CURIOSITÉS NATURELLES EN CALIFORNIE
Les arbres géants de Calavéras, au centre de ja Californie, ont un renom universel. Ily a sur une montagne, un groupe de cent trois arbres gigantesques, dont quelques uns excèdent trente pieds de diamètre, ce sont là les plus mäjestueux modèles du règne végétal que la terre ait jamais produits. ñ ne fant pas demander si les touristes de l’Surope et dé l'Amérique vont les visiter. |
Au nord-ouest de la Californie, en remarque une imméënse forêt de pins rouges ; les arbres ont de deux à trois cents pieds d’élévation et
‘eur diamètre varie de quinze à vingt-deux pieds. Sur le bord de la voie publique, le voyageur aperçoit une maison et une grange de
imensions ordinaires. Le tout fut, dit-on, bâti avee le bois du même arbre; et au moyen d’un second, le fermier obtint assez de perches ét de piquets pour cloturer sa terre de 320 âcres. Je doi ne ce fait tel qui m'a é6t6 rapporté, lors d’une mission däns ces parages. GITES ‘’ Dans le comté de Napa; les sources de souf-. fre blanc et de soudé (soda) ont des propriétés médicinales remarquables. Tout le pays est
volcanique et indique des feux intérieurs, comme je prouvent quantités de sources chaudes.
Près d'elles, il s'élève de jolis villages, et les visiteurs et les inv: lides, durant la chaleur de lété,, y trouvent toutes sortes d’accommodntions.
Au nord de la Californie, vers la côte, dans les profondes gorges des montagnes de Ste. Hélène, on a une frappante image de l'enfer. Vous y rencontrez de nombreuses sources minérales, de toutes les couleurs, de toutes les: températures, et des dépôts-considérables de magnésie, de souffre, ete. La chaudière des. soreières, ainsi appelée, est d’eau: noire et. bouillante ; elle imprègne l'air de ces gaz sulfureux et épouvante les sens; des volumes de. vapeurs s'élèvent à plusieurs centaines de pieds, dans l'air, avec un bruit semblable à la haute pression de la vapeur d’un bâteau, ou aux détonations d’un canon. C'est le phénomène le plus intéressant de la nature sur la côte du Pacifique, et peut-être dans le monde entier. Les chemins qui y conduisent sont très-fréquentés et offrent aux yeux du voyageur les plus beanx points de vue de la Californie. = re
Un mot sur l’histoire dn chemin de fer -dun Pacifique. {sl ga:
:. On commençaen février 1863, la construction de la partie ouest du chemin de fer du Pacifique. Lespremiers huit milles à l'est de Sacramento coûtèrent au gouvernement $16,000 par mille ; les cent cinquante milles suivants, à travers les montagnes de la Sierra Nevada. -$48,000 chaôun; le reste du chemin à l'Ouest des:mon-
tagues Rocheuses, à raison de #32,000 par mille. Outre ce subside, le gouvernement accorda à la compagnie 12,800 acres de terre, par mille, alternativement de chaque côté de la route.
Cent-cinq milles de chemin étaient complétés de Sacramento au sommet des Sierras, en juillet 1867. Trois cents milles se construisirent en 1868. Le 15 avril 1869, la ligne était ouverte jusqu’au lac Salé, à 667 milles de Sacramento. Enfin le 10 mai 1869, le chemin de fer était fini jasqu'à Ogden, à la jonction de celui de l'Union, venant de l'Est. Il y a eu depuis lors une ligne continue de l'Atlantique an Pacifique. Lorsque vint le moment de placer les deux derniers clons, lun en or et l’autre en argent, il y eut de grandes réjouissances. Comme le gouverneur de la Californie et le président da la compagnie enfoncaient, chacun un des clous, avéc un martéatr d'argent massif, les fils de télégraphe, quiétatént attachés au marteau, annoncèrent l’évèe-
nement remarquable:
Voyage sur le chemin de Fer A- TRAVERS LE CONTINENT AMERICAIN, Le 30‘avril, 1873, j'obtenais de Mgr, l'arche
vêque Blanchet quelques mois de délassement,
après dix aunées dé travaux en Orégon. En
conséquence, le 6 ‘juillet suivant, je partis de Jacksonville et me rendis à San Francisco en
deux jours et demi. La métropole du Pacifique avait bien changé en dix ans, Sa population est maintenant de. 181,000- âmes. . Les édifices publics peuvent être comparés avec ceux de “'importe quelle ville-de l’Union, On est en ce moment à jeter les fondations de l'Hôtel-de- Ville, de la douane et de l'Hôtel des monnaies ; le premier coûtera cinq millions de piastres ; le second édifice un miliion.et demi, et le troisième près de deux millions. Parmi les résidences privées, il n’est pas rare d’en voir qni.valent un quart de million. Il est plusieurs hôtels en matbre blanc, de très-grandes dimensions, et d’an coût presque fabuleux: Depuis. 1867, la ligne de bateaux à vapeur, établie entre la Chine et la côte du Pacifique, une ou deux fois par mois, contribue , puissamment à augmenter le commerce déjà immense de la grande ville. On publie 75 journaux à San Francisco, et on y compte 60 égl'ses de toutes les dénominations religieuses. De somptueux chars urbains traversent en tous sens les plus belles rues. Comme toutes les grandes cités américaines, San Francisco a ses vastes parcs, ses monuments, ses institutions et un grand cimetière dont elle est fiète ‘et. à bon! droit: La reine du Pacifique néanmoins a passé par de terribles vicissitudes : six fois en 21 mois, la plus grande partié de la ville était réduite en cendres; cette perte est estimée à 22 millions et demi de piastres. Les tremblements de terr: l'ont aussi. visité à plusieurs reprises, surtout en 1866-et:en 1868...
Je fis ure visite rapide à San José, appelé:le jardin de la Californie, à Oakland, en face de
San Francisco, et jetant un dernier regard sur lés pittoresques montagnes qui entourent l’in- .dustrieuse ville, le 14 juillet au matin, je pris le chemin de fer pour Sacramento. Dans quelques heures, cette ville, cachée dans un bocage, apparaissait à la vue. Il était midi ; et au cri, à bord pour Chicago, nous étions à notre poste et entrâmes dans le chars, qui, dans un instant sont remplis de passagers. Comme le train gravissait les montagnes de Sierra Nevada, la ville d’Auburn, située au milieu de jolis bosquéts s'offrit à no$ regards. Le convoi en montant ne fait que 22 milles à l’heure, tandis qu’en descendant, il en fait de 35 à 40. À 10 heures du soir, au moment où je me préparais à prendre mon repos, le train était arrivé au sommet des Nevadas, à 7,042 pieds au-dessus de l'océan. Quelquefois ici dans les gorges des montagnes, la neige a de 50 à 60 pieds de profondeur. Avantd'’arriver au sommet, le long convoi, en passant d’une élévation à une autre faisait l'effet d’un S, pendant que l'œil apercevait de chaque côté des points de vue d'une incomparable sublimité. . On passe au-dessus d’abîmes affreux, dans des tunnels de 15 à 1600 pieds de longueur, sur la cime des montagnes, sur la pointe de rochers escarpés dont la vue fait frémir ; quelquefois, nous sommes à des centaines de pieds au-dessus d’une “rivière ; d'autrefois sur des ponts de la longueur d’un mille ; enfin sur des hauteurs d’où vous apercevez des ravins et des précipiees à 1000 pieds de profondeur. Audessus de vos têtes, un nuage blanc est la seule tache au firma-
UD ment, et au-dessus de tout cela, les. pics de la Sierra Nevada, comme des lances, ‘enveloppés: de neige, percent les nues. . En arrière sont les vallées et les plaines de la Californie et -de l’Orégon, qui descendent jmsqu’'à l'océan; ces vallées sont sans rivales au point de vue de la fertilité. et Dans la vallée d’une. montagne, près du sommet des Sierras, est le lac Donner, d'un aspect pittoresque, mais de triste mémoire. Ce fut là que le. capitaine Donner et ses associés furent enneigés et périrent presque tous de faim. et de misère dans l'hiver de 1846. Le-parti se composait de 81 personnes ; quand ils eurent mangé le reste de leurs provisions et le cuir de leurs selles etde léurs harnais, ils furent réduits à la nécessité de dévorer les restes de. leurs frères qui avaient péri de froid et de faim. Le lac Donner paraît être à la distance de 800 verges de la terrace du chemin de fer. . En ce moment, nous étions dans la région des avalanches.
Dans le mois de juin, il y a quelque danger, mais en. juillet le voyageur en à peu à redouir, Les américains, dans leur prévoyance, ont construit des abris très-forts, pour se garantir des avalanches. Souvent néanmoins, ils suecombent sous le fardeau, L'ensemble de ces appentis couvrirait 50 milles ; ces abris ont coûté deux millions de piastres ; ils interceptent beaucoup. la vue du paysage. RE nt À la descente des Sierras, nous fimes, halte à l'entreprenahte ville de Truckee.. Ii y.a.ici un digné missionnaire français, le Révd.,. Père Meville, qui parle assez facilement l'anglais. et.qui.
at 9% Sens
est respecté de tout le monde. A la station de Verdi, toute apparence de civilisation’ disparut. Le-sable et les sauges du Nevada se présentent “maintenant, et en peu d'heures, le désert est encore bien plus triste, c'est le grand district d'Utah, à 4200 pieds audessus de la mer: Cette :contrée, si renommée par sa poussière alcaline, a une largeur de 400 milles, jusqu'au lac Salé. On voit dans ce désert une quantité de sources -d’eax thermale ; l’eau est si chaude que les voyageurs y cuisent des œufs. Le lac Salé a environ 60 milles de longueur sur 40 de lareur ; aucun poisson n’a été vu dans ce bassin : dernièrement on y eu a introduit dans l’espoir de les:voif se multiplier, }F | :0 À Pextrémité sud-est du lac et à 45 mïles de la ligne. du chemin de fer du Pacifique, est -sitnée la ville des Mormons. Sa population est de 26,000 âmes. Les rues, larges et droites, sont éclairées par le gaz et bordées d'une double rangées d'arbres; deux ruisseaux d’une éau Ciaire comme du cristal, parcourent toutes les rues et donnent une air frais à la ville. Le Tabernaole ou temple des Mormons peut contenir 15,000 personnes ; l'orgue, qui coûte #%40,000, est très-puissant. Au dire des habitants de la ville, c’est le second aux Etats-Unis, celui de Boston en étant le premier. +: +: Comme: le tram de FOuest arrête: à Ogden.
es passagers ont le temps d'aller visiter la ville -dn lac Salé, au moyen d’un pétit embrancheæmoni: Parmi les édifices puhlics, on remarque &-jolie église catholique de Ste. Marie Madeeine, quivest fréquentée par % ou 600, fidèles ;
+94 — ce petit troupeau est sous la houlette pastorale dun Révd. Père Walsh. Lors de mon passage au lac Salé, un événement fit sensation , ce fut le départ précipité de madame Webb Young.
(La 7e des quarante femmes de Brigham Young). Trois avocats éminents furent engagés immédiatement par la dame pour procurer son divorce et obtenir de plus une pension alimentaire. Ce procès va sans doute révéler bien des faits
extraordinaires relativement à la vie intime du
prophète. Les mormons, qui ont vécu en paix jusqu'aujourd’hui, commencent à être dans le désarroi. La civilisation a pénétré jusqu'au lac Salé, et les gentils sont assez nombreux pour faire exécuter les lois par les disciplès aveugles de Jos. Smith et de Brigham Young. La loi, qui défend la polygamie, est en: force dans l'Utah et Brigham Young parle d’aller s’enfoncer, avec 20,009 de ses disciples dans les montagnes de l’Arizona, loin du télégraphe et de la civilisation. if Le pays au nordet à l’est du bassin salé forme un agréable contraste avec la région stérile et sablonneuse que nous. venons de traverser. La beauté des environs, les collines qui semblent abriter la capitale des Mormons, les petites vallées, comme des ‘oasis, si bien cultivées et si fertiles, tout réjouit la vue. Dans la ville du lac Salé les Mormons sont si bien composés à l'extérieur, que noûs ne pûmes nous empêcher de les comparer aux beaux dehors d’une pomme vermeille, mais dont le cœur est pourri. Au contraire; ceux que fous rencontrâmes dans le voisirage du bassin sont misérables et dégradés, à peine plus civilisés que les