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Dix-huitième siécle

La famille de Valfons est originaire d'Italie; elle porta d'abord le nom de Mathei, qui fut traduit en celui de 3Iailiieu, conformément à l'édit de 1539, staluant que tous les arrêts seraient délivrés en langage maternel français et non autrement; plus tard une ordonnance royale rétablit l'appellation primitive.

Les membres de cette famille ont rempli de hautes fonctions dans la magistrature et dans l'armée ; ils ont été honorés de commissions importantes, députés de la noblesse et représentants aux Étals du Languedoc, revêtus des premières charges consulaires, officiers généraux, pourvus de plusieurs gouvernements et dignitaires des ordres royaux.

Pour ne pas étendre inutilement celte notice, nous prendrons la généalogie de la maison seulement au père de l'auteur de ces mémoires. Né en 1680, il fut conseiller du Roi, lieutenant particulier de la sénéchaussée de Nîmes, député des États du Languedoc, président de chambre des Grands Jours du Gévaudan et premier consul de la ville de Nîmes.

1 iNOTiCE.

Il épousa Antoinette de Fabre, fille da seigneur de Besouce et petite-fllle du comte de Chazelies, et en eut six enfants auxquels il donna, à défaut d'une grande fortune, l'éducation la plus solide et une direction avantageuse. Tous répondirent dignement à s.^s soins.

L'aîné, Louis de Mathei de Valfons, marquis de La Calmette, devint président à mortier au parlement de Metz; le second est celui dont nous publions les souvenirs; le troisième, le marquis de Massillan, fut commissaire général de la marine; le quatrième, le marquis de Fontanille, aide* de camp du maréclial de Belle-Isle et chevalier de Siint-Louis; le cinquième, l'abbé de La Calmette, vicaire général de l'archevêché de Cambrai ; et le dernier, Tabbé de Valfons, prieur de Florac.

Cette diversité de noms entre les fils d'un même père était fréquente dans la noblesse ; mais ce qui constitue un privilège plus rare, c'est que, par une faveur spéciale et en récompense de services éminents, le titre de marquis s'étendait également à tous les héritiers du nom.

Revenons à notre auteur : Charles de Mathei de Valfons naquit à Nîmes en 1710, et fut élevé à Paris au 'collège des Jésuites; pourm dès son enfance, selon l'usage, d'une lieutenance de cavalerie, il prit à dixsept ans possession de cet emploi et ne tarda pas à faire bonne figure h la cour et dans la meilleure compagnie.

NOTICE. m

Il passa rapidement par tous les grades, se distinguant toujours par une activité infatigable, une grande sûreté de coup d'œil et accompagné d'un bonheur tel, que constamment placé aux postes les plus périlleux, et ayant eu jusqu'à quatre chevaux tués sous lui dans une seule affaire, il ne reçut jamais aucune blessure.

Il suivit avec éclat toutes les grandes guerres du règne de Louis XV; et rappelé souvent à la cour en mission ou dans l'intervalle des campagnes, il dut à son mérite et aux avantages de §a personne des succès de tous les genres.

Distingué du Roi et des ministres, aide de camp favori du maréchal de Saxe et des généraux en chef, devenu fréquemment un peu plus que l'ami de belles et grandes dames, il justifia ces préférences par l'élévation de ses sentiments et sa réserve dans des relations délicates, comme il assura son prompt avancement par une bravoure signalée et une merveilleuse intelligence de la guerre.

Colonel des grenadiers royaux à trente-quatre ans, chevalier de Saint-Louis et maréchal de camp à trentehuit, il mourut lieutenant général et cordon rouge, comptant soixante ans de services, ayant assisté à vingtsix sièges et à six grandes batailles.

On comprend tout ce qu'un homme aussi avantageusement doué et placé dans de telles conditions a dû accomplir et observer pendant le cours d'une existence largement remplie, et ce qu'il eût pu réunir

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