‹ Dix ans sur la côte du Pacifique [microforme]Chapitre 23 sur 23 · UE · texte numérisé non relu

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“éhinois et les sauvages. De ces derniers, nous en vimes le visage tatoné de diverses couleurs ; ls étaient accompagnés de leurs sales sauvagesses et de leurs dégoûtants enfants.

La rivière verte, que l’on passe sur un poiit de piles de Ia longueur d’un mille, forme la borne du Diocèse de (rrass Valley, de Mar.

O'’Conxell. es L'hiver est très-rude dans les plaines de Pouest, entre le Colorado et Wyoming d’une part, et'le Kansas et le Nébraska de Pautre.

Des’trains ont été bloqués en 1871, 72 et 73, de sorte que les voyageurs de San Francisco n’ont atteint Chicago qu'au bout de vingt jours. La neige poussée par le vent s'était amoncelée à de grandes hauteurs et formait contre le versant dé certaines montagnes des murailles qui avaient la solidité de la glace. Près de Sherman, sur les Montagnes Rocheuses, ies trains ne parcouraient pas plus de quatre milles en 24 heures. Dans cescas, il y a 3, 5, 7 et même 8 lôcomotives, dont la 1ère est armée d’une char- ‘ue ou chasse-neige, haut de onze pieds, le tout en Chêne avec pladues en fer. Les centaines de ehars, chargés de marchandises, onle devine, H’ont' pas été plus heureux que ceux des passasers. Représentez-vous l’étonnement des voyageurs de la Chine et du Japon, par le steamerposte du Pacifique, débarqués des pays du soleil, et tombant tout-à-coup au milieu de pareilles tempêtes de neige. Représentez-vous lägréable surprise pour le touriste, quand em- “porté par la vapeur, à peine sorti des glaces et des neiges, il se trouve soudain transporté au

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milieu des jardins et des prés verdoyants, tandis que les roues de la machine conservent encore les flocons de neige amassés sur la route. Le voyageur ouvre sa fenêtre, un air doux lui soufle au visage, le chant des oiseaux frappe son oreille ; bref, 1l a la splendeur du printemps.

À la station de Sherman, sur la crète des .Montagnes Rocheuses, nous sommes à..8,424 pieds aùü-dessus de l'Océan. Nous en étions au 4e jour de marche depuis San Francisco. Deux heures et demie plus tard, nous entrions dans la région des prairies, après une descente de 5,000 pieds ; puis nous dirigeâmes notre course à l’est environ 400 milles. Dans les vastes plaines, qui couvrent les flancs des Montagnes Rocheuses, nous rencontrâämes, en plusieurs bandes, 18 à 20,000 bêtes à cornes, venant du Texas ;-ces animaux avaient été vendus à des bouchers de la Californie à raison de 7 à $11 la la tête. Il faut voir sur cette route, les milliers de bœufs sauvages,.les buffles et les chevreuils. Alors, à chaque repas, nous sommes sûrs d’avoir toujours de la viande fraîche. Le voyageur aperçoit, aussi des milliers de chiens dits des prairies ; tantôt, assis sur les pattes de derrière, et tournés vers Le convoi, ils poussent des hurlements ; tantôt, ils gambadent et font mille soubresauts. RS

La Rivière Platte, à proximité, à notre droite, est longée pendant une demi-journée ; puis enfin nou: arrivämes à Omaha, la capitale du Nébraska ; là, nous devions retrouver la vie civilisée. : Mgr. O’Gorman est l'évêque du dio- cèse de Nébraska. Sa cathédrale est une magni-

fique église en brique, dont la flèche élancée va dire au loin qu'elle porte le signe du salut. La ville d'Omaha prospère rapidement, et sa popujation est en ce moment de 22,000 habitants.

Les Sœurs de la miséricorde ont soin de l'hôpital et de plusieurs académies. AÀ° Omaha, on traverse la rivière Missouri, sur un pont d’un mille de longueur; ïl est en fer et coûte, dit-on, deux millions de piastres, et à Council Blaffs, on prend les chars pour Chicago, qui soit prèts à parir sans délat. = Dans l'état de l'Jowa, à Davenport, vous pas- sez le Mississipi sur nn pont aussi en fer, et vous ètes surpris en voyant ce fleuve aussi large à 1500 milles de son emboüchure. Je dirai ici un mot des fameux chäârs-dortoirs, sur cette ligne ; ils sont aménagés de la facon la plus confortable, chauffés au moyen dé tuyaux qui passent sotis chaque voiture ; ils sont munis de doubles fenêtres et‘la ventilation est excellente. Bes, passagers ont des lits à ressort, de bons mets. et des vins exquis, comme dans les hôtels de première classe. On dort aussi bien dans les chars dortoirs que dans sa chambre : les ‘légers balancements vous invitent à un doux sommeil. Dans ées chars palais, on pousse la propreté ét les prévénances jusqu’à la recher- ‘ché. Fi y a même des liarmoniums, dé soïte que 1c chant etla musique forment pour le voÿa- ‘geur un agréable passetemps. Ces chars splen- ‘“dides, que l’on peut comparer à des hétfels “ambulants coûtent de 15/4#20,000 chacuni.= … Vérs 4 heures de l'après-midi, le 6e jotit de “Marche, nous arritions à Chiéago. ‘Un étran-

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ger qui arrive aujourd'hui, dans cette ville, peut à peine voir les vestiges de l'immense conflagration qui la dévorait, il y a deux ans: tan: est grande l'énergie et l’activité du peuple américain. Chicago a actuellement les plus grands hôtels et les plus magnifiques magasins des Etats-Unis. Ici ce que l’on veut ayant tout pour un édifice, c’est la grandeur, le style, la magnificence et l'élégance, la question d'’argent n'est que secondaire. Il y a à peine 30 ans, cette ville n'avait point d'existence : elle est à présent la 4e de l’Union, sa population étant près de 400,000 âmes. La métropole de l’ouest est un des fameux centres d'industrie aux Etats.Unis. :

On y remarque des élevateurs capables de contenir douze millions de boisseaux de blé et si bien ordonnés qu’on y charge les plus grands vaisseaux en moins d’une heure ; on y voit des abattoirs dont chacun tue de 1000 à 2000 porcs en.un jour; un réseau de 17 chemins de fer qui eommunique avec chaque état; on y admire son tunnel de deux milles, sous le lac Michigan, qui fournit une eau pure et fraîche à ses habitants ; ses machines pour élever des carrés entiers de maisons, afin d’y ajouter un ou deux étages, sans cependant nuire aux affaires et au comfort de ses occupants. Chicago est sans contredit le centre du go-ahead américain. Le catholicisme y fait aussi de grands progrès, sous la jurisdiction de Mgr. Foley, qui est la ‘digne évèque du diocèse. Dans la ville seulement, on y compte 27 églises catholiques, neuf .couvents et un grand nombre d'écoles parois-

siales, dont la plupart sont sous la direction des Religieux.

On rencontre à dix-sept milles de Chicago.

une ville assez considérable, dont les habitants sont des bêtes à cornes, des cochons et des moutons. Ces animaux sont mieux traités que des milliers de pauvres créatures hnmaines dans certains quartiers de New York. Cette ville des bêtes, commeles Américains l’appellent, a des rues éclairées par le gaz, une banque, une office our le télégraphe et pour la poste, un

Journsl, etc. 118,350 résidents y trouvent leur

comfort, à savoir : 21,000 bêtes à cornes, 75,000 cochons, 22,000 moutons et 350 chevaux, La ville comprend 345 acres de terre. Deux. puits ar.ésiens de 1190 et de 1032 pieds emplissent deux étangs qui, au moyen de tuyaux, fournissent partout de l’eau en abondance. 175 à 200 hommes y sont constamment employés. (Cette entreprise coûte deux millions de piastres, Au moyen d'un chemin de fer, les animaux sont transpoités aux diverses boucheries de Chicago et des villes voisines. .

Le 6e jour du trajet, les villes de Kingston, de Brockvillset de Prescott passèrent successivement sous mes yeux, et vers midi, j'arrivais à Montréal. Je foulais encore une fois la terre

bénie du Fas-Canada. La ville de Marie m'ap-

. paraissait deux fois plus joyeuse et plus pros-

père que je la laissais en 1863. Je fus étonné à la vue des résidences princières et des en

sins superbes qui y avaient été érigé

magnifique cathédrale qui se construit et le Gésu aux peintures si bnllantes et si variées,

An mot tous les édifices religieux proclament mtemént l’esprit.de foi et de piété des catho-

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liqués de Montréal. L'antique et bonne ville

.. dé Québec me sembla gaie et rajeunie; en dix ” añs, elle a: perdu beaucoup de son aspect

suértier. La presque totalité des troupes et beaucoup dé munitions de guerre ont repris le Chemin de la mère-patrie ; des cinq portes

. qWelle avait; quatre ont disparu; des rues. ont 1646 élargies et .ornées de plantations; bref, la eité de Champlain, tout en demeurant conser-

“ärice-par son amour pour la paix et par:ses “ahciehnes traditions scientifiques et littéraires, s'est déclaré en faveur du progrès par. l’appari- ‘tion des chars urbains et de nombreux:édifices

‘à la'moderne.

Les voyageurs, après avoir traversé si rapide-

“ment le continent américain, quoique la .dis- Itänce soit de 3,300 milles, onblient bien. vite le ‘temps ou l'on employait: plusieurs. mois. à ‘parcourir le même trajet, comme .le fit Mer. larchevèque Blanchet, qui partit de Montréal ‘le.5 mai, 1838, et n’arriva à sa mission que le 24 -nevembre suivant. La distance nonsést encore marquée d’une: manière plus sensible. par .la différence du temps; ainsi quand il est midi à°

à Québec, il est huit hèures et demie dumatin: à "OMgoHiMty: “ét iol suhr alot 2 rh esstarec |

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