VI AVANT-PROPOS
moral, qui, sans doute, ne pouvait guère aller sans un certain abaissement de Tesprit littéraire et de Tesprit philosophique; et, de fait, il semble aussi inférieur , au point de vue philosophique , au siècle de Descartes, de Pascal et de Malebranche, qu'il Test, au point de vue littéraire, d'une part au siècle de Bossuet et de Corneille, d'autre part au siècle de Chateaubriand, de Lamartine et de Hugo. Cette décadence, très relative d'ailleurs, et dont on peut se consoler, puisqu'on s'en est relevé, a des causes multiples dont j'essaie de démêler quelques-unes.
« Un homme né chrétien et français, dit La Bruyère, se sent mal à Taise dans les grands sujets. » Le xvni® siècle littéraire, qui s'est trouvé si à l'aise dans les grands sujets et les a traités si légèrement, n'a été ni chrétien ni français. Dès le commencement du xvni® siècle l'extinction brusque de l'idée chrétienne, à partir du commencement du xvui® siècle la diminution progressivf* de l'idée de patrie, tels ont été les deux signes caractéristiques 3e l'âge qui va de 1700 à 1790. L'une de ces disparitions a été brusque, dis-je, et comme soudaine ; l'autre s'est faite insensiblement, mais avec rapidité encore, et, en 1750 environ, était consommée, heureusement non pas pour toujours.
J'attribue la diminution de l'idée de patrie, comme tout le monde, je crois, à l'absence presque