxpirait au milieu de cruelles souffrances. Autre exemple : un homme d’uné trentaine d'années, non marié, avait couru beaucoup de dangers lorsqu'il était sous l'influence de .la boisson, et tous ces avértissements n'avaient fait aucune impression sur lui. Un jour, étant allé, tout ivre qu'il était, chercher un voyage de perches pour faire-de la clôture, il tomba du haut de sa charge et se cassa le cou. Il était aussi catholique, Sa pauvre mère, âgée de 70 ans, en est inconsolable, et cette:triste mort de son fils abrégera ses jours. + Les jurements et les blasphèmes sont anssi une croix bien douloureuse pour le ministre du Seigneur. C’est un vice très commun dans toutes les classes de la société ; et que l’on corrige difficilement, même après les châtiments qui parfois frappent les coupablés. : Un habitant de la campagne, en 1865, était adonné à la mauvaise habitude de jnrer et de blasphémer ; il ne pouvait ouvrir la bouche sans proférer, de mauvais serments.. En punition des péchés. de sa langue, un soir, il fat trouvé mort aut pieds

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de son cheval. . Dieu permit que l'animal le tua, parce que dans: sa colère, ik l'avait battu en vomissant contre lui mille imprécations. En 1871, au mois d'août, un juge du comté de Jackson, expirait sprès trois on quatre : jours seulement, d’'ur > maladie cruells. : L'habrtude de maudire était si invétérée chez lui que deux heures avant de mourir, il proférait des imprécations à faire dresser les cheveux des assistants: ‘Un incrédule qui était présent, me fit le lendemain l'observation suivante : ‘“ Père; dit:il, ‘ ladoctrine catholiyueconcernant le purgatoire “ sied bien dans &es cas si déséspérés. Tel juge “ ne pent aller droitan ciel. S'il va en enfer, “il n'y a plus d'espoir: En purgatoire au “moins, il y à encore chance: d’être sauvé.” Sans: doute la remarque de lincrédule porte à faux, mais on voit bien ce qu’il veut dire. Un homme qui tient auberge, à Jacksonville, depuis plusieurs années, qui jure fréquemment et qui souffre bien des blasphèmes dans sa maison a dû reconnaître une punition dans le malheur quiluiest arrivé. : C'était un soir du mois de septembre 1871 : on lui apporta lecorpspresqu'inanimé de sa femme. qui venait d'être renversée par le cheyal qu'elle montait. La pauvre créa- turéen est morte au but de quatre semaines après avoir enduré de terribles-souffrances. Le mari: comprit la leçon et: il est devenu. plus réservé dans son langage. #1 |

La ‘violation fréquente du sabbat peut être considérée comme le septième glaive qui transperse-le cœur du. missionnaire. Tous étés, il arrive de nombreux accidents, lediman- .

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che, comme pour signifier que Dieu voit. défavorablement la transgression de son saimtjour. Des catholiques et des protestants vont: passer le dimanche à la campagne, soit à la pêche, soit à la chasse; souvent le départ de certains catholiques à lieu pendant le saint sacrifice de la messe. : Une fois, c’est une roue qui se: brise à la voiture; une autre fois, la voiture ellemême vole en pièces ; quelquefois les chevaux prennent l'épouvante et renversent le contenant et le contenu. Ici, il y a de sévères contusions, là, un bras cassé, ailleurs une jambe déboitée. Croit-on que cela corrige ceux qui profanent le saint jour du Seigneur? Point du tout, on paie pour les dommages causés: on règle avec Jde médecin pour ses services, et si on revient en bonne santé, on reprend ‘les promenades, le dimanche, comme si Dieu n'avait pas menacé. En 1866, nous avions un mécanicien tellement fanatique, qu'il tournait la tête pour ne pas voir le missionnaire passer dans la rue, et puis il faisait circuler toutes sortes d'histoires, sur son compte, afin de nuire à sa réputation. : Un jour de dimanche, il perdit un œil, à la chasse. Soit qu'il comprit la leçon ow non, toujours est-il qu'il est revenu à de meïlleurs sentiments.

Dopais: ilest d’une politesse esquise; tous ses préjugés sont tombés, car il envoie ses filles à l’écolé des religieuses, et leur permet même quelquefois de chanter dans l’église. Heureux céux qui profitent des leçons que Dieu envoie pour leur propre amendement! :. :.

‘Une autre désolation pour un prêtre; ehargé du soin des âmes, c'est la négligence coupable

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d’un grand nombre concernant leur conversion. Ïl en est qui passent 10, 20, 30 ans.et même davantage sans se confesser. Les mortssubites, les accidents de tout, genre, ne les: émeuvent point. Quelques uns ont le bonheur d'avoir un prêtre pour les réconcilier avec Dieu avant de mourir, mais combien paraissent au tribunal suprême sans préparation ! Trois semaines, avant la fête de Noël. de 1863, je visitai, à «ne vingtaine de milles de Jacksonville, un vieux garçon, qüi ne s'était pas confessé depuis huit longues années. Je l’engageai à venir au. tribunal de la pénitence et remplir ses devoirs de religion. Il promit qu'à Noël, il se rendrait à mes instances. : Plein de confiance en sa promesse, je m'attends à le voir se présenter quand la grande fête. aura lieu. Point de ‘péniteni. Le jour de l'an arrive et passe, point de pénitent. Un:soir, étant à lire le journal, un courrier m’annonce qu'un tel: a été trouvé. mort mutilé et tué par son cheval. C'était le même homme qui.avait promis de mettre ordre à sa conscience aux fêtes de Noël: Il avait oublié ces paroles : ‘ Soyez prêt, je viendrai comme

un voleur au milieu de la nuit.” Autreexemple: :

en 1870, un catholique refusa de faire la retraite qui-se donnait, à Jacksonville par an Père .Jésuite, quoiqu'il y.eut plusieurs années qu'il ne s'était pas approché des sacrements. Qu'est-il arrivé ? Au bout de six mois, son garçon de six ans mourait après quelques jours de maladie seulement. Un peu plus tard, il perdit.les deux plus beaux chevaux deson écurie. Quelqnes mois après, le deuxième et dernier garçon âgé de

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deux ans expirait dans une -tertible agonie.

Enfin, lors de l'incendie du 3 avril dernier; cet homme vit son étable et ses dépendances dévo- . rées par le feu en quelques instants, ce qui lui occasionna une perte de deux mille piastres.

Heureusement pour lui, il comprit la lecon et il se rapprocha de l'Eglise et des sacrements !

Antre exemple du’ délai de la conversion. En 1871, un vieillard de soixante-quatorze ans, mourut subitement et je lui refnsai la sépultrire chrétienne, pour les’ raisons suivantes: depuis trois où quatre ans, il venait à la messe peutêtre une ou deux fois par année, quoiqu'il ne demenrât qu'à deux milles de l'Eglise ; de plus, il ne fit pas ses Pâques pendant le même temps. En outre, ce pécheur endurci, quoique. pressé par un saint missionnaire, qui préchait la retraite, avait refusé de rentrer en grâce avec Dien. Lorsqu'on s'éloigne de l'Eglise et des sacrements, on tombe dans toutes sortes d'iniquités : la haine, la vesgeance, les mauvais procès, la jalousie, lPavarice, on finit par boire l’iniquité comme l’eau. Enfin, il disait que lire son livre de prière à la maison était aussi bon que d’aller à la messe ; d’ailleurs il n'avait pas d'argent à débourser pour le soutien de l'Eglise et du pasteur. Ce vieillard était tellement aveuglé qu'il ne fit point venir le missionnaire, pour le réconcilier avec son Créateur, quoiqu'il eùt le temps dé le faire, ‘“ Vous ne savez, dit Notre-Seigneur, ni le jour, ni heure 6ù le fils de l’homme viendra; soyez prêts, veillez et priez.” FEU Eaneuvième croïx du missionnaire, et qui n’est pas ia moindre, c’est la conduite des canadiens,

sur la côte du Pacifique. Au risque de mécon: tenter et d’attrister quelques lectéurs, je dirai à à leur sujet franchement ma pensée. Il en est qui rougisseni de leur titre de canadiens, qui ne veulent pas avouer leur origine, qui abandonnent la foi de leur pères et qui se font même protestants. J’ai un canadien présent à l'esprit qui renonça à sa religion pour se faire anglican, il devint plus tard méthodiste, puis baptiste, ensuite presbytérien. ‘“ Maintenant, dit-il, j'ai le bonheur d’être incrédule.” D’autres entreni dans des sociétés secrètes, afin de s’attirer les bonnes grâces des Américains ou encore pour conclure un mariage avantageux, sous le rapport pécuniaire. Boit dit en passant, que les Américains, qui parlent si haut della liberté, sont pour la plupart esclaves de mille et une sociétés secrètes. Dans: une petite ville comme Jacksonville, il y a quatre différentes associations de cette espèce, qui enlacent dans leurs liens tous ceux qui veulent mener une vie indifférente en religion. L'ivrognerie et les jeux à Fargent font de terribles rayages parmi un certain nombre de canadiens. Ces passions les abaissent, ies abrutissent, les tuent sur la terre et les damnent pour l'éternité. [1 n° fut donc pas s'étonner d’en voir plusieurs, néprisables et méprisés en conséquence. var les dix ou douze mille Canadiens, qui se trouvent à l'Ouest des Montagnes Rocheuses, à peine mille ou deux milles d’en:tre eux approchent des sacrements. La plupart ne fréquentent jamais l'Eglise, leurs enfants ne vont presque jamais au catéchisme ou à l'école

catholique ; ils n’aident presque d'aucune ma-

nière ni aux bâtisses, ni aux réparations ; ils ne se privent jamais d’un verre de rum pour er donner le prix aux besoins du culte; et néanmoins ils crient plus fort que les autres quand vient un bazar ou une colleste pour l’école ou pour l'Eglise. Un des soins de nos Canadiens émigrés est de traduire leur nom en langue anglaise ou de l’américaniser en en changeant la prononciation. Les traductions sont quelquefois libres et la chose tourne souvent au ridicule. Il y en a qui ont l'habitude de ne s’entretenir qu’en anglais. Je ne connais rien de plus mal sonnant que d'entendre deux canadiens, converser dans une langue, que souvent ni l’un ni l'autre ne comprend parfaitement. C’est si bien le cas, que leurs enfants ‘écorchent la langue maternelle lorsqu'ils s'en servent, mais parlent anglais à la perfection. Nous devrions être fiers de nous servir du langage de nos ancêtres, celui avec lequel nos pasteurs nous ont enseigné à aimer Dieu et celui que nous parlons habituellement quand nous demandons des grâces au Père Eternel. Sans doute, il y a encore des Canadiens, dignes de ce nom, qui sont, sons catholiques, qui ne sont en arrière d'aucune nation, lorsqu'il s'agit d'aider à bâtir des églises, à construire des écoles, à élever un presbytère. J'en connais de ceux-là au Sud, au Centre et au Nord de lOrégon, dans le territoire de Washington, en Californie, même jusqu'à Idaho et Montana, Du moment, que le prêtre parle d'une: réparation à faire, on s’y met de tout cœur; le tout ‘prospère et on ne s'aperçoit pas qu'ona ‘souffert dans sa fortane malgré -ces

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quelques sacrifices. Je le dis, avec plaisir, 1l y ex a de ces bons canadiens qui font l'honneur du pays où ils ont reeu le jour, qui s’attirent le respect-de tous ceux dont ils sont connus, qui mènént une vie sans reproche :et qui occupent des emplois distingués dans la société : Puisse . leur exemple avoir plus d’imitateurs !

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