CHAPITRE VII
La pêche.— Différentes sortes de poissons. — Le poisson royaliste. — Le poisson sans dents. — Pêches d'été. — Pêche
d'hiver.
Les sauvages, pour subvenir à leur alimentation, emploient spécialement la pêche.
On trouve dans tous les grands lacs, dans tous es étangs, et J’été dans les rivières mêmes, une quantité prodigieuse de poissons dont plusieurs d’une qualité supérieure ; de ce nombre sont:
Le POISSON BLANC, qui ne se rencontre que dans ces contrées. Ce poisson est nne excellente nourri-
seur; simplement rôti devant le feu, il prend le goût du pain et de la viande tout à la fois.
La TRUITE, de deux espèces, la pelite el la grosse. Parmi ces dernières, qui pèsent quelquefois jusqu’à quatre-vingtslivres, on distingue la blanche, la jaune et la rougeûtre ; les unes ct les autres offrent un aliment succulent et fortifiant.
Le Brocuer devient aussi excessivement gros, il y ena quelques-uns qui pèsent jusqu’à cent livres, ce sont de vrais requins d’eau douce, et ils font une guerre cruelle à tous les autres poissons. C’est celui que les sauvages estiment le plus.
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Le DORÉ, auquel on a donné ce nom à cause de sa couleur dorée, a bien quelque mérite ; d’une saveur agréable, il est le poisson providentiel des sauvages, attendu qu'il a la louable habitude de se présenter en grand nombre dans les temps où tous les autres manquent. UE
L’ESTURGEON, plus rare, ne se trouve pas dans les lacs reculés du Nord, mais il offre à la tribu des Sauteux une abondante subsistance au printemps et même pendant tout l’été. Ce poisson devient très-
. gros, on en voit qui pèsent jusqu'à deux cents
livres,
L’esturgeon de la petite espèce a un goût exquis; celui de la grosse espèce, au contraire, est trèscoriace, et on ne le mange que par nécessité.
L'esturgeon, qu’on pourrait appeler le poisson royaliste, porte sur la têle une espèce de couronne; les écailles dont il est couvert ressemblent à des fleurs de lis. Pour le pêcher, deux sauvages se placent chacun à une extrémité du canot. Celui qui est derrière gouverne, l’autre se tient debout, ayant à la main un dard, auquel est attachée unelongue corde, nouée au canot. Dès que l’esturgeon est à sa portée, il tâche de lui décocher le dard au défaut des écailles; le poisson blessé fuit, emportant le canot avec rapidité. Bientôt ses forces s’épuisent, etil meurt,
L’INCONNU se rencontre dans les lacs du Nord, c’est un gros poisson blanc, que les sauvages appellent béouly (poisson sans dents); il ressemble à la morue fraîche, mais il n’a comparativement aucune valeur ; sa chair est très-indigeste.
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