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voyage, je serrai une dernière fois la main à tous, parents et amis, et montai, au son de l’Anelus de-midi, sur le chemin de fer du Grandronc. . Monsieur le curé, David Martineau, voulut bien m'escorter jusqu’à ia rivière Chaudière, et là, il me souhaita, avec effusion de cœur, une bonne traversée. Les divers préparatifs de voyage à- Québec et à Montréal étant finis, et. les sanctuaïres de la. Très Sainte Vierge, dans ces deux villes ayant été visités, je m'embarquai sur le bateau qui faisait la traverse entre Montréal et St. Lambert. Dans cette dernière ville se trouvait toute la caravane qui cheminait vers l'Orégon : deux ecclésiastiques, MM. Richard et Halde et vingt-neuf religieuses, dont treize des SS.NN. de Jésus et de Marie, et les seize autres des communautés de la Providence et de Ste. Anne. Il y avait aussi dans la compagnie plusieurs canadiens qui allaient chercher fortune en Californie. . M. l'abbé Valois eut l’obligeance d'accompagner les missionnaires ‘jusqu'à New- York. Comme nous prenions les chars à St.
Lambert, on portait un cercueil ; cet aspect lugubre n’était point de nature à diminuer la tristesse du départ. Mais nous élevant sur les ailes de la Foi, nous nous dimes du fond du cœur : Celui qui aime son père, sa mère, ses frères et ses sœurs plus que Jésus n’est pas digne de lui. A ceux qui laissent tout pour le suivre, le centuple est promis dans ce monde et la vie:éternelle est assurée dans l’autre. COETT 4 Le départ avait eu lieu, le 11 juin. De 8 heures du matin à 5 heures du soir nous voyageàmes en chemin de fer jusqu’à Troy, ville de
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l'état de New-York. La journée parut longue et fatigante, enfermés que nous étions dans un seul char, avec une chaleur excessive. La ville de St. Jean, de St. Albans, de Burlington et de Rutland passèrent successivement, devant nos yeux, comme un joli panorama. :A’Troy, nous échangeèmes le chemin de fer pour le bateau à vapeur. Les bateaux, sur la rivière Hudson, sont tout-à-fait somptueux, les cloisons et les meubles sont aussi brillants et aussi polis que des miroirs. Nous n’eûmes que le temps de jeter un regard rapide sur les mille et une lumières qui scintillaient au dessus de la grande ville d’Albany, capitale de l'Etat de New-York. Rien n’est comparable aux beautés naturelles et artificielles des deux rives de l'Hudson ; et les villes et les villages semblent surgir: des deux côtés comme par enchantement.
A midi, le lendemain, le majestueux bateau fit son entrée dans le port de New-York. Il fallait voir les têtes s'allonger, les yeux s'agrandir pour admirer quelques-unes des beautés de l'immense cité, à mesure que le vapeur longeait. les quais. Tout-à-coup, nous aperçümes le Grand-Vicaire Brouillet, le futur
ide de la caravane vers l'Orégon, assis sur un
aril de farine et prêt à nous recevoir au débarcadère. : Il nous fit loger à l'hôtel du Pacifique. Nous n'avions que vingt quatre heures d'arrêt à New-York, avant de nous embarquer : pour l’isthme de Nicaragua ; aussinous nous hâtâmes de visiter les Eglises catholiques, les édifices publics et les hôtels construits pour la plupart en marbre blanc, surtout ceux que l’on remarque