‹ Dix-huit ans chez les sauvages [microforme]Chapitre 58 sur 100 · PIS NET · texte numérisé non relu

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reconnus que la vie s’était retirée vers le cœur.

Je questionnai le père et je fus convaincu que le manque de respiration résultait d’une trop grande quantité de fruits du pays que l'enfant avait mangés.

Alors je lui ouvris la bouche et j'y soufflai à différentes reprises.

Quelques instants après les poumons étaient remis en mouvement. L'enfant vomit..….. ouvrit enfin les yeux et demanda à boire.

Il était vrrfaitement guéri.

Et les s. : iges de s’écrier : Miracle, il donne la vie aux morts, »

L'histoire rapporte que Christophe Colomb, se trouvant au milieu d’une tribu sauvage qui menaçait d’être hostile, la menaça à son tour de faire disparaître le soleil.

Colomb savait qu’à cetle heure-là une éclipse devait avoir lieu, et combienelle devait durer.

Les sauvages, à l’aspect de l’astre obscurci, se croyant menacés de la colère céleste, tombèrent aux genoux de l'étranger qui leur garantit de le faire reparaître s'ils se soumettaient.

Les sauvages prosternés promirent, et tout à coup l’astre des cieux rayonna.

Colomb alors fut regardé comme un prophète.

Que de fois les circonstances ont forcé le missionnaire de jouer le rôle de prophète.

Les sauvages, en le quittant l’automne, lui demandaient :

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— Fera-t-il froid cet hiver ?

— Certainement il fera froid, leur répondait-il sans crainte de se tromper dans une contrée où trois mois de l’année le thermomètre varie de 35 à 50 degrés.

L'hiver arrivait avec sa rigueur, etles sauvages de dire :

Je le savais bicn, le père l’avait dit:

Au printemps et en automne, pendant quelques semaines, il arrivait sur les bords du lac Atthabaskaw une grande quantité d'oies, d’outardes, de cygnes, etc., etc. Or ce qui intéresse avant tout les sauvages, c’est de savoir quand ces gibiers arriveront.

Connaissant, par l’époque de leur départ, approximativement le jour de leur arrivée, le missionnaire le leur désignait; son semblant de prédiction s’accomplissait et les sauvages de dire:

— Le père Faraud est prophète, il nous a dit juste le jour.

Il n’est donc pas surprenant qu'avec ce caractère naïf et crédule des sauvages, leurs jongleurs ou magiciens, ou hommes de médecine, aient pris tant d’empire sur leur esprit,

Ces magiciens exploitent la peur qu'ils ont de la mort, leur laissant croire qu'ils peuvent les faire mourir en les regardant ou en leur jetant un sort; c'est ce qu’ils appellent faire une mauvaise médecine. Il cst vrai qu’ils administrent parfois au

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malade un véritable poison, composé du suc de certaines herbes dont eux seuls ont le secret; aussi, quand ils ont prédit la mort d’un malade, la prophétie s’accomplit à leur gré.

Les magiciens s'appliquent surtout à entretenir la superstilion, chez les sauvages, et ils v réussissent facilement. Parmi ces superstitions, si les unes sont barbares, inhumaines, la plupart sont d’une puérilité ridicule ; il est pourtant difficile de les déraciner de leur esprit.

Quand Monseigneur Faraud arriva à Atthabaskaw, il était reçu que tout ceque disait un Montagnais devait être nécessairement vrai. Or, les Montagnais disaient :

« Lorsqu'un homme perd ses parents, il lui devient impossible de tuer des animaux pour vivre. Quiconque donc perdra son frère, son père, ou sa mère fera de vains efforts pour chasser.

« Celui qui donne la tête des truites à manger aux chiens s’attire la malédiction et s’efforcera en vain de pêcher, les habitants des eaux lui seront désormais inaccessibles.

«a Une femme éprouvant des commotions dans le sein devient subitement prophète, il faut la croire.

Hs disaient encore :

« Un Cris peut, par un seul regard, empoisonner un Montagnais. Mais il peut aussi, par des attouchements ou des souffles, lui rendre la vie,

« Un Montagnais, après avoir fait noircir l’os de

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LES MisSIONS. 213

l'épaule d’un caribou, peut et doit nécessairement prédire l’avenir. »

Les magiciens font aussi facilement le métier de devins; or, comme la nouvelle la plus importante dans ces contrées est de savoir quel jour les voyageurs arriveront, le magicien ne peut pas précisément fixer le jour de l’arrivée, mais il sait où ils sont et il peut approximativement l'indiquer.

Quand la prophétie s’accomplit, les sauvages s’écrient :

— C’est bien simple, le magicien l’avait dit.

Quand au contraire, la prophétie ne s’accomplit magicien sort d’embarras en prétendant un manque de réussite.

Pour prédire l’avenir, il en est quise font attächiéh, avec de petites cordes, les bras et les jambes, trèsfortement, et dans deux ou trois minutes ils se débarrassent de leurs liens ; eux seuls connaissent ce secret des cordes. Par ce moyen encore ils exercent une grande influence sur les sauvages.

Ces magiciens entretiennent surtout leur empire par la prédiction dessonges auxquels les sauvages ont grande foi, et par l'exercice de la médecine; ils prétendent connaître les secrets de toutes les maladies; les plus hardis sont ceux que les sauvages estiment ou plutôt craignent le plus, car, s’ils peuvent invoquer pour eux les bons génies, ils peuvent aussi leur jeter un sort funeste, et les faire mourir,

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