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sur la Grande Rue. Ce fut une agréable nouvelle-pour nous d’apprendte qu'un tiers de la population de la ville de New-York est catholique et qu’il en est ainsi dans presque toutes les villes des Etats-[nis. cer À
Le jour suivant, 13 juin, le vapeur America partait à l'heure de midi avec plusieurs centaines de passagers de cabine et un plus grand nombre de l’entrepont. Oh! comme il était touchant de voir le quai-enacombré de personnes, parents et amis. des voyageurs, mouvant leurs têtes, leurs mains et leus mouchoirs en signe d'adieu, tandisque le Steamer s’éloignait rapidement. Il va sans dire, qu'aussitôt en pleine mér, le mal de mer commença à s'emparer de plusieurs d’entre nous, et il leur fallut de suite s'exécnter, ot payer le tribut ordinaire à Neptune. Quand l'estomac fut débarrassé du diner, les malades se sentirent plus légers et moins mal à l'aise. Le temps était magnifique, l'Océan Atlantique paraissait comme une glace, et le vapeur, ayec son précieux fardeau, voguait avec rapidité sar la plaine liquide. |
Le Dimanche nous eùmes la messe basse célébrée, sur le pont, par le grand vicaire Brouillet, assisté d’un prêtre qui veilla de près le calice pour ne pas le laisser renverser par les balancements dé mavire. Les ecclésiastiques et les religieuses formèrent un demi-cercle autour.de l'autel improvisé et eurent le bonheur de recevoir la sainte communion. Oh! comme la joie la plus pure rayonnait.sur toutes les figures, et combien elles furent ferventes les prières faites afin d'obtenir uneheurenseitraversée! En même
temps, parents, bienfaiteurs et amis n'étaient point oubliés ; et chacun d'eux dut avoir un pieux meinento 2 Ress
Toutes les fois que le temps était calme, les sœurs rassemblées sur le pont, après un brillant coucher du soleil, chantaient en commun des hymnes et des cantiques; et les passagers, pour la plupart protestants, admiraient la douce harmonie de ces belles chansons, comme ils les appelaient. Puis, chaque jour suivant, ils demandaient avec empressement si les chants auraient encore lieu, tant ils y prenaient intérêt. IL faut avouer que les Américains sont passionnés pour le chant et la musique.
Le voyage fut très agréable pendant une semaine; mais lorsque nous entrâmes dans la mer des Caraïbes, les vagues s’amoncelaient et s’élevaient comme des montagnes. Ce fut alors que, durant quatre jours, ceux qui avaient tenu bon contre le mal de mer se virent obligés de rester cioués à leur lit, dans la cabine, faisant la diète aux biscuits et à l'eau. Nous étions entre les Iles Cuba.et Jamaïque quand l’essieu principal se brisa, ce qui occasionna un-retard de quatre ou cinq heures. Les passagers qui n’avaient pas appris à temps la cause de l'accident, s’alarmèrent un instant, mais. leurs craintes furent bieutôt dissipées lorsqu'ils surent que les forgerons du bord terminaient déjà leur travail de réparation. :
La guerre civile qui désolait le Nord et le Sud des. Etats-Unis était alors à son. apogée. On appréhendait beaucoup à bord qu'une croisière confédérée ne vint piller le trésor et la