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Le sauvage, rentré dans sa tente, initie ses enfants, dans les longues soirées d’hiver, à toutes les
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du chasseur; il se plaît à citer telle circonstance, où lui, son père, son grand-père, ont passé des jours et des nuits, seuls dans les bois, pour attendre l’orignal : — « Ta vie, dit le sauvage à son enfant, sera misérable, tu laisseras mourir de faim ta femme et tes enfants, si, jeune encore, tu ne t’habitues pas à une vie de privations, »
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te PS fire à lui-même. Il leur enseigne le nom de chaque ait Fit animal, leur fait connaître ses instincts, les moyens K HAE à prendre pour le poursuivre, leur indique les lieux à ÿ fsb é où il a l’habitude de se trouver, lessignes distinctifs | NS qui permettent de discerner la piste, et depuis ‘| s1 4 combien de temps l’animal a passé ; la route qu'il ch doit avoir parcourue selon le vent régnant ; — il leur x dit l'heure convenable pour l’attendre, leur faisant À remarquer que la patience est la principale qualité
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Le sauvage indique aussi à ses enfants le mode à employer pour dresser des piéges aux caribous ct à tous les animaux à fourrure; il leur apprend en quel temps et à quelle saison la fourrure est blanche ou noire, l'époque où le poil est le plus fin et a par conséquent le plus de valeur. Puis, menant son enfant sur les lieux, il lui enseigne à connaître les différentes parties de l'animal, la direction des muscles, des fibres, des tendons, le nom de tous les os ; — il lui fait ainsi un véritable cours d’anatomie.
Passant ensuite aux ouvrages matériels, il l’habitue à se servir de la hache, des couteaux crochus pour fabriquer lescanots, lestraîineaux, les raquettes,
‘les flèches, les berceaux, de sorte qu'un enfant,
arrivé à sept ou huit ans, commence déjà — la grande chasse exceptée — à essayer tout ce que fait son père.
Arrivés à l’âge de quatorze à quinze ans, tous les sauvages sont à la fois ouvriers et chasseurs.
Les sauvages naissent forts et robustes; on ne les emmaillotte jamais. — A peine penvent-iise rouler sur les pieds ou sur les mains, qu'on les voit tout nus courir dans la neige, dans les prairies ou dans les bois, semblables à de jeunes agneaux échappés du bercail. Dans les beaux jours d’été, on les voit folâtrer dans les lacs, semblables à un trou-
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peau de petits canards, ou à une bande de poissons
qui, en un jour de beau temps, s’ébattent sur la in surface de l’eau. Ges enfants sont la preuve vivante A que tous les hommes savent nager en naissant. Ils acquièrent par cet exercice une grande scuplesse a dans les membres, deviennent agiles et endurcis de contre les rigueurs du froid. | Les enfants s’exercent de bonne heure à la lutte né et à la course. Quelquefois, on les fait escalader :. le haut des rochers ou grimper à la cime des plus grands arbres afin de leur inspirer le mépris du dan- LE ger; enfin on ne néglige rien pour les aguerrir et 4
leur apprendre les seuls arts qui leur soient utiles: la chasse el la pêche.
On leur met de Lonne heure l’arc et les flèches à la main. Jeunes encore, i!5 savent atteindre un but avec une justesse surprenante ; aussi les sauvages ont-ils acquis facilement une grande habileté dans l’usage des armes à feu.