‹ Dix-huit ans chez les sauvages [microforme]Chapitre 84 sur 100 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Les PsAux-DE-LiÈvrE (Ratherth, peau de lièvre). ;

Les Peaux-de-Lièvre habitent entre le 60° et le 62° latitude nord et le 415° et le 125° longitude ouest.

Ces sauvages, qui ressemblent en beaucoup de points aux Esclaves et qui ont, soit par la langue, soit par les habitudes, quelques rapports avec lesCastors, ont le caractère léger et inconstant; peu suffit pour les enthousiasmer, peu suffit aussi pour les faire renoncer à une entreprise. Leur légèreté ne dégénère pas en insouciance ; plus avisés que les Castors, ils prennent la peine de se construire des tentes. Ils se nourrissent exclusivement de lapins des champs, que dans leur pays on appelle lièvres : c’est de là qu’est venue leur dénomination. Ils vivent habituellement dans les bois

Ces sauvages, peu nombreux et dont le rayon est assez circonscrit, — finiront par suivre l’exemple des Esclaves ; malgré leur légèreté, ils finiront par se convertir à la religion.

On trouve parmi eux quelques beaux caractères.

II

Un chef de cette tribu, qui n'avait jamais vu de prêtres et qui ne connaissait le christianisme que de nom, ayant reçu une proposition malhonnête avec

de e de vec

un envoi de sucre, de thé et d’autres friandises pour l’engager à accepter, fit répondre à celui qui voulait le séduire:

— «Qu'il sache bien que, quoique je sois pauvre, je ne veux point vendre mon âme; — je n'ai rien actuellement à lui donner en échange de ce qu'il m'envoie, mais au printemps prochain, je lui apporterai une peau d’origral pour le payer; —un chrétien ne ferait pas ce qu’il nc ait de faire, et je veux être homme comme un chrétien.»

Ceci indique une force d'âme peu commune, et qu'on ne saurait {trop admirer quand cn sait que ce peuple est pauvre, qu’il ne donne rien pour rien, — et qu’il aime beaucoup à recevoir gratis.

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