‹ Dix-huitième siècleChapitre 5 sur 53 · AVANT-PROPOS. VU · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VU

absolue de vie politique en France depuis Louis XIV jusqu'à la Révolution. Deux étals sociaux ruinent ridée ou plutôt le sentiment delà patrie: la vie politique trop violente, et la vie politique nulle. Autant, dans la fureur des partis excités créant une instabilité extrême dansla vie nationale et comme un étourdissement dans les esprits, il se produit vite ce qu'on a spirituellement appelé une a émigration à Tintérieur 3), c'est-à-dire le ferme dessein chez beaucoup d'hommes de réflexion et d'étude de ne plus s'occuper du pays où ils sont nés, et en réalité de n'en plus être ; — autant, et pour les mêmes causes, dans un état social oùle citoyen ne participe en aucune façon à la chose publique, et au lieu d'être un citoyen, n'est, àvraidire, qu'un tributaire, l'idée de patrie s'efTace, quitte à ne se réveiller, plus tard, que sous la rude secousse de l'invasion. C'est ce qui est arrivé en France au xviii® siècle. Fénelon le prévoyait très bien, au seuil même du siècle, quand il voulait faire revivre l'antique constitution française, et par les conseils de district, les conseils de province, les Etats généraux, ramener peuple, noblesse et clergé, moins encore à participer à la chose nationale qu'à s'y intéresser (i).Et on se rappellera qu'à l'autre extrémité de la période que

(1) Voir nos Grands Maîtres du XVIl^ siècle. — Article sur Fénelon. (Lecène et Oadin.)

Page 1