‹ Dix égloguesChapitre 12 sur 28 · LE BRACONNIER · texte numérisé non relu

LE BRACONNIER

Qu'importe la richesse au pauvre braconnier ! Pourvu que dans les bois il se fraie un sentier; A travers les taillis, les fourrés, les broussailles. Qu'il place ses collets sur les vertes semailles.

WZ EGLOGUES.

Et que ce chien muet, qui vaut mieux que son prix, Rapporte le lapin, le lièvre, La perdrix,

Ou la caille, aussi grasse et plus tendre qu'une oie ;

in râle de genêts me fait mourir de joie.

Dans mes veines bouillonne un sang de graml veaeur,

Comme si , dans les temps , j'avais été seigneur.

Sans doute le hasard a mâtiné ma race;

J'ai sous mon vilain poil un flair de chien de chasse.

Je me plais dans le froid, la pluie et le brouillard;

Plus fin, plus patient, plus leste qu'un renard.

Les plaisirs les plus vifs s'achètent par des peines ; Quand après des guignons, j'ai de lionnes aubaines, Lorsque mon chien aboie à. mon carnier rempli De quelque boa gibier, par quelque gros délit, Je trouve à la maison, de la toile bien sèche, Un verre de vin pur, une femme revêche, Qui prendrait tout mon gain, de la plaine et du bois. Je lui donne sa part; le reste», je le bois Àvecqui bon semble, en bonne compagnie D'ivrognes et de gueux, sans souffrir d'avanie Du plus fort, serait-il aussi fort qu'une tour;

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