‹ Dix ans sur la côte du Pacifique [microforme]Chapitre 17 sur 23 · CONSOLATIONS DU: MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

CONSOLATIONS DU: MISSIONNAIRE

Il est bien juste qu'après avoir paxtagé le calice et porté une portion de le croix de Notre Seigneur, le missionnaire aie part aussi à. sa joie. NotreSeigneur dut:souffrir.et shumilier avañt d'entrer dans sa gloire, de même, le missionnaire, après avoir été dans le mépris et la confusion, aux prisesavec les vexations, les embarras et les peines: se réjouit, se ranime et s’encourage à l'apparition d’un rayon des délices éternelles. Les consolations sont nombreuses dans les missions. Je ne parlerai que de quelquessunes. Une des principales est de voir les nouveaux convertis mener une vie édifiante et exemplaire. Voiei l’histoire d’une convertie

ui plaira à tous leslecteurs. En 1866, Madame

.n'apparitenait à aucune religion ; elle vivait commé vivent des milliers d'américains, sans église, sans autel, sans pasteur, Qu'est-il donc arrivé, pour changer sou cœur ? À la voir tous les dimanches à la sainte messe et fréquemment à la sainte table, on dirait qu’elle a été catholiqne toute sa vie. Le récit suivant va en faire connaître «la cause, Vers. 1869, Madame, G., alors jeune fille de dix-sept ans, était envoyée en

Californie, au couvent de Bénécia, sous la direction des Sœurs de S. Dominique. Douée de talents et d'esprit, elle: fit promptement äes progrès dans !a science et la vertu. L'exemple, la bonté et la mansuétude des Religieuses, la douceur de la règle et l’aménité des élèves catholiques, firent bientôt pencher la demoiselle vers la religion. Comme elle l'a avoué, bien des fois depuis, elle éprouvait alors, en répondant au chapelet, autant de joie et de ferveur que ses compagnes. Les parents, ayant oui dire que leur fille avait certaines tendances vers l'église catholique, la mandèrent soudainement à la maison paternelle. La demoiselle, comme on l'imagine aisément, quitta à regret cet asile où re s’exhale que le plus pur parfum. des vertus ; mais, de même qu'une semence jetée en bonne terre, donne des produits en abondance, de même aussi les leçons de piété et de sagesse qui avaient germé dans son cœur, pendant les quelques mois écoulés au couvent, portèrent d'excellents fruits. Après quelque: temps passé chez ses parents, cette demoiselle épousa un colon de l'endroit, riche en biens terrestres, mais peu religieux. Cinq années s'écoulèrent assez heureusement au milieu des modes, des assemblées, des rendezvous. Dieu n'ayant pas accordé d'enfants à leur union, cela semblait favoriser encore cet entrainement à une vie bruyante et monduaine. Vers la fin de l’année 1866, Madame G. fit la connaissance des Religieuses des $SS. NN. de Jésus et de Marie, déjà établies depuis plus d’un an à Jacksonville, Ses visites réitérées

au couvent renouvelèrent en elle le désir qu'elle avait eu. autrefois d’embrasser: la religion. Quels moyens prit-elle pour cacher son grand projet aux yeux du monde, du moins pendant ün. Certain temps ? Le voici : elle demanda aux Sœurs de vouloir bien lui donner des lecons d'écriture et de musique: : Cette étude fit bientôt place à celle du petit ‘catéchisme. Pendant que madame G.'apprenait les rudiments du christianisme, il ne faut pas s’imaginer que tout allaït à merveille: Oh non! quels combats à l’intérieur ! non jamais, si jé ne l’avais vu si souvent, je n'aurais jamais crü qu'il en coûtàt autant pour devenir catholiques, à ceux qui ont été élevés dans une autre religion., En effet, on trouve partout des obstacles à combattre : l'éducation première, les parents, les amis et les préjugés nationaux.

Comme madame G. n'avait jamais désobéi, en rien d’important, à ses. parents, elle écrivit une lettre à sa mère, qui résidait alors à San Francisco, la priant de vouloir bien lui permet: tre d’embrasser la religion catholique. La mère, on ne peut plus désolée, ne prend pas le temps d'écrire, mais envoie un télégramme à sa fille, Jui demandant en grâce de ne point passer outre. Cette dépêche télégraphique arriva justement la veille du baptême de madame G.

Vous pouvez juger de l'émotion qu’elle éprouva ; mais aidé de la grâce d'en haut, elle reçut néanmoins, lé saint baptême, le lendemain, en présence d’un concours nombreux et choisi.

C'était un dimanche, après la messe, et le 24 de mars de l’année 1867. Elle étonna tous les

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