BIBUOTHÈQUE DE 8AI1IT-MARG
Cette célèbre bibliothèque n'a pas encore un bon catalogue imprimé de ses 5500 manuscrits; celui que Zanetti et Bengiovanni ont publié en 1740-41 ( Grœea, latina et italica D, Marci biblioiheca codicum manuscripîorum, 2 vol. in-foL)vaut mieux sans doute que la notice sommaire des bibliothèques de Venise , recueillie par Montfaucon ( t. i , p. 467 à 484); mais Tabbé Morelli avait jugé que ce Catalogue était à refaire entièrement, et il donna le spécimen d'un nouveau, dans un premier volume qui n'a été suivi d'aucun autre {Biblioiheca manuscripta grœca et latina, Bassano, 1802, grand in-8''). Aujourd'hui, le savant bibliothécaire, qui a catalogué avec soin tous les manuscrits entrés à la bibliothèque de Saint-Marc depuis la révolution de 1797 et la suppression des couvons, serait plus que personne capable de rédiger un catalogue général , plus complet et plus exact que les précédons. t
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Je me suis arrêté de préférence aux MSS. français, si mal décrits par Zanetti à la fin de son second Yolume, et si souvent désignés à Fattention des philologues , comme renfermant les plus anciens et les plus précieux monumens de notre langue. Ces manuscrits, légués à la bibliothèque de Saint-Marc par Jean-Baptiste Recanati, appartenaient auparavant à la maison de Gonzague , qui les avait apportés de France lorsqu'elle quitta son duché de Nevers pour la principauté de Mantoue ; ils sont toujours classés sous les numéros que leur a donnés le Catalogue de Zanetti.
J'ai examiné aussi les manuscrits qui composent le Supplément et qui proviennent des bibliothèques particulières de quelques maisons nobles vénitiennes, et de celles des couvens supprimés. Le Catalogue manuscrit est disposé dans le même ordre que le Catalogue imprimé , mais sous un numérotage diffèrent. J'ai été surpris de ne trouver aucun manuscrit de la Conquête de ConetarUinople, par Villehardouin, à l'exception d'une copie^ in^fol., pap., écrit, du seizième siècle, qui , surchargée de notes et de corrections, semble avoir servi k l'impression des premières feuilles de cet ouvrage, faite k Venise vers 1570. J'espérais découvrir aussi quelques historiens inédits des Croisades dans cette bibliothèque , qui a fourni au recueil de Bongars le Liber sécrétarum fidelium Cruciê, par Marino Sanuti Torselli; mais j'ai appris que les documens qui pouvaient concerner les guerres de la Terre-Sainte étaient conservés aux Archives de la République, cet immense dépôt de pièces où l'historien n'a pas encore pénétré.
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Enfin, je regrette surtout de n'avoir pas retrouvé le MS. autographe de Jérôme Borgio (Hisioriarum de hellii italicis ah 1494 ad anwiêm 1541 Hhri xviii), qui a passé dans les Archives impériales de Vienne, con ordine del governo.
CATAL. IMPR. BfSS. FRANC.
Gr. ia-i"". 57 f. pap. à longues lignes, douze distiques à la page, écrit, du 14^ siècle.
Intitulé dans le Catalogue :
SEIfTBNZB IN VBRSl PROVBNÇALI DI GUOLlBLIfO DI CBRVBIRA.
Commencement :
Sitôt letra no say Eu Guyiem de Gerveyra, Aïs plans comenseray, plan*obra en cadeyia.
Mas no m* conexeran, jes ne m'entendra be, Gan mon nom ausiran neMs sovendra de me.
Fin:
Gar tal fuez altruy co fay per lo que agia Dos tans o may de luy, no per amor qe*l agia.
E la donzeyia cuy det un burgues veyl desebre Ab servir, mas guardet s*cn, lo veyl ab recebrc.
Ces distiques ont une double rime à Thémistichc
du vers; d'autres Sentences en pelils vers commencent au feuillet 53 :
Si voleU dir de vi
Ne fal mal atretsi,
L*aygua podets ater
No ut pora dan tener...
Fin:
Lo men en peradii Prêt lot tanlt jutlt etit, E d*ayto dre juiian Per dreyt en Aqaeylao.
Ce troubadour n'est pas même nommé dans V Histoire de$ Troubadours par Tabbé Millot, et ses Sentences ne se trouvent pas dans les recueils de M. Raynouard.
In-P. 93 f. vél., à deux coi. de 50 vers chacune , lett. ornées et en couleurs , écrit, du 13'' siècle.
BOHAIIS D'ASPRBMOUT bt db boncbvaox.
( RoHCivaiU , comme il est écrit au verso de la première garde du MS.)
Commencement à'Asfremoni :
Ghi toit entendre toire çançon De Aagulaot e de Heumon, Ne doit pat ettre mal bricoo, Ne malditent de nul prodon, Mener mençogoe ne triceton :
S*el Yolt enprendre cette çançon , Asa U trova bon termon ,
Exempli li suDt à iprant fuyson.
Ore se comence U rayson
Gum Agulant coronoit Heumon ,
E si cum Karlo poia AipremoD,
E de Girart le BergognoD,
Li meudre duch que causa esperon ,
Jà de sa jeste ne se dich se ben non.
Cornent Agulant tenait sa cor, Grant cort tenoit li fort rois Agulant, Enç en Afriqe sor son paies plus grant, Assemblé oit ses homes e sa jant...
Fio:
E ci finist, qe plus vos ne diron, E Dame-Deu li face ver pardon I Explicit romanui Â$premonti$ :
Dec grattas et toti curie celesti.
Atnen.
Commencement deRoncevaux, fol. 69.
Cfai Yoil oTr vere significance,
A San-Denis ert une geste en France...
Fin:
« Baron, dist Garlo, or ai quant (que) je voil, Quant celui ai destrut qui m*a toUu Torgoil , RoUant e Olivier par cui repolser soil, Li doç pers de Firince (sic) mist en si malle voil , Portant cum je mes nés ne yeizi mi oil.
Par lui conquis e Rome e Silal maroil :
Là asis à columbe oit les carboncles à soil, Dont ben voit la clareté e li lusoil , Dos grant leues jusque la val d*Esidoil. »
Bxplicit liber totiuê romani Roncivallis.
Deo gra ci as. amen»
In-4^ 101 f. vél. à longues lignes, de 34 vers à la page , en strophes de 24 è 28 vers sur une seule rime; écrit, du 14* siècle.
mOMAK Ml RONCTVAUX.
(Caroii magiû tomanus, comme on lit aa terso dé !a première g>fde.)
G)nimencenient :
€um fu la sbart otcv«r|e, U vttikmt roi lômbart S'en i$$i primerain $onr un d^triêf lUtrt^ La lance paornoianu con un vU de liopart, E consul due Herbert qe n^estoit mie coart, ., Cuiiin germein ettoii de Naime$ le veilart.
Vestu e Taubers li fause, con cuer par mi li part, Mort Tabat mantinant doa bay de Danemart :
Pues a ireite Tatpée, com fraii home e gailart, E tuelt le cief aux autre, e pues dit : o Ghil le gart, » Bertram le Geuevois e Rimbert e Ricart, » Lamberz e Aimeri , Floran , Poilcber e Buicart.. . n
Fin:
I>è feu pouHémiHiout plus dataiate e mesprise ; MèS) avant ToBCurour, furent à tiel juite, Gbe celte gent paine fu trencée e oueise, Et la irille tobée e destruite e naomite.
Deo §ràtiatt amen.
Sur la garde suivante, on lit :
Sequitur Roncivalum.
In-f\ 69 f. vél. à deux cd. de 47 vers chacune, lett. ornées, écrit, des 13« et 14* siècles.
LA PASBIOR NOSTRB 8BI0N0B.
ROMAN DB BORCBVAUX.
( On lit ati Verto de la pr«niièr« garda : RomcitvalU^ psla Carlo magno e délia batagUa che/U in Àtpramontê : daljinê si eomprende tutto § quando queàto codie$/ù êCrittoJ)
Commencement de la Passion :
Après la Passe (Pâques), quand ibesat dure paine
Doul e travaille sel por la jens humaine,
Por DOS garir da li diables maine :
Li rois Jhesus ses disciples amaine
Dedenç uns ort, dont la flor fu saine ;
Ghe bien savoit e cbonuit por certaine,
Cbe eisir i convint de ceste vie terraine,
A ses disciples en dist li rois sopraine :
vHore apropinquant: cbe cel or sont proçaine I
Gbi moi traira?» Petrus parle autaine:
« N'en toi doter, tan n'en ai foible vaioe ;
Si omnes te reUnquent por durer mors estraîne,
Non te reUnquan I Ay Jbesus Naçaraine I »
Jbesus respond e tint li ceu en bais ,
Quand il oit de Petnis le bubais...
Fin:
Quand le venir fu rendue à Longins»
Envers Jbesus oit feit un biel enclins, E puis oit dit: «Gest bom non fu terrina, Verè filiut Dei erat, Jhesus, doas roi divins, Gbe avons si mort por ire et por ustins t »
Puis se eDgenoille, si soi dame lapins, Desbat son pic, et soi apelle frarins, Pardon demande, Jhesu li rend mercins ; Ghe à nos le rend, quand nos Tenrons à fins, E sî nos condue aul règne celestins, Celui de glorie chi confundi Ghains.
Deo gratias, amen.
Ce poème de la Passion finit au recto du feuillet 4. Commencement de Roncevaux :
Qui Toyt entendre Yoyrecançon De Agulant et de Heamon, N'en doit pays estre mal bricon.
Mener men cogne ne trayson ; Ma Toyt entendre senç tençon, Asay li trove bon sermon.
Et exempli li sont à gran fuison.
Or se comence la trayson De rois AguUant li SclaYon, Gom il corona son filç Heumon, E si cum Karll poia in Aspremon, Et de Girart d*Aufrate li Bergognon, Li meudre duc chi cauças esperon, Li quai fu filç del rice dux Boson, Jà de sa geste ne se dis se bien non ; Mais en sa vie n'en oit retracion Me reproce de malvaxi acaison ; Or layrum de luy e de Karllon , Ghe in avant asa vos conteron :
Si vos dirun de AguUant li Sclavon, Et de Ballant e de li rois Sinagon, De Asperant e deu roys Amargon, Por quai manere vinrent in Aspremon.
Gran cort tient li fort rois AguUant, Enç en Afriche sur son palais plus grant ; Âsemblé avoit ses homes et sa jant...
Fin:
Quanté vois ai de A. et de Heumon, E de K. el Maine, à la fere façon, E de G. li filç al duc Boixon, E de la bataille cbi fu en Aspremon.
Geste li fu de mante région; L*aYant-garde del emperer Karllon, CLX mil furent li compaignon, Vil rois li oit, et Xll duchi por non, XV mil furent al orial dragon* L'enseigne K. à Ture porta Fagon, Grand honor *noit TimpererKarllon, D'ambedos part en fu, cum nos trovon, N*en torna mie la moite à maison, Cbi ilà plaça avent los guierdon, A Ture andarent aquerir li Deus pardon.
D*ure in avant si finis la çançon, Ghe ci finis cbe plus ne v*en canton, E f u à XX de juni d'escrir feni il son, In MGGLXXI exemple el son.
Fini est li libre, Jhesu merci en ton.
Deo gratias, amen.
Ce roman esl à peu près le même que celui coté n» IV, mais il finit différemment, et, outre les variantes de mots el d'orthographe, on a intercalé de nouveaux vers dans le proesme. Dans ce manuscrit , les chapitres ne sont pas divisés par des sommaires , et le texte , moins ancien et surtout moins correct, offre une quantité de vers faux ou altérés, qui dé-
rivent de rignorance du copiste, et qui prouveraient que cette chanson de Roncevaux s'était perpétuée par tradition en passant de bouche en bouche.
Iu-4'. 140 f. vél. à longues lignes , 35 vers à la page» lett. ornées, écrit, du 14* siècle.
BATAILU DK BONCBVAUX.
(Sur la garde du M3. Roncisuale , romanxo.)
G)nimencement :
Karle li rois à la barbe grifaigne.
Set aoz toz pleins a esté en Espaigne, Gonquist la terre jusqu'à la mer alteigne, En maint estom fu veu sa ensaigne ; Ne trove bore ni cbastel, qu*il n*en praigne, Ne mur tant hait q*à la terre n'enfraigne , Cité n'i a qi contre lui se taigne, Fors Saragoze au chief d'une montaigne :
Là est Marsille qi la loi Deu n'en daigne, Mahomet sert, moût fait folle gaagne, Ne puet durer qe Karles ne Tataigne, Car il n'a home de lui fuir se faigne Fors Gucnelon, q'il trahi par engaigne :
Jamèa n'iert jorn qe France ne s'en plaigne.
Fin :
Quand Quenellon fu à dolor livrez, Grand joie en fu par tote la citez:
Karle li rois, à Monleon tomez, Sus en la salle del paies est montez,
Tôt ses barons a devant lai mandei,
Huit bellement les a araisonez»
E doucement les a toz acolez : ^
Congié demandent, e il lor a donez ;
Li rois sospire, de Reliant s'est menbrezt
Cil 8*en tornenty avalent les degrez,
Gharle remest dolans e abosmes :
Ghascuns s*en est en son règne intrez.
Ce roman paraît analogue à la copie que possède la Bibliothèque du Roi, fonds de SuppL, n^ 254. C'est, à peu de chose près, le même roman que M. Monin a analysé dans une dissertation à TEcole normale, et que M. Francisque Michel a publié d'après un MS. de la bibl. Bodléienne à Oiford ; mais ce dernier, qui est beaucoup plus ancien , n'a que deux mille vers environ, tandis que celui-ci en a six mille.
In-4°. 102 f. vél. à longues lignes, 39 vers a la page» lett. ornées» écrit, du Id"" siècle.
Intitulé dans le Catalogue :
ÔCILHBH D*ALICA1ITB.
(On lit sur la garde : La battaglia ditl conte G. (TAliseam.)
Commencement :
A cel jorn qe la dulor fa granc, E la bataile fu faite en Aliscanc, U li cens Guiel* soffri molt grant banc ; Bien i feri li palatin Bertranc, Sandin li brun, e Guiçard lo vailanc, Girard de Biais, Gautier le Tolosanc,
Hernaut de Santés, Heret de Mielanc ; Sor toz les antres i feri ViviaDc, En trente leus fa roç se jaceranc, Ses ecns frait e se eames lasanc, Set plages ot parmi endos les flancs, Oc la mener fust mort an elemaos ; Molt ha occis des Tarç e des Persanç , Mais ne li Tait la moite de dos ganç , Qar cent en ist des neç e des calanç, E des dramons e des escoiz coranç. . .
Fin :
E rarceyesches a sa contesse (sic) rayson contée : « Sire, conseil senz nulle demorée , Vos convint eve beneoite e sacrée, PorXXm. homes batecen à ondée. »
— «Dame, dit rarcevesches, faitiertvostre pensée.» Croye e procesions ont molt tost ordinée, E sont venu enscemble, soç Orence la prée , À une eve corant : si Ta régénérée ; L'eve sana son cors, c*est miracle mostrée, En Teve beneoite en sont la jenç entrée , Iloec fil baticée e de cresme arosée.
Dà gras, am.
La ÛD de ce roman ( qui est une des branches de celui de Guillaume au court nez ) manque dans le MS. moins ancien de la Bibl. du Roi.
In-f\ 73 f. vél. à deux col. de 34 vers chacune, miniatures grossières et lett. ornées, écrit, du 13* siècle.
Intitulé dans le Catalogue :
PARTE DBL ROKAlfZO IN PR09À DB* CÀTÂLIBRI DBLLA TÀYOLA BOTUITDA.
(On lit , sar le hant du premier f millet , cette note écrite dans le dernier siècle : Questo a me sembra il secundo tomo di Laneelot du Lac. )
C'est la deuxième partie du roman de Giron le Courtois, par Hélie de fiorron ou Rusticien de Pise.
Commencement :
« En ceste partie, dit li contes, qe puis que li rois Meliadus se fu aconpaingnés au chevalier qu*ayoit à fille Sain, ensinc cou li contes a jà devises sa ariere, cil furent anbendui venus à la maison de religion, dont je vos ai jà parlé; il furent leens recheu si onoréement, cou li sire lé porent recevore. E quant il fu ore de coucher, il se couchèrent por eus reposer. Mes H chevalier qui s'estoit ancui aconpaignés, quant il ot auques regardé son grant cors et sa boue faissons, dit assoi-meimes q*il ne poroit estre qe li chevalier ou cuiil est aconpaingnés ne soit home de valor, car trop resemble bien prudom, selonc le corsaje q'il a. Quant il ot celle nuit pensé grand piecce à le périlleuse aventure où il s'estoit mis, il s'endormi en tel manière, » etc.
Fin :
« Certes, biau sire, fet Giron, tout otroie-je bien que Danam le ros est si bon chevalier de son cors qu'à paine poroit l'en orendrois trover en tout li monde un auccest buon chevalier : mes certes, s'il estoit trop encore meillor chevalier qu'il n'est, r'est-il mistier, se
Dex me salt,qe je fâche tout mon pootr, se je le tr uis, de remener celle ù q. dangaie. qu'il me tet.
Finiio libro, gratta hàbhia Xrô. »
Le copiste de ce manuscrit était sans doute Italien ou Provençal, quoique le français en soit assez bon.
Iii-4*. 59 f. vél. à longues lignes , de 36 vers à la page , lett. peintes et ornées , écrit, (la 13' siècle.
«01 DB NÀNTOiL , roman (TVgon de Villeneuve.
(On lit »ur le rerto de la garde : Picsdi romamtg.)
Commencement :
Àh cet dos t6D8 e gai che la ros« est Ûurise, L'erbecte punsent, arboreut reTerdise , He ioseus cant* dolce por boit e por larise ; Allor retorne amor cbascuns en sua franchise. Chi est son droit servent, de bon are, ses fallise ; Car amor ne rechert rens for che gentilize, Ne se po se fier prisire chi d*& lui faite durise, E chi socjo tel sire ne mantent drudarise, Car de tucte verto se est amor la raïse En doner, en proccce» en mantes justise.
Le vallecte de Nantol, de ce bene apprise, Sacçe fo, e cortois, e meis D*am* avarise ÀDSçoit des sa corie e catie e ravise Largit« for per lui e pruecce acchise, Dructure e mantenute saoç pont de gaberisc, Di valer de Deo fon a onor de sant glise...
Fin:
Qelle nuit lo laissirent jusqe la maitinée,
La pas ont otriée, quite e acordéc ;
A TAmiraDt dal Coyne cristientô donée,
E tote sa masnee batiza e lavée,
Davant lo roi de France, a sa femme espos(:c;
Gui pris Aigl't qui tant jors a amée,
Grant noces i ont fet soz Nantoil en la prée.-
Ses frère baisa Gui, dur'est la desevréc,
Dame Aye d*Avignon gist à terre pasmée
E Ganor la redrise, qui Ta reconfortée ;
La masnée Ganor en est as nef alée,
YI ont drisé lor sigle, si ont lor velle levée,
£ zascuns des barons s'en va en sa contrée,
Ueç les qui mort i furent e la noise obiiée ;
Charles vint à Paris. La çaisons est finée,
Dex vos gariscbe toz que Tavez escoltée
Por ce qe miels en seit qe Ta zantée.
Fauchet fait mention de ce loman au liv. 2 de V Origine de la poésie française, et M. Raynouard , t. II, p. 30tJ du Choix des poésies originales des Troubadours, cite plusieurs passages qui font mention du roman de Gui de Nanloil en provençal. Celui-ci est un mélange des langues d'oil et d'oc, bien différent de la version du même roman que possède la Bibliothèque du Roi, sous le ii" 7889 «.
Pet. in-f\ 74 f. vél. à deux col. de 32 lignes chacune , miniatures grossières , écrit, du 14* siècle.