‹ Dix dissertations sur quelques points curieux de l'histoire de ..., Volume 2Chapitre 35 sur 55 · II · texte numérisé non relu

II

Pet. in-P. 193 f., pap., écrit, du 15* siècle.

TEAITÉ SUR LES 6UBREBS DBS ANOLOIS EN FRANCE.

Commencement :

« Pour ce que plusieurs, à la relacion d'aultruy, sans avoir certaine cognoissance de la vérité des matières, ou à l'apetit des parties, ausquels ilz sont plus affectionnez, parlent de plusieurs questions et des desbats qui jà par long temps ont esté et encores durent entre les roys et royaumes de France et d'Angleterre tant à cause des droiz pretenduz et que chacune desdites parties querele et maintient avoir à la couronne et totalité dudit royaume de France, comme

en aucunes provinces et seigneuries particulières d*i celluy et pareillement au fait de la rompture des tre?es, que fut Tan U49, soubz ombre et confiance desquelles les Anglois se dîent avoir perdu et leur avoir esté offert par le feu roy Charles le septiesme les duchez de Normandie et de Guyenne avec aultres terres et seigneuries qu'ils tenoyent et possedoient en diverses parties oudit royaume; et parceque la vérité desdites matières n'est pas à tous congnue. . » . L'auteur de ce présent traité a voulu ci-dessoubz declairer, décrire et insérer tout ce qu'il a peu voir et congnoistre et entendre véritablement des choses dessusdites, soy fondant es anciennes croniques et histoires de France et d'Angleterre et lettres aussi authentiques etenseignemens vallables servans ausdites matières. ..i»

Ce traité, qui s'étend jusqu'au f. 93 inclusivement, finit par le paragraphe d'une Instruction faite Van \hd2 en février pour messeign. les ducs de Berry et de Bourgongne et ceulx que le roy envoyé au pays de Picardie pour traicter avecques les ducz de Lanclastre et de Claucestre et autres de la partie d'Angleterre :

« Item, soient baillées par déclaration aucuns (l<s principaux attemptaz qui ont esté faiz en Guyenne et es parties d'environ depuis deux ou trois ans, mesmoment des villes et chasteaux qui ont esté prins et desquels aucuns sont encores détenus de la partie d'Angleterre.»

On trouve ensuite une chronique divisée par petits chapitres jusqu'au f. 143 inclusivement.

(t GUEERB RENOUVELLÉE CONTRE AnGLOIS. En l'an

1406, pourchassa tant le duc de Bourgongne que de libéré fut, le roy en son conseil, de la guerre recomroancer contre Anglois, qui soubz trêves estoit par long temps cessée »

Fin du dernier chap. intitulé : Siège mis devant Jargueau par le duc d^Alençon et la Pucelle :

«... Et soit chose cogneue à tous que, es assaulx et prinses tant des bastilles devant Orléans et des tournelles du pont comme de la ville et pont de Jargueau, furent mors plus de 1200 hommes de la partie des Anglois. Et, cellui jour, vindrent le duc d'Alençon et la Pucelle à Orléans où receus furent à grand joye, et illec se reffreschirent. »

Autre chronique jusqu'à la fin du MS. , laquelle commence ainsi :

« Monseigneur Loys duc d'Orléans, voulant en sa propre personne conformer les confederacions par avant parlées avec le duc de Guelres, très-preux chevalier en armes, s'en alla accompagné de mil et cinq cens combattans jusques en la ville de Mouson en gardant la manière ou coustume des Almans, et comme ledit monseigneur d'Orléans sceul iceluy duc de Guelres venir en ce mesme appareil. . . »

Fin du dernier chap. intitulé : Des choses qui furent faictes par avant le traictié proposé entre les dues d'Orléans et de Bourgongne :

«... Laquelle chose rapportée audit conte de Haynau, il reffusa, monstrant par plusieurs moiens que ce seroit ou reproche perpétuel de lui et des siens lesquelz il affermoit avoir jusques à présent.

« Ce livre est à Jehan Budé conseiller du roy et

audiencier de France. Fait le 31 jour de décembre 1496. J. BUDÉ. »

La Bibl. hiêU de la Fr, ne cite pas cet im[)ortant traité historique qui parait autographe. L'auteur, Jean Budé, était le père du fameux Guillaume Budé, bibliothécaire de François I*'.

In-f>. 190 f., pap., belle écrit, du 16* siècle (incomplet du 24** chant, et d'une partie du 23*).

l'enfer du dantb, translaté en vers français. Commencement :

Ou millieu du chemin de la vie présente, Me retrouvay parmy une forest obscure Où m*estoye esgaré hors de la droicte sente.

Ha I combien ce seroit à dire chose dure.

De ceste ibrest, tant aspre, forte et sauvaige, Qu^en y pensant, ma paour renouvelle et me dure I Tant amere est que mort Test bien peu davantaigel Mais pour traicter du bien qu'en ce lieu je trouvay, D*au1tres choses diray dont je m'y suis fait saige. Je ne scay bien redire en quel sorte y entray. ..

Oq peut présumer que le traducteur est François Bergaigne, qui entreprit de traduire le Dante à la requête de ramiralGuillaume deGouflEier,sousle règne de François!*'; la troisième partie de son travail, le Paradis, se trouvait, aussi manuscrite et exécutée en lettres rondes sur vélin, dans la célèbre bibliothèque

de Gaignat. Cette traduction, quoique antérieure à celle de Grangîer (jPam, 1596-97, 3 vol. in-i2), vaut beaucoup mieui, et se recommande par son exacti- Inde autant que par la couleur dantesque du style. Il est étonnant que le poème du Dante, qui ayait une si éclatante popularité en Italie, n*ait pas pénétré plus tôt en France par traduction ou imitation.

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