‹ Dix-huit ans chez les sauvages [microforme]Chapitre 85 sur 100 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Les SicanerTs (Cherhlayé-Ottiné, les hommes des montagnes Rocheuses).

Ces hommes habitent au pied des montagnes Rocheuses ; ils ont une grande ressemblance au physique avec les Peaux-de-Lièvre et les Castors. Il ya quarante ans, ces sauvages étaient très-féroces, et nul étranger n’osait encore les affronter.

La Compagnie de la baie d'Hudson voulut établir un poste parmi eux, mais à peine les employés y étaient installés, qu’un drame terrible s’ensuivit.

Les Sicanets se réunissent, assiégent le poste, le prennent d’assaut et massacrent tous les hommes dc la Compagnie.

C’est en 1821 que ce fait eut lieu; depuis, bien d’autres cruautés ont été commises.

Il y à une dizaine d'années, un métis nommé Touranjeau allait à d’Attkoskas, porteur de lettres pour le commis du poste établi chez les Sicanets.

Un mois après, il retournait à la mission d’Atthabaskaw. Ka

— « Père, dit-il tout tremblant au missionnaire, je rapporte mes lettres. — Les Sicanets ont encore massacré les hommes du poste ; j'étais à peine arrivé au bas de la côLe où le fort est situé, que j'ai vu tout à coup rouler à mes pieds trois têtes d'hommes. — J'ai reconnu la lêle du commis : effrayé de ce spectacle, j'ai levé les yeux, et j'ai vu les sauvages envahissant le fort, J’ai pu m'enfuir sans être aperçu, et me voilà.»

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Aujourd’hui ce poste, appelé le fort d’Épinette, redouie moins le voisinage des Sicanets qui se sont beaucoup humanisés.

Leur férocité avait privé longtemps cette tribu de l'avantage d’avoir une maison de commerce chez elle,

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