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ässistants, par sa fermeté et son courage, ex lisant la Profesion de Foi. Le 27 septembre suivant, quand Mgr l'archevêque Blanchet, fit sa visite épiscopale, dans le Sud de l’'Orégon, la nouvelle convertie recut le sacrement de confirmation, et depuis lors, elle n’a cessé d’être une parfaite chrétienne et un véritable soldat de Jésus-Christ. ; Que dirai-je de ses vertus ! Madame G. à montré de l’héroïsme, à un haut degré, en embrassant la religion ; car, ses parents et ses amis lui ont tourné le dos, quelques uns pendant six mois, quelques autres, durant une année ; enfin, un petit nombre plus longtemps encore. Mais s’abritant sous l’égide de Marie, sa patronne, elle n’a pas dévié d’une seule ligne du vrai sentier. Et sa bonté et ses manières gracieuses ont eu tant d'influence sur ses parents et,sur ses amis qu'ils lestiment autant en ce moment, sinon plus, qu'auparavant. Sa charité envers les, pauvres est sans bornes ; la misère et.les afflictions des malheureux ne trouvent jamais sa porte. fermée ni son cœur. insensible. Dans combien de demeures, ses bienfaits :ne répandent-ils pas la joie ?: Dans combien de ménages troublés ses bons conseils ne ramènentils pas l'amour. et la paix ? Que de douleurs dont elle est la confidente et la consolatrice ? Que de bonnes œuvres elle sait accomplir ! Pour l'Eglise paroissiale et le couvent des Religieuses, elle ne se lasse jamais de déployer sa générosité. On pourrait compter par douzaines les ornements, les décorations, les meubles et le linge pour l'Eglise et le couvent qu'elle a procutés à
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ses frais et dépens. Quelqu'un dira peut-être : c’est bien facile à donner quand on est riche ; soit, mais aussi combien de-riches se montrent avares envers l'Eglise et les institutions de charité ! ,
Avec un grand amour pour Dieu, madame G, possède la plus grande charité pour le prochain. Elle promit de ne jamais dire un mot défavorable à qui que ce soit, et elle tient fidèlement sa promesse. Jamais de railleries, de critiques, d'observations blessantes, mais toujours elle prend la part des absents. . Si ses bons exemples ont tant fait pour dissiper, en grande partie, les préjugés de son mari, elle peut aussi, après Dieu, se glorifier, d’avoir procuré l’abjuration d’une sœur, également éminente par ses qualités du cœur et celles de l'esprit. Mentionnerai-je son humilité ? La remarque suivante suffira pour en donner une idée. Il y a seulement quelques années, madame G. était le pilier des modes, maintenant rien de plus simples et de plus humbles que ses vêtements. Elle se croit toujours la moindre des créatures, la plus grande pécheresse du monde, Oh! combien de femmes chrétiennes devraïent apprendre de bonnes lecons de cette nouvelle convertie ! Le Seigneur, pour récompenser tant de dévouement et de vertu, à signalé sa bonté envers cette pieuse dame et son mari d’une manière assez remarquable. Jasqu'alors ils étaient sans enfants , en ce moment ils ont deux : jolies petites filles qui font la joie et les délices de leurs parents. Le mari, monsieur G. est encore protestant, appartient même à une
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société secrète, mais quel changement en lui depuis la conversion de sa femme. En: toute occasion, il défend les intérêts des catholiques, fait des dons au missionnaire et à l’église, et se montre un véritable bienfaiteur à l'égard des Religieuses. S'il plait à Dieu de le convertir un'jour, il devra cette grâce aux prières et à la conduite édifiante de sa pieuse épouse:
Une joie bien grande pour le missionnaire est de baptiser des Dissidents à l'heure de la mort, les cas en sont assez fréquents. En voiei deux
ui pourront intéresser. Le 1er Décembre 1862,
e bon matin, rue lettre m’apprit qu’à soixantequinz® milles. «u nord de Jacksonville, un protestant, rendu au dernier degré de consomption, était sur le point de mourir et demandait un prêtre catholique. Je montai immédiatement dans un wagon, ouvert à tout vent et courus au secours du pauvre frère séparé. Il plut toute la journée sur mon dos, de sorte que la couverture qui me servait de parapluie et de pardessus, était toute imbibée. Durant la route, le ressort du siége se brisa, et il fallut m'asseoir au fond
de la voiture sur la paille mouillée. Quand
nous. arrivâmes à environ dix milles de l’endroit où nous nous rendions, nous eûmes une rivière à traverser, et les eaux étaient si gonflées qu'elles avaient empcrté le pont. Le coeher dut rebrousser chemin, pendant douze ou quinze milles, avec voiture et chevaux, pour se procurer des mulets habitués à traverser les ‘rivières à la nage. Imaginez ma situation, au milieu des montagnes, en plein cœur de nuit, sur lebord d'un torrent; et la converture qui, naguère si
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molle et si pesante, s'était raïdie par la gelée. Je crus un instant que ma dernière heure était venue. En attendant le retour du cocher, je pris tout l'exercice possible pour me réchauffer. La traversée à la nage se fit assez heureusement, quoi qu'avec une certaine crainte de ma part ; etil était grand jour (c'était le 2 Décembre, veille de la. fête de mon patron, S$. F. Xavier) lorsque j'arrivai près du lit du mourant. Oh! que j'avais prié avec ferveur le long du chemin pour que le pauvre malade eût un instant de vie, afin de recevoir les consolations de la religion catholique ! Ma prière éfait exaucée, le malade était encore en vie. Je n’ai aucun doute que le Pater et l'Ave des associés de la Propagation de la Foi y ait beaucoup contribué.
I] serait impossible de dire la joie qu’il épronva en apercevant le missionnaire. Le plaisir consolant que je ressentis moi-même fut si vif, que j'oubliai à l'instant toutes les tribulations. de la veille et de la nuit. Je commençai de suite à instruire lé moribond des principales vérités de notre sainte religion. Je le baptisai ensuite, et quand l’eau sainte conla sur son front, ridé par les années, des larmes de joie conlèrent de ses yeux et des miens et se mélèreni à l’eau: régénératrice. Ce voyage me coûtait vingt-six piastreæet demie. Comme cet nomme était pauvre, je ne demandai rien ; j'étais amplement rétribué en ayantgagné une âme à Dieu. Quelques jours après mon retour, on m'annonça que mon 1ué0ophyte était mort en prédestiné. CRU
Le 29 septembré, 1872, un protestant vient frapper à ma porte et nrapprend qu'un pauvre
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vieillard est mourant à l'hôpital et qu'il désire me parler. En un instant, j'y volai et:j'écoutai l'histoire qui suit : ‘ Père, dit-il, je:suis malheureux, je suis abandonné de Dieu et des hommes; Dien me laisse à mes sens réprouvés, à cause ae ma longue vie de dissipation ; je n'ai plus un seul ami sur la terre, ma femme m'a chassé de la maison et de la compagnie de mes chers enfants. Vous seul me restez, car je sais que vous êtes l’ami sincère des infortunés. Je vais bientôt mourir, pour expier les ivrogneries, les scandales et les désordres de ma vie. Qu'en pensezvous, puis-je encore sauver mon âme? Est-il encore temps ? Dieu me pardonnera-t-il ma longue carrière criminelle ? ” ‘“ Oui, mon cherfrère, lui répondis-je, n'importe à quel temps le pécheur revient et demande sincèrement pardon, le Seigneur est toujours prêt à lui pardonner. Il dit lui-même dans la Sainte Eeriture, venez vous tous qui êtes chargés, et je vous soulagerai. ” Le pauvre moribond, erucifix en mais, fit une confession générale de tonte sa vie (il était âgé de 54 ans), avec les plus grands sentiments de componction et de repentir. Plusieurs fois, il fallut donner un libre cours aux larmes abondantes qu'il versait, et interrompre le long récit de ses désordres. Je l’instruisis du mieux possible, dans les circonstances présentes ; je. le baptisai ensuite conditionnellement, et lui donnai avee effusion de cœur, la sainte absolution:, Ses parents avaient appartenu à l’église anglicane et l'avaient élevé dans cette croyance. Ce n'était plus le:même homme, an dire du médecin qui le traitait. La: muit
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suivante, il dormit profondément, ce qu’il n'avait pas fait pendant dix où douze jours : il avait meïlleur appétit; il ne cessait de répéter, même en présence des dissidents, qu'il 6tait heureux, que la religion catholique étaït la seule: consolation des aftHigés, la seule Eglise qui va aucœur. : Cependant, le nouveau converti, miné-par l’hydropisie et d'autres souffrances, rendit doucement son âme à Dieu au bout d’üne semaine, et il pressa le crucifix sur ses lèvres jusqu’à son dernier soupir. Tant il est vrai que lorsque Dieu semble le plus éloigné de nous, il en est le plus près: Ceux qui vont travailler à la vigne du Seigneur, à la dernière heure, reçoivent la même récompense que les ouvriers de la première. Néanmoins icr point de présomption ; si le bon larron s’est converti, àda droite du Sauveur erucifié, il ne faut pas oublier que le mauvais larron, à la gauche, quoiqu’arrosé de son sang précieux, ést mort
impénitent. “ATTRI .
: La foi des fidèles est quelquefois vraiment grande et ce n’est pas une petite consolation pour. le cœur du pauvre pasteur. En 1865, à Kirbyville, dans le comté de Joséphine, üne petite fille: de huit ans-avait un mal d’oreille imsupportable. Sa pauvre mère, après avoir essayé toutes sortes de médicaments, f'égria tontà coup: ‘‘ de l’eau bénite, de l’eau bémite, c'est le seul remède qui guérira ma fille." En effet, après quelques lotions, avec l’eau sanctifiée parla parole de Dieu et la prière, elle fut guérie. Lors du grand incendie du 3 avril 1878, à Jaeksonville, comme le feu menacçait Eglise et
au: Gi.
l’école catholiques, en l'absence du miséionnaire, un vénérable vieillard, remarquable par sa foi et sa piété, se procura le ruban de St. Amable et le lança dans le feu, tout en priant ardemment le saint de sauver ces édifices si chers à la petite colonie catholique. Sa foi ét sa prière furent exaucées, immédiatement le vent se calma, et l'élément destructeur contmua de dévorer les bâtisses à demi-consumées et 'n’alla pas plus loin. Chez certains enfants, cette même ‘foi, accompagnée de la piété la plus vive, est extrèmemént remarquable. Au printemps de:1872 une petite fille de quatre ‘ans tomba malade des fièvres. Pendant toute sa maladie, qui dura trois ou quatre semaines, elle ne cessa d'édifier tous les assistants. Une femme protestante déclara solen aellement qu’elle n’avait jamais entendu prier un adulte, en temps | de maladie, comme cette petite fille pria une nuit qu elle la veillait.… Elle répétait à chaque instant : Jésus, Marie et Joseph, priez pour - moi, ayez pitié de mon âme. Quelquefois la chère enfant, au milieu des peines aigues, ajoutait de petits jurons à ces invocations ordinaires et s'écriait : Jésus, bonté divine, Marie, tonnerre, St. Joseph, assistez-moi donc maintenant et à l'heure de ma mort. Un soir, je la visitai et lui dis : que veux-tu que je fasse pour toi ? “ Vous direz la messe demain pour moi, ” répondit-élle. Jé me tournaïi vérs: sa mère, elle me comprit : c’est de son chef er parle ainsi, dit-elle. Cette enfant; at caté
depuis, donne des réponses extraordinaires: ss son âge et qui étonnent les plus gränds. ‘On ne
sera pas surpris de tant de foi et de piété lorsqu'on saura qe c'est la petite file: de Madame G. dont il a été question précédemment. Telle mère, telle enfant!
Dans les épidémies publiques, la grande moisson des âmes est encore une source d'allégresse pour-le cœur du missionnaire. Au milieu du mois-de décembre, 1868, la petite vérole fit son apparition à Jacksonville. -Dans l’espace de six semaines, il y eut soixante quinze cas. La frayeur et l’épouvante étaient peintes sur toutes -les figures. On n’a pas d'idée én Canada de . l'horreur des Américains pour la petite vérole. U suffit d'ajouter que les-parents abandonnent léurs enfants, leurs amis, et préfèrent payer de bonnes sommes à des étrangers pour qu'ils en prennent soin, Dès le commencement de l'épidémie, les Religieuses du couvent offrirent leurs services, en faveur des pestiférées de l’hopital, aux membres de la corporation de la ville : ceux-ci remercièrent gracieusement les Sœurs de Charité, et les invitèrent à aller au domicile . de-ceux que lés parents retenaient chez eux.
L'humble missionnoire partagea autant que possible leurs travaux et leurs fatigues. Généralement, }2s missionnaires veillaient toutes. les nuits au chevet des malades et des moribonds. Le repos, fréquemment interrompu, se ‘prenait sar-les heures de la journée. Onne put trouver qu'un seul homme, qui était italien, pour aider Jé-maissionnaire à enterrer.les morts. Qu'il était triste et lugubre le. cortége funéraire, passant, au milieu de-la nuit, entre deux rangs dé: feux allumés. sur les rues et se dirigeant verse: le
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cimetière ! là, on descendait le cercueil dans une fosse de six pieds de profondeur, puis on. jetait par dessus les linges, les draps et les ” vêtements qui avaient servi au défunt pendant sa cruelle maladie. À la pâle lueur d’un fanal, les arbustes et ies broussailles semblaient à une certaine distance, d’horribles fantômes, ce qui était de nature à effrayer les plus hardis.
Cependant, il faut avouer que pendant tout ce temps, les missionnaires avaient une force et une vigueur plus qu'ordinaires. Carils étaient aidés sans doute de la grâce du ciel.
La moisson fut abondante : il y eut quatorze baptêmes d'adultes et d'enfants, dont plus de la moitié alla droit au ciel, ornée qu’elle était dela , robe baptismale, le reste est encore plein de vie
et mène une conduite édifiante,
L'église protestante resta fermée ] ndaht six où sept semaines, tant on craignait de propager la contagion. Au contraire, l'Église catholiqne fut toujours ouverte au culte public, et l’assermblée des catholiques, au lieu de diminuer, était, au moins, aussi considérable qu'auparavant.
Je prescrivis le jeune et la prière pendant cette calamité nublique, et je dis à tous les assistants que s'ils étaientfidèles à leurs devoirs religieux,
ieu, dans sa bonté, les épargnerait. En effet, un.seul prit la maladie et en mourut. Voici
comment cela arriva: c'était un vieillard de soixante et un an, un avocat américain, un nouveau converti: . Quoique bon chrétien, il chancela.un peu ;. il avait tant peur d’être atteint par la ,peste,. qu'il resta chez lui, le Dimanche, pendant-les offices. Néanmoins, malgré toutes
ses précautions, il tomba malade et au bout de cinq jours, il expirait en me demandant une dernière bénédiction. Il fut enterré à minvit. Un dimanche,à deux heures et demie du matin, il me fallut déposer dans le cercueil, une petite fille de quatre ans, belle auparavant comme une rose, mais que la peste avait noircie comme la cheminée ; elle n’était qu'une masse de corruption; je m'y pris en quatre ou cinq fois pour clouer le couvercle de la bière, car il me fallait courir dehors un instant pour vomir et respirer l'air frais. Comme je devais -célébrer la messe à 104 heures, je dus m'abstenir même d'une goutte d’eau et pratiquer une petite mortification. Arrivés au cimetière, la fosse n’était pas achevée, et le fossoyeur alarmé avait pris la fuite. Mon italien et moi, nous finîmes la fosse, au milieu des ténèbres, car la chandelle du fanal s'était éteinte. Quand la fosse fut creusée, je:la bénis, et le corps de l'enfant fut descendu dans sa dernière demeure, à côté de sa mère, qui avait été baptisée et enterrée quelqnes jours auparavant. Tous les prédicants de la ville et des environs avaient pris la fuite, comme des poltrons, à l'apparition de-l’épidémie. Pour comble d'impudence, du fond de leur retraite, dans les coins les plus reculés de la vallée, ils envoyaient des pastorales, ordonnant et prescrivant, à la ville pécheresse, des jeûnes, des humiliations et des prières, afin d’apaiser la colère divine. Un des deux journaux protestants répliqua : Merci, messieurs, de vos conseils et de vos ordonnances; jusqu'ici, aidés du prêtre et des religiouses catholiques, nous nous
sommes bien passés de vous ; nous pouvons encore le faire à l'avenir. Merci de votre charité à-bon marché ; et il complimenta les catholiques sur ‘leur charité sans bornes et à toute épreuve ; enfin, il ajouta : qu'il n'y a que la vraie religion à inspire tant. d’héroisme et de Vortriel