‹ Dix ans sur la côte du Pacifique [microforme]Chapitre 9 sur 23 · UD DE: L'ORÉGON · texte numérisé non relu

UD DE: L'ORÉGON

Quiconque à entendu les récits de certains voyageurs revenus.de l’'Orégon «et dela. Californie, peut imaginer les idées:que j'avais du caractère.propre des gens avec lesquels je devais désormais avoir affaire. On les avait peints comme grossier, sans frein, nomade, généreux tout en ayant l'œil à Pargent..: C’est avec ces impressions que je me rendis de Portland. (distance de 100 lieues) au sud de l’Orégon, c’est-àdire au vaste champ de mes travaux futurs.*Je dois cependant à la vérité de déclarer que les faits ont été loin de corroborer mes prévisions. Pendant dix années passées en Orégon et sur les confins de la Californie, j'ai toujonrs trouvé les gens aussi civils et. aussi sociales que, les habitants du Canada ; ils les surpassent en activité et les :égalent au moins en. libéralité, Par exemple; le clergé et les religieuses voyagentsur les bateaux, sur les chemins de fer, ou dans la diligence, àgmoitié prix, * souyent même gratis. Partout, ils sent l'objet de la courtoisie et.de la politesse ‘des ..Américains, dont uu.grand nombre est sans préjugés. Je.ne-parle pas des bigots, . parmi les séctaires ; leyux métier,est d’être impoli etintolérant. Ily en a deux fois plus.de ces derniers en Orégon qu'en Californie.

C'était le 23 novembre 1863 que je prenais possession de la mission de Jacksonville. La chapelle était petite, ainsi que l'assemblée qui s'y: réunis: ait pour l'office public. La mission du Sud de lOrégon :omprend 200 :milies de longueur sur 150 de iargeur/ Comme .on le voit, cela ferait un vaste diocèse. ‘On dévine aisément combien le missionnaire doit être voyageur, lorsqu'il a ordinairement à pareourir mille milles, dans l’espace d’une-année, s’il veut visiter deux fois ses btebis dispersées.

Dans une semaine, le missionnaire pareourait une fois deux cent: soixante-quatorze ‘milles pour aller administrer deux malades à la dernière extrémité. .

Voici quelques détails sur la mission Jacksonville:: la principale ville du Sud de lOrégon-est incorporée ; elle est aussi le chef-lieu du comté de Jackson ; élle est située sur les bords "d’une belle vallée et au centre d’un district riche‘en mines, en bestiaux et en produits agricoles. Sa population est de plus de 1,000 âmes, le reste du comté en compte 6 ou 7,000. 11 yra: deux Eglises à Jacksonville, l'Eglise Catholique et le temple protestant, et en outre, plusieurs écoles, entre autre l'Académie de Ste. Marie, pour les filles, sous la direction de quatre religieuses, des SS. NN de Jésus et de Marie. De riches marchands, des avocats, des euvriers même ont des résidences et des boutiques très-belles.

Deux journaux se publient à Jacksonville, chacun suivant les couleurs politiques de son’parti.

Il y'a seize: ans, il'était bien peu fait mention de la religion catholique dans ces parages : point

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de Prêtre, point d'Eglise, mais seulement un petit noyau de Catholiques. : Quelques Prêtres de: l'Orégon et de la Californie visitètent en passant le jeune village de Jacksonville et ad- * münistrèrent les sacrements à ceux qui s'y trouvâient. Mgr. l'Archevêèque Blanchet, en 1858 et en 1860, évangelisa aussi cette colonie en qualité de simple missionnaire. : En 1858, sous la direction de Sa Grâce, les Très-Révd. Messire Croke, maintenant . Vicaire-Général! de San Francisco, érigea la présente petite Eglise, sous le vocable de St. Joseph. Quoique modeste, elle:est tenue dans une grande propreté. Les jours de fête, quand elle revêt ses beaux habits, elle est: la gloire des Catholiques, et les protestants l’appellent un joli théâtre. TH IMOT ,

Le Révd. Messire Fierens, en ce moment, Grrand-Vicaire et curé de Portland, admimistra la paroisse de St. Joseph, tout près-de deux ans et tous les anciens paroiïssiens se rappellent son zèle et sa piété,

Dans l’automne de 1863, j'en fus nommé le second pasteur. En 1864, à 70 milles, au sud-ouest de Jacksonvile, sur les confins de l'Orégon et de la Californie, quelques dizaines de colons érigèrent une chapelle en l'honneur deSt. Patrice, elle coûts 1400 piastres aux dévoués enfants de la Verte Erin et du Canada, Le missionnaire va visiter ces bons colons quatre ou cinq fois par an. Secondé des citoyens cathéliques et protestants, je fis venir dé Montréal, ‘aux : frais de six cents piastres en or, quatré Sœurs :des SS. NN. de Jésus :et de Matie, qui fondèrent à Jacksonville, en 1865, l'académie des filles, dans

AU su

le plus beau site de la ville. En 1864, il n'y avait que vingt-deux communions pascales à , Jacksonville, grâces aux bons exemples des Religieuses et à léurs conseils édifiants ; à l’apostolat de la Prière et aux associés de la Propagation de la Foi ; encore, à la bibliothèque paroissiale; qui circule presqu'autant parmi les protants que parmi les catholiques ; enfin, à des retraites, données de temps à autres, par des Jésuites, éminents par leur science et leur zèle, lernombre des Pâques monta en 1872 à 106. Il y peu d’assemblées religieuses, même dans les'pays les plus catholiques, qui puissent surpasser en véritable piété, les petits troupeaux des fidèles, dispersés cret là dans l'Orégon. Leur conduite est si édifiante qu’elle ramène graduellement les tièdes à la pratique de leurs devoirs: Cinquante enfants environ fréquentent le catéchisme, tous les Dimanches.de l’année. Deux jolies feuilles illustrées, publiées dans leursintérêts, leur sont distribuées deux fois le mois, et ne contribuent pas peu à les attirer. Les archives donnent à Jacksonville, depuis 1853,:33 maridges, 59 sépultures et au-delà de 300 baptêmes. Plus de cinquante protestants sont devenus catholiques. Les membres de l'Eglise, quoique généralement peu favorisés de la fortune, sont d’une générosité admirable et font leurseffoxts, pour adoucir lesmisères du Pasteur. En 1867 et en 1872, Mgr. l'Archeyêque Blanchet visita de nouveau la’ partie sud de son grand diocèse, pour y donner la confirmation ; Sa Grandeur témoigné beaucoup de satisfaction et complimenta le mis-

sionnaire et le troupeau, ‘* :

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