‹ Dix inscriptions chinoises de l'Asie centrale d'après les estampages de M. Ch.-E. BoninChapitre 12 sur 12 · IVI.RII. NAriONfll.K · texte numérisé non relu

IVI.RII. NAriONfll.K

certée en voyant ce spectacle. Alors, à la suite d'un édit spécial , on le nomma sema kien-kiao de Leang tcheoa, chargé des libations dans le Kouo tse [kien) ^ et en même temps yii-che tchong-tch'eng ; on lui conféra le fourreau violet et or en forme de poisson; on le gratifia d'or, d'argent, d'objets précieux et de richesses; un édit lui doniia le titre de «doublement sujet 2», Alors il s'en retourna au campement militaire.

Après plus de o o années, (dans le territoire) à droite (c'est-à-dire à l'Ouest) du Fleuve, on donna le signal aux lances^. Il arracha des étendards^ et enleva des sacs ^ ; sa stratégie de dragon ^ se déploya entièrement. Pour vaincre

' Cette fonction existe encore aujourd'hui ; cf. Mayers , The Chinese Government, n" 369. — A lorigine, on chargeait de faire les libations la personne qui, dans une assemblée, était regardée comme la plus honorable; c'est ainsi que Se- ma Ts'ien, parlant d'un personnage appelé Siun JCing, nous dit que par trois fois il fut chargé de faire les libations H j^ ^ ïS {Mém. hist. , chap. Lxxiv, p. 3 r°); plus tard, ce fut une fonction régulière; ainsi Lieou Pi, roi de Ou (mort en iô\ av. J.-C: cf.

Mém. hisl., traduction française, t. III, p. 98 ) , était chargé des libations pour la famille Lieou , c'est-à-dire pour la famille impériale ^ î î'I J^ flj ^ ^ tl (commentaire au texte précité de Se-ma Ts'ien).

' Le héros de l'inscription est mis sous les ordres de son beau-père Tchang Itch'ao, qui était comme un seigneur dépendant de l'empereur: il est donc doublement sujet.

Cette expression date de l'époque féodale où les seigneurs étaient autonomes et ne se rattachaient au Fils du Ciel que par un lien de vassalité (cf. Se-ma Ts'ien, traduction française, tome III, p. a3, p. 428, etc.).

' C'est-à-dire que la guerre lut déchainée.

* Allusion à un stratagème de Han Sin, marquis de Houi-yn , qui se fit poursuivre par les ennemis et profita de ce que leur camp était vide pour y envoyer une troupe d'élite qui enleva leurs étendards et les remplaça pai" les étendards rouges des Han (cf Se-ma Ts'ien, chap. xcn , p. 3 r").

* ^ S' -illusion à un exploit de ce même Han Sin, qui enleva des sacs formant vm barrage pour accabler les ennemis sous une masse d'eau (Se-ma Ts'ien, chap. xcii, p. 4 v"). Le P'ei wen yan fou cite a ce sujet la phrase suivante, d'un certain Loa Tche : « Han Sin enleva les sacs pour écraser les ennemis et gagna d'être honoré à la cour des Han. ;> ^ "^

— Dans notre inscription , ce passage signifie donc que le héros qu'on vante sut recourir dans la guen'e à des stratagèmes aussi ingénieux que ceux de Han Sin.

* Le P'ei wen yan fou énumère six sortes de stratégies ^ |êj , qui sont : T la pacifique ]5C ; 2' la guerrière |ê^ ; 3° la stratégie de dragon f| ; d° de tigre J^ ; 5° de léopard ^ ; 6° de chien ^.

et reprendre (le pays de) Chen-niao ^ il n'eut qu'à revêtir une seule fois l'habit militaire 2. 11 anéantit les violents brigands a Ho et h. Lan^; il coupa les oreilles gauches aux Hiun-jong * dans le Han-hai. Bien plus , -à l'extrémité de Long ^, les brouillards se replièrent ^ et à Kin-ho'' on détruisit les flots torrentueux; dans le lac P'oa^ on décapita le monstre marin ® et dans le Lieoa cha (sables mouvants) on se relâcha de l'anxiété causée par les fdes de signaux de feu ^®. On retrouva la o o de (l'époque) t'ien-pao^^-, on fit venir la terre

* Le T'ang chou , chap. XL , p. -8 r°, cite l'arrondissement de Chen-ou jf^j/i ,^ , qui dépendait de Leang tcheou \'^^ ^jj et le dictionnaire de Li Tchao-lo le place sur le territoire de la préfecture actuelle de Leang-tcheoa , dans le Kan-sou. Le Kieou T'ang chou ( chap. xl , p. 27 v° ) , de même que notre inscription, écrit Chen-niao jjdjf j^ au iieu de Chen-oa.

* Cf. Tchong-yong , chap. xvin, S a; Legge, ce, vol. I, p. 264 •" «Le roi Ou n'eut qu'à revêtir une seule fois son armure pour s'emparer de l'empire, » ^ ^

^ Ho tcheou fpf j^ est aujourd'hui la préfecture secondaire de Ho fpf, préfecture de Lan-tcheoa , province de Kan-soa. • — Laii-tcheoa "^ j'i\ correspond à la ville préfectorale de Lan-tcheou.

* ^%. 3^' L^ dictionnaire Koang yan (cité dans le dict. de K'ang-hi) dit : a Sous les Hia , on les appelait Hian-yu !}|| |^ ; sous les Tcheou, Hien-yun Jj^Jj^; sous \esHan, Hiong-nou $0 j^ ». — Mencius, I, 6 , 3 : « T'ai-wang servit les Hiun-yui> "j^ |T ^ iill^. — Se-ma Ts'ien, trad. fr. , tome I, p. 3o, n. 5 et p. 2i4, donne les leçons É W et ^ 5^.

* m 3M' Le massif des montagnes Zron^ se trouve dans les préfectures actuelles de Kong-tch'ang , de P'îng-leang et de Fongsiang , et forme la limite enti'e les provinces de Chàn-si et de Kan-sou.

* Les brouillards se replient , et par conséquent le ciel redevient pur. Parmi les exemples que le P'ei wen yan fou donne de cette expression, le plus simple est celui-ci : 0 Dans les huit régions sauvages, les brouillards se replient; aux quatre extrémités , les nuages s'élèvent. » /V 3IÈ

' La sous-préfecture de Kin-ko ^ JiJ était au sud de l'actuel Koà'hoa-tch'eng

mit m-

* ^ ^. Cette expression pourrait désigner soit le lac Barkoul ou P'ou-lei kai ^ ^ f^ , soit le Lop-nor ou P'ou-tch'ang hai f^^ ^- Il est probable qu'ici l'autem* de l'inscription a en vue le lac Barkoul.

' Le monstre marin qui cause les tempêtes. « On décapita le monstre marin et on apaisa les flots sombres » ^ .SjC ^ 2^ ^ , dit un poète cité dans le P'ei wen yan fou.

'* L'arrivée de l'ennemi était signalée par des feux qui s'allumaient les uns après les autres, de distance en distance, et transmettaient ainsi la nouvelle avec la plus grande rapidité.

" La période t'ien-pao (742-755) est une des périodes les plus glorieuses de l'époque des T'ang. Après les mots ^ ^ ;i, deux caractères sont illisibles; le Si ya choei tao ki croit que le second est le caractère ^ , mais cela est peu vraisemblable.

de longévité ^ de Yao, (seigneur de) Tang^; tel fut le calme dont on jouit. Dans les cent villes, on n'eut plus l'inquiétude de se prosterner devant les puits ^ ; dans les dix commanderies , la moisson poussa abondante. Officiers et soldats louèrent le gouvernement qui venait leur rendre la vie ''. Ce fut là une mer\-eille divine digne des trois sophora^, un mérite extraordinaire digne des cent princes*. Sa vaillance fut supérieui'e à un demi-millier d'hommes; sa renommée se répandra sui* dix mille antiquités. En outre, l'honorable reçut à plusieurs reprises les encouragements de la cour; les bienfaits dont il fut humecté furent de jour en joui- plus profonds. Il venait de recevoir le droit de porter (l'étendard orné d'jéperders'', (distinction) qui raffermissait

' ^ J^ «la terre de longévité» désigne le pays où l'on vit longtemps parce que nulle guerre ne vient y abréger la destinée humaine. Dans une inscription de Sie Tao-heng ( ap. P'ei wen y an fou ) , on lit : «Faire venir le monde sur le chemin facile ; introduire le peuple nombreux dans la terre de longévité.» i^ "jÉ ^ "^ ïpl ^o ^ |B^ le -^ # JiCo Et dans «ne poésie de Tou Fou : «Les huit régions sauvages deviennent une terre de longévité; une sevde inspiration fait tourner le vaste ciel.» A^i3#J^o — ^H

* Cf. Se-ma Ts'ien, trad. fr. , tome I, f. ^2, n. 1.

■^ Cette phrase signifie que les villes ne furent plus assiégées et n'eurent plus à souffrir du manque d'eau ; elle fait allusion à un événement .qui est raconté dans le chap. XLix, p. 7 r°, du Heoa Hun chou : En l'an 76 de notre ère, le commissaire chinois Keng Kong se trouva assiégé dans Kachgar par les Hiong-nou et fut à court d'eau; il fit creuser un puits de i5o pieds de profondeur, mais sans trouver d'eau; alors, revêtu de ses habits officiels, il se rendit auprès du puits et se prosterna par deux fois en priant en faveur de ses sol-

dats; au bout d'un moment, une sovu"ce d'eau jailht.

* Cf. Chou king , chap. Tckong-hoei tche kao. Legge, C. C. , vol. III, p. 181 : «Notre prince est venu et nous «vons été rendus à la vie. ■ ^ 3SJ5 ^ ^ o

^ Le mot ;|:^ désigne l'arbre appelé par les botanistes Sophora japonica (Bretschneider. Plants mentioned in classical Works, n° 546). Les trois sophora symbolisent les trois hauts dignitaires appelés les trois ducs du palais ^ ^. On voit en effet, dans le Tcheou U (trad. Biot, t. II, p. 348 ) que , « en face des trois sophora esl la place où se tiennent les trois ducs du palais» flgH^ftH^'fâî^o D'après le commentaire, il y aurait ici im jeu de mots, et le sophora, dont le nom est hoei, rappellerait 1 affection hoai que les trois ducs du palais sont censés avoir pour le peuple ^%Z,'s ^4Lo

* L'expression "g" JB? désigne l'ensemble des seigneurs g§ ^ dans le Che king ; cf. Legge , C.C, vol. IV, p. 44 1 , 483 , etc.

' Cf. Tcheou li, chap. xxvii, trad. Biot, t. II, p. i34 : M M ^ M «l'oiseau { le phénix ) et l'épervier sont ( les marques distinctives du drapeau appelé) yu».

la pierre inébranlable ^ ; mais ses actions glorieuses n'avaient point encore atteint leur apogée, lorsque soudain on annonça sa mort; il avait joui de cinquante-deux années de vie. Il mourut dans son palais privé ^ à Toenhoang \

Son oncle défunt, le religieux Miao-pien, fut, chez les barbares, à cause de l'élévation de sa conduite et de féminence de ses talents, un objet d'admiration et un appui pour les autres hommes au loin et au près. Sa renommée pénétra jusque chez le roi des Joncf, le btsaiipo, qui l'envoya chercher et le retint dans son palais ' ; il lui donna en même temps le titre de « celui qui s'approche de l'autel pour faire les offrandes ». o par sa maîtrise du manche de ladiscussion ^; de sa dialectique vaste comme la mer, et du courant (de son éloquence) qui absorbait tout, le bienfait se répandit sur Toenhoang; ce fut une protection qui rendit prospère sa famille et son voisinage. Le religieux éminent Pao-yue le prit pour son compagnon. Les traces qui sont restées de la sagesse de ce religieux ont été un éventail (rafraîchissant) pour la région de Ho et de Long.

Sa mère défunte, la i'ai-fou-jen, née Fan, fut le grand trépied de la région du Long[-toei) et du Cha[-mo) ^, l'illustration singulière d'un clan florissant.

* La pierre inébranlable parait désigner ici la réputation ou la gloire du héros.

* y^ est ici pour ^ «demeure princière » .

' A partir d'ici, l'inscription fait successivement l'éloge de plusieurs personnes , les unes décédees, les autres encore en vie, qui furent apparentées au défunt.

* Ce passage est intéressant parce qu'il montre les relations étroites qui subsistaient entre les habitants de Cha tcheoa et les Tibétains,

'^ Le ^ :^ , littéralement «le manche de la discussion » , devait être une sorte de baguette que l'orateur tenait en main pour accentuer ses gestes. Dans une poésie faite par un certain Yii Sin, à l'occasion des funérailles d'un religieux (citée dans le P'ei wen ytin fou ) , on lit r a Dans la boîte de jade , s'est cassé le manche de la

discussion; du fleuve suspendu (c'est-àdire de la bouche du religieux) d'où jaillissait comme un fleuve d'éloquence, est tombé l'aiguillon de la dialectique» 3Ê

w,mmmo mm^mmo. -

Dans l'ouvrage bouddhique intitule Tck'oaii teng lou, on trouve la phrase suivante (citée dans le P'ei wen y an fou) : «Le maître de la Loi Ta-lang , du temple Si -y un, chaque fois qu'il soutenait une discussion , tenait dans sa main une branche de pin dont il se servait comme de manche de la discussion. « ^S#:^^J^±o#

Dans notre inscription, la phrase signifie simplement que le religieux Miao-pien était un maître dans l'art de la discussion. * L'expression f| ^i^ se retrouve à la fin de la biographie de Pan Tch'ao dans le Heou Hun chou, dana une phrase ou

Elle donna ses instructions dans sa demeure, protégea ses -fils et s'occupa de ses petits-fils ; elle imposa une règle et ceux qui fiirent chargés de fonctions importantes ne manquèrent pas (parmi ses descendants). Elle continua la famille et affermit le patrimoine j elle fut une recommandation pour plusieurs générations et éleva haut sa réputation. Ses titres de gloire fiirent constants et prolongés; ils agrandirent et continuèrent la maison des empereurs et des rois. Maintenant certes elle s'en est allée , mais, sa belle renommée subsiste.

L'ancien honorable ^ on lui conféra le titre posthume dcyeou san-ki tch'angche; quand il était encore en vie, il se trouva que les trois frontières* n'étaient plus inquiètes, que les quatre catégories sociales' jiouissaient du repos; dans les rizières orientales* il ordonna d'atteler son équipage; il épuisa sa sincérité pour aller rendre visite aux temples précit;ux construits par ses ancêtres. Considérant les murs enduits de chaux , il songea aux vestiges laissés par l'antiquité; adorant les poils de jade^, il déplora que la tour

elle est symétrique de l'expression ^ ^ . Le commentaire dit : «Ce sont les monts des oignons ( Ts'ong ling ) et les montagnes neigeuses {Hiue chan); l'amas du dragon ( Long toei ) et le désert de sable ( Cha mo).»

^^m \h m mipmJiLo -

L'«amas du dragon» ou, plus exactement, r«amas du dragon blanc» El f| i^ est aussi un nom qui désigne le désert; on le trouve mentionné à diverses reprises (|ans le chapitre du Ts'ien Han choa sur les contrées d'Occident.

' Le personnage ainsi désigné doit être le père du héros célébré par l'inscription.

^ Le P'ei wen yan fou cite un certain nombre d'exemples de l'expression ^ j^. Les trois frontières doivent être celles du Nord, du Sud et de l'Ouest; la mer limitant la Chine à l'Est, il n'y a pas lieu de parier de cette quatrième frontière.

' E9 A est l'équivalent de pg J^ « les quatre classes sociales » , qui sont les

lettrés, les laboureurs, les artisans et les marchands.

* A l'expression ^ ^ , le P'ei wen y an fou cite une phrase d'une coihposition

littéraire où il est dit : « On laboure la terre fertile des rizières orientales » ^ ]j|[ $ 41 i^ i^ ■^ • ^^ commentateur dit : « Des champs sous l'eau , c'est ce qu'on appelle kao; quant au mot toii^ , il implique l'idée de printemps. » 7|C ffl ^ $-'M ^ M. ^ ^M o On voit par là que l'expression (I rizières orientales » ou « rizières printanières » doit simplement désigner les champs cultivés, la campagne.

* 3Ê ^ doit être lu ^ ^ (de même que , p. 283 , n. 1 , ^ ^ == ^ ^ ). Les poils de jade sont mentionnés au début de la préface du Si y a ki , cpii a été écrite par y a Tche-ning (et non par Tckang Yen; cf Revue critique, 6 avril 1896, p. 263- 264) : 3i ^ M M «Les poils de jade répandirent leur éclat». Dans notre inscription elle-même, on lira plus loin :

rouge ^ fût à moitié renversée. Gomment aurait-il pu permettre que, devant les trônes précieux , la poussière fût introduite par le vent de la forêt ; que l'endroit des incinérations 2 fût exposé aux ardeurs» du soleil^ (venant) des hautes montagnes ? Au sud du chemin de la montée , il y avait encore trois grottes appartenant à cette famille ; jusqu'à maintenant d'ailleurs, on les avait entretenues ; les caractères tchoan-tcheoa * écrits sur une belle pierre avec de l'or en pâte étaient bien conservés. Alors donc il engagea de bons artisans ; il rechercha les bois de saule et de catalpa dont ils avaient besoin ; il acheta des matériaux et fit mouvoir les haches. Les cent murs furent soudain achevés , comme si Pan Chou *, du royaume de Loa , se fôt occupé en personne de ce succès. Le vaste édifice qui s'élève jusqu'aux nuages et aux lueurs du soir, les escdiers

^ # 3Ê ^ 1^ Jl « EUe obtint le brillant éclat des poils de jade ». Le P'ei wen yan fou cite un certain Tchang Tsi qui

^ ^ "h A :^ o « Les poils de jade ne se couvrent pas de la poussière du monde ; l'éclat qu'ils réfléchissent se distribue sur les dix-huit personnes ( les statues des dixhuit Arhats) et les illumine ». Stanislas Julien (Mémoires de Hiaen-tsang, t. I, p. XLii ) voyait dans les poils de jade l'ûrna ou touffe de poils blancs |^ ^ placée entre les sourcils du Buddha. Cette opinion est confirmée par le / ts'ie king yn i de Hoeilin ( Trip.jap. , vol. XXXIX , p. 83 v° ) qui dit, à propos de l'expression ^ ^ : «La vraie forme du mot hao est composée avec ^ ; les poils de jade sont les poils blancs qui sont entre les sourcils du Tattâgata.. JE^W^i^%m3i% m ^n ^ Ifal Ê ^ € 4. Quant à l'interprétation de M. Schlegel ( La loi da parallélisme en style chinois, p. 9-11), qui ■voit dans les poiîs de jade des pinceaux précieux, elle est, malgré l'assurance avec laquelle son auteur la présente , absolument inadmissible.

' Des citations du P'ei wen yan fou il

résulte que dans plusieurs temples il y avait une tour appelée la tour rouge ^ ^.

' ^ tîfc ^ ^- Les mots t'oa-pi sont la transcription du pâli jhâpeti (sanscrit kçapayati) «brûler». Cf. J. Takakusu, Joarn. of the Roy. As. Soc, July 1901. p. 457, n. 1.

' ^ j^ « la corneille du yang » ; cette expression désigne le soleil, car le soleil est l'essence du principe yang et on voit sur son disque une corneille à trois pattes qui' le symbolise.

* Tcheou, grand historiographe des Tcheou, passe pour être l'inventeur des grands caractères tchoan,

* ÎË ^ Pan Chou désigne ici Kong-choa tse Loa Pan 5^ |i|} ^ «^^ ïtt . qui se rendit célèbre dans le pays de Loa par son habileté dans les arts mécaniques ; certains commentateurs le regardent comme le fils du duc Tchao (54i-5io av. J.-C.) de Loa; d'autres considèrent Kong-choa tse et Loa Pan comme deux personnages différents.

Kong-choa tse est mentionné dans M encius , IV, a, 1, Leggb, C. C, II, p. i6/4 et dans le Li-ki , chap. Tan kong , Leggè , S. B. E. , vol. XXVII, p. 184. Loa Pan est aujourd'hui en Chine le dieu dès charpentiers.

précieux et les parois majest^ieuses, avant qu'une révolution entière des étoiles se fût accomplie, se dressèrent tout construits; les rebords du toit émergèrent transformés, et leur grande élévation ne le céda pas au palais du dragon ; les pavillons suspendus dans les airs et les bâtiments à étages illuminèrent toute la région sous le soleil. Ce travail fut immense; comment le pinceau en pourrait-il rendre compte.-^

Son frère aîné défimt Ming-ta \ qui fut médecin ^ du gouverneur du ^0-51 et en même temps kien-tch'a-ya-che , le ciel lui avait donné une droiture exceptionnelle, une vertu comparable au pin et à l'écorce du bambou'. Il possédait les talents pacifiques et détenait les qualités militaires et était aussi avisé que Tchang Pin'^; quand il triomphait des barbares et faisait prisonniers les gens pervers , il fut toujours aussi habile que Ya-t'ang ^. Autrefois il vint rendre hommage au portail rouge; il exposa une requête (dans la salle) Kinloan * ; il indiqua en les dessinant les montagnes et les cours d'eau et montra tous les lieux rendus difficiles par la nature du nord au sud et de l'est à l'ouest.

Son frère aîné, Ming-té, eut la charge de secrétaire à Cha tcheou; il pratiqua et observa la règle de conduite d'un bon fonctionnaire. Les six dépar-

' Les noms personnels des trois frères , Ming-fu, Minj-tc et Ming-is'iaen du héros de l'inscription commencent par le caractère ming 8^ ; de même, on verra plus loin que les noms de ses quatre fiis commencent tous par le caractère hong ^ . On constate ainsi que , dès l'époque des Tang , existait la contcme de donner à tous les menibres d'une même génération des noms personnels qui avaient une partie commune.

* L'expression ^ ^ ya-t'oei désigne un médecin. « Les gens du Nord , dit un ouvrage du vieux Hio-ngan. cité dans le P'ei wen yun fou, appellent un médecin ya-t'oei. 4fc A H g ^ ^ ^. Le Kieoa Tang chou, chap. clxix, p. a v°, parfe d'un certain Tcheng Tckou , qui mit ses connaissances médicales au service du tsie-toa-cke ^ ^ ^ Li son , et qui reçut

la charge de ya-l'oei du tsie-ton fjî j^ ^ ^ , titre identique à celui que nous trouvons ici dans notre inscription.

^ Le pin et le bambou, qui restent verts toute l'année, s>Tiibolisent ici la perfection immuable. Ci". Li ki, chap. Li k'i. Couvreur , 1. 1 , p. 538 : ^ ^ A «lÈ»

jQ» ^ " (l-*^* rites) sont à l'homme ce que l'écorce est au bambou, ce que le cœur est au pin et au cyprès ».

* Tchang Pin Ç^ ^ , mort en 32 a , fut le principal conseiller de C^e-/e, fondateur de la petite dynastie Tchao. Cf. Giles, Biographical Dict., n* 96.

^ ^ ^. Je n'ai pas pu découvrir quel était le personnage que ce surnom désignait.

® Une des salles du pîdais impérial.

tements (de Tadministration provinciale) ne prononcèrent aucune parole inspirée par la flatterie ou le parti pris^ Il évita soigneusement la corruption 2 ; il admira sans réserves la chanson où on parle de monter sur l'oiseau nqeoa^.

Son frère aîné, Ming-ts'iuen , fut un homme de valeur* qui resta dans la vie privée à Toen-Jioang . Les temps modernes et l'antiquité, entièrement il les possédait; avec une grande distinction, il eut la splendeur de la nuée favorable; o d'abord il montra sa justice; son éclat s'éleva au-dessus des marques distinctives de la rosée de bon augiu"e. Il demeura à l'écart comme (le Maître des) cinq saules^; il aima les spéculations métaphysiques '' de Tchoang [tse) et de Lao {tse).

Sa femme, la kiun-kiun Tchang, originaire de Nan-yang, était la quator-

' f^ lÊi' ^6^*3 expression désigne ceux qui faussent la vérité, soit par flatterie, PpJ , soit par parli pris hostile, ^- Cf. Li ki, chap. Yae-linçi, Legge, S. B. E., vol. XXVTI, p. 298 ' P^ 3t H'I IP «on convainc ainsi de crime ceux qui usent de flatterie et ceux qui usent de parti pris ».

* âl 5^ P9 ^ "il évita profondément les quatre savoirs», cette phrase signifie qu'il se montra incorruptihie; elle fait allusion en efl"et à l'anecdote suivante : Heou Han chou, chap. lxxxiv, p. i v", biographie de Yang Tchen ^^ ^ : « Yong Tcken, ayant été nommé gouverneur de Tong-laij passa sur son chemin par Tch'ang-i, dont le préfet était un bachelier nommé Wang Mi, qu'il avait autrefois recommande; (IVang Mi) alla lui rendre visite et, la nuit venue, il apporta dix livres d'or pour en faire présent à Yang Tchen, en lui disant : «C'est la nuit, per- « sonne ne le saura. >■ Yang Tchen répliqua : M Le ciel le saura , les dieux le sauront , «je le saurai, vous le saurez. Comment «pouvez- vous dire qu on ne le saura pas ? » Wang Mi eut honte et se retira. »

^ ^ %h ^ '^K- -l^ ^^ ^^^^ ^^ qu'est au

juste cette chanson. L'oiseau ngeou est, d'après Couvreur, une sorte de mouette; « monter sur l'oiseau ngeou » doit être synonyme de « avoir un caractère indépendant ».

* L'expression J^ ^ , désignant un lettré qui reste chez lui et ne participe pas aux affaires publiques, est très fréquente dans les textes historiques; on la rencontre dans Mencius, III, b, 9, Legge, C. C, vol. Il, p. i58.

^ Ce sobriquet désigne T'ao Ts'ien ^ f^ (325-/127), lettré célèbre qui préfera la liberté de la vie privée aux honneurs de la vie publique; cf. Giles, Bîographical Dict., n° 1892. Dans sa biographie [Tsin chou), on lit que T'ao Ts'ien «composa une notice sur le Mailre des cinq saules jEl "^ ^ ^ » personnage dans lequel il se représentait lui-même; il y disait : «On V ne savait qui était le Maître et on ne con- « naissait ni son nom de famille ni son « appellation ; près de sa demeure , il y avait « cinq saules , et c'est pourquoi on lui donna «ice surnom. »

^ 3^ ^ est le titre du premier chapitre de Tchoang-tse.

zième filie de Thonorabie Tcliaii^ ', seigneur de dÏK mille foyers dans le Ho-si et ayant ie titre de t'ai-pao ; elle était douce et harmonieuse , belle et jo^ euse ; elle eut une Aertu pure et une renommée excellente. Elle se conforma avec profondeur à la bonté de la mère de Tao'^; elle accomplit parfaitement (la conduite de celle qui) apportait (les plats) à la hauteur de ses sourcils^. Son père étant retourné rendre visite (à.l'empereur)^, elle ne put l'accompagner à la capitale; des parents maternels la retinrent avec eux; chacun se sépara, les uns volant vers le Sud, les autres vers le Nord. Alors les frères aînés disparurent et les frères cadets moururent; les dieux du sol et des moissons allèrent à leur ruine; elle prêta une main (secourable) et sauva les orphelins, peu s'en fallut qu'elle ne se fatiguât tant qu'elle eût peine à éviter (la mort)^. Grâce à Tinfluence dÎAâne du t'ai-pao^, ceux qui s'opposaient aux bienfaits (de l'empereur) furent détruits. Le fils héritier, qui redoubla l'éclat (de sa famille), de nouveau restaura (les vertus) léguées (par ses ancêtres). Quoique (cette femme) eût de ses propres mains fondé une grande œuvre, cependant son cœur rejeta entièrement ce quelle avait obtenu; après avoir aperçu l'occasion et remporté la victoire, elle ne s'attacha pas à ses succès. Alors donc , comme le demandait la justice , elle donna le pouvoir à son neveu pour qu'il prît en main l'étendard et la hache, pour qu'il commandât aux

' Il s'agit de Tchang I-tch'ao qui , comme nous l'avons vu plus haut (cf. p. 272, n. 1), avait donné sa fille en mariage au personnage en l'honneur de qui fut faite cette inscription.

* La mère de Tao K'an ^ (JjJ, (259- 334) est restée célèbre par le dévouement qu'elle témoigna à son fils ; cf. Gii-ES, Biographical Dict.., n" 1897.

' Allusion à Mong-Koang ^ ^ , femme de Leaiig Hong ^ |S| (1" siècle ap.

J.-C), qui, lorsqu'elle servait à manger à son mari , pour éviter de le regarder avec trop de familiarité , portait le plat à la hauteur de ses sourcils; cf. Giles, Biographical Dict., n" 12^7 et iSaS.

* C'est en 867 que, d'après le T'ang chou (chap. ccxvi, h, p. 8 v°), Tchang Itch'ao se rendit à la capitale.

» ^ L'expression ^ ;^ se retrouve dans le Tso tchoan, 6" année du duc Tchao :

»hm ;t^ j^m j^"^ ^MM

Cl Quand notre petit royaume sert votre grand royaume, s'il a la chance d'éviter le châtiment (il sera satisfait) . . . ». — Dans le Li ki , chap. K'iu-li , S 4 , cette expression a im sens un peu différent :

«échapper (au malheur) par des moyens indignes ».

* Le t'ai-pao désigne Tchang I-tch'ao , qui portait ce titre; l'expression ^^ ^ donne à entendre qu'il était mort et que c'était son àme qui protégeait sa fille; l'inscription rappelle donc ici des troubles postérieurs à la mort de Tchang I-tch'ao ; il semble, d'après notre inscription, que Tchang I-lch'ao mourut pendant qu'il était à la cour de Chine.

Iroupes dans l'ancienne préfecture, pour qu'il plantât ses actions d'éclat auprès de la nouvelle cour. A l'intérieur et à l'extérieur, le respect et la pureté (prévalurent); les moindres (fauteurs de troubles)^ disparurent. L'heureuse prospérité jaillit comme une montagne et manifesta sa couleur de bon augure sur le char rouge 2. Elle se montra un vrai chef dans ses mouvements et dans son attitude^; on célébra son élévation o dans la belle demeure. Les quatre régions de l'espace répétèrent l'écho de sa justice; sa bonne foi lia les K'iang voisins''. Dans les plans qu elle combinait, elle n'aurait pas eu à rougir auprès de Tse-t'ong^; sa droiture et sa distinction n'auraient pas eu à avoir honte auprès des femmes impériales de troisième rang*. Ce fut un de ces êtres divins et extraordinaires qui naissent parfois; elle fit réussir les plans subtils du t'ai-pao (son père). Quoique demeurant dans le gynécée, en vérité on pourrait dire d'elle qu'elle était une femme qui valait un homme. Cependant son cœur comprit la vraie doctrine; elle rejeta absolument toutes les entraves; elle fit une tournée d'adoration dans les grottes des immortels; MM0.M 1^ o ■'. Alors, se prosternant, elle abandonna toute sa fortune*; elle céda

' j|^ ^ est évidemment pour 5^ ^ «les poils d'aiitonme», celte métaphore désignant une chose très menue. Cf. Sema Ts'ien, Irad. fr., tome III, p. 568, n. a.

* :3c l^f • Les chars rouges étaient l'apanage des hauts fonctionnaires , comme cela résulte des citations que fait le P'ei wen yan fou à propos de cette expression.

' Cf. Mencius, VII, 6, 33 : f|| § ^ ÎÉ4'li^^fê;tS^«La bienséance dans les mouvements, dans la tenue et la démarche est Hudice de la plus haute perfection » (trad. Couvreur).

* Les K'iang J^ sont les Tibétains,

* jî^ :j^. Je n'ai pas pu déterminer la valeur de cette expression; il n'est pas certain qu'elle soit un nom propre , puisqu'elle correspond dans la phrase symétrique suivante à l'expression j^ j^ , qui n'est pas un nom propre.

* Dans l'énumération des femmes im-

périales, le Li ki (chap. k'ia H) cite au troisième rang les "Ift ^ . Cette expression désigne, dit le P. Couvreur (Li ki, l, p. 87 ) , ime « lémme destinée à donner des descendants *!£ Hl)* ^^ nom est donné à la femme principale d'un grand préfet, aux femmes du deuxième rang d'un prince feudataire, aux femmes du troisième rang de l'empereur ».

' Cette phrase est incompréhensible pour moi.

^ Le Yeott yang tsa tsoa (cité dans le P'ei wen yun fou) dit que ^ «^ est la même chose que ^ j|^. « Si , dit-il , on frotte des pièces de monnaie avec le sang des œufe et de la mère, elles reviennent toutes en volant. » Cette phrase est rendue plus claire par une citation du Scoa chen ki que fait le dictionnaire de K'ang-hi (au. mot 4^) : « Dans les pays du Sud il y a un insecte qu'on appelle t'oen-ya; son corps est grand comme une cigale; il a un goût

(son vêtement) brun et or au royaume suzerain ^ ; elle détacha ses colliers de pierres précieuses; elle laissa là ses perles et ses joyaux; elle détruisit ses fleurs d'or* dans les bâtiments latéraux; ^ ^ H ;fô J5i ^'« Alors elle obtint que les poils de jade (ûrna) fussent brillants et que leur éclat se précipitât sur le sommet qui possède l'os du crâne (usnîsa); que la caractéristique (laksana) précieuse émît sa clarté et atteignît directement au lieu de la grande réunion (des immortels)*.

iSon fils aîné, Hong-yaen, qui eut les titres de commissaire porteur d'un insigne de délégation , chargé des affaires militaires de Cha tcheoa , o préfet de Cha tcheoa , et en même temps ceux dé kien-kiao du commissaire ordonnateur en second , yeoa san-ki tch'ang-che , ya-che ta-foa et grand soutien de l'Etat , aida les Tang et eut delà sollicitude pour l'Etat; son gouvernement maintint une heureuse influence ; son loyalisme et sa piété filiale se manifestèrent avec un grand dévouement envers son prince et ses parents ; pour ce qui est de

acide et excellent et on peut le manger ; ses œufs sont appliqués sur les feuilles des plantes et sont cooune des semences de ver à soie; si on prend les œufs, la mère vient en volant ; même si on les prend en cachette , elle sait où ils se trouvent. Lorsqu'on tue la mère et que (de son sang) on enduit des pièces de monnaie, tandis qu'on enduit la ficelle de la ligature avec les œufs, les pièces de monnaie qu'on a dépensées et qui sont parties reviennent d'elles-mêmes.» Ainsi, une superstition populaire prétendait que les pièces de monnaie frottées du sang de cet insecte revenaient d'elles-mêmes s'enfiler sur la ficelle frottée avec les œufs; on pouvait donc mettre à profit ce phénomène zoolo gique pour récupérer à peu de frais l'argent qu'on avait dépensé. Dans notre inscription , l'expression ^ ^ me paraît désigner les ligatures de sapèques ellesmêmes et signifier d'une manière générale les richesses..

' Dans cette traduction fort hypothé-

tique , je suppose que cette femme rendit à l'empereur son suzerain le vêtement honorifique qui lui avait été donné comme insigne d'un grade élevé. On retrouve les mots ^ ^ dans le titre de |Ç| ^ ^ ^ ^ -^ «grand oflBcier du Koang-lou (à vêtement) brun et or».

* Les fleurs d'or que les femmes mettent comme ornement dans leurs cheveux.

' Phrase incompréhensible pour moi.

* L'expression ^ ^ est empruntée aux ouvrages taoïstes; voici deux citations du P'ei wen yan fou où elle se retrouve : • Je me rappelle en imagination ce qid s'est passé dans le ciel ta-Io ; la multitude des inunortels chantait le même jour la chanson des habits d'arc-en-ciel. »^ ffi

izm^±mofk\ù\m 0 1*11

^ o — «Le premier ciel supérieur s'appeUe ta-lo; il est au-dessus de la résidence sombre , capitale de jade. » t

l'observance des rites et de la modestie , il n'oublia point (les exemples donnés par) Po-ya^: les six règlements ^ répandirent la transformation; sur un parcours de mille li on suivait son cbar; les hommes chantaient la chanson où on regrette qu'il soit venu si tard 3; o on célébrait ses actions méritoires (à l'égal de celles de) Kong [Soei) et de Hoang [K'iong)^.

Le fds suivant , Hiong Ting , qui eut les titres de commissaire porteur d'un insigne de délégation, préfet de Koa tcheoa^, ya-che du camp de Mo-li^, fanlo-che et en même temps ya-che ta-fou, posséda la totalité des talents tant civils que militaires. Sa belle vaillance tenait boutique de bravoure'. Dans le lieu stratégique de Tsin-tck'ang^, il déploya un prestige digne de (Lieu)

' Po-ya flâ 3Ê pourrait désigner ici K'iu Yaen ^ JS|, appellation Poyu, homme du pays de Wei dont la vertu fut louée par Ki-tcha; cf. Se-ma Ts'ien, trad. fr. , t. IV, p. i4 et 2o3. Cependant, comme , dans la phrase précédente , il a été question du prince et des parents , on s'attendrait plutôt à trouver ici , comme terme correspondant, les frères aînés et les frères cadets.

* Peut-être est-il fait allusion ici aux six rè^ements 7^ j^ que proposa un certain Soa Tchoao j^ j^ à un empereur de la dynastie Tcheou (voyez Tcheoa chou, chap. xxiii) : » Tai-tsoa (1557) voulut alors modifiée le gouvernement de son époque ; il s'occupa des moyens de fortifier le royaimie et d'enrichir le peuple. Sou Tchouo fit six règlements ; un édit impérial proposa de les répandre et de les mettre en vigueur ; le premier était de commencer par rectifier son cœur; le second, de pratiquer sincèrement l'instruction et la transformation (du peuple); le troisième, de profiter de tons les avantages que peut procurer le sol; le quatrième., de promouvoir les hommes sages et excellents; le cinquième, de s'occuper avec compassion de ceux qui sont condamnés et accusés;

le sixième , de régler avec justice les taxes et les corvées. »

' On lit dans le Heou Han chou : « Quand Lien Fan fut gouverneur de la commanderie de Chou, ie peuple le célébrait dans ses chansons en disant : « Lien <iChou-lou, pourquoi est-il venu si tard; a autrefois nous n'avions pas de tunique «et maintenant nous avons cinq culottes.a

* Kong Soei ^ j^ et Hoang K'iong ^ ]^ sont deux hommes d'Etat du i" siècle de notre ère.

^ La ville de Koa Icheou /£ ji\ était à 80 /{' au sud-ouest de la ville actuelle de Ngan-si tcheoa ^ ^ j^ (S' ja choci tao ki, chap. m, p. 8 v").

^ Le camp dé Mo-li ^ ^ ^ était à 1000 li au nord-ouest de Kou tcheoa [T'any chou, chap. xL, p. 8 r").

' Ce sens des mots ^ ^ est confirmé par tous les exemples que le P'ci loen yuii fou donne de cette expression.

* Tsin-tch'ang était une sous-préfecture qui dépendait de Koa tcheoa: elle devait être sur les bords de la rivière Boidounghir.

94 ACADÉMIE DES INSCPaPÏIONS ET BELLES-LETTRES. [286]

Po et de [Li] Mou^\ dans la grande contrée sauvage de Kiu-ye-, il supprima et détiniisit les traces de pas des Hiong-nou. Pour ce qui est de vêtir de ouate de soie^ o o à ses soldats; pour ce qa'i est de supprimer les signaux de feu, il ne lut en rien inférieur à Siang-yan(j\ Le fleuve de la prospérité complète se déversa spontanément et les dieux surent qu'il y avait là un sage qui possédait la raison; il fit des approvisionnements dans les dix mille bâtiments latéraux et les commanderies orientales manifestèrent la beauté de for ciselé. Le fils suivant, Hioncj-hien , qui eut les titres de commissaire porteur d'un insigne de délégation , préfet de J^an tcheoii^, el eu même temps yu-che te Iwngtclîeng, grand soutien de l'Etat, pour la rapidité avec laquelle il prenait (les villes) et repoussait l'ennemi il serait difficile de lui comparer quelqu'un, si ce n'est K'ing K'i ^ ; pour o o et traverser ( la feuille de) peuplier, on ne pourrait lui égaler personne, à l'exception de Yeoii-ki''. Ensuite, il eut le sceau divisé à Tchang-ye^ et son gouvernement eut compassion des délaissés et des orphelins; il répandit la transformation impériale à Tchoan-tch'eng et le poisson suspendu fut célébré en chanson ^.

' Lien P'o ^ 15 et Li Mou ^ ij^ sont deux généraux célèbres du pays de Tchao, a>i m' siècle avant notre ère.

* E ^- J^ n'ai pas retrouvé le nom de cette localité, qu'il ne faut pas confondre avec %^ ^ dans le Chan-tong.

' Tso tclioan, 12' année du duc Siuen. Legge, C. C. , vol. V, p. 32 1 : Le roi de Tell ou faisant le siège de la ville de Siao , on lui dit que beaucoup de ses hommes souffraient du froid. « Le roi parcourut ses trois armées, consolant ses soldats et les encourageant; les soldais des trois armées éprouvèrent un confort aussi grand que s'ils avaient été vêtus de ouate de soie. )>

* Siang-yang ^ (*^ est un nom de lieu qui doit ici désigner un homme.

' Le fds aîné était préfet de Cha tcheoa; le second fils, préfet de Koa tcheoa; le troisième, préfet de Kan tcheoa; on voit ainsi que cette famille détenait une grande

part de l'autorité dans les territoires de l'Ouest du Fleuve,

* K'ing K'i ^ ^§1 était un coureur renommé de l'ancien pays de Ou : cf.

GiLES, Biographical Dict., n° 4o2.

' Yoiig Yeou-ki ^ ^ ^ . dit le Tchun kouo Is'é (cité dans le P'ei wen yan fou), était un excellent archer; il tira sur une feuille de peuplier qui était à une distance de cent pas, et, sur cent coups, il l'atteignit cent fois. — L'habileté de cet archer est aussi rappelée dans le Tso tchoan, 16' année du duc Tch'eng, Legge, C. C.

vol. V, p. 396.

* Tchang-ye est le nom de la commanderie dont le centre administratif se trouvait à Kan tcheoa.

' Le Han ki ( cité dans le P*ei wen yan fou, à l'expression J^ ^) raconte l'anecdote suivante : « ^ang Sia ^ j^ étant gouverneur du Lou-kiang, son subordonné lui donna du poisson; il l'accepta, mais ne

Le fils suivant, Hong-i, qui eut les titres de tch'ao-i-lang , tchang-che de l'armée tso-chen-oa gardant l'avant-garde, et en même temps de che-ya-che ^ eut au complet les trois principes ^ pénétra parfaitement les six arts ^. Pour l'habileté en calligraphie, il fut semblable à Tchong Yeoa^\ pour mettre en pièces les plaques d'une cuirasse , il égala la renommée de celui qui atteignait une pertuisane avec sa flèche*; (son intelligence) était profonde et avait une pénétration toute particulière ; ses talents étaient beaux et sa vertu était aussi grande que celle de Wang Yn ^.

En ce temps , dans une année prospère et lors d'une grande moisson , un envoyé impérial se rendant dans l'Ouest arriva en personne à Toen-hoang et promulgua les volontés saintes (de l'empereur). Le nei-tch'ang-che o o o o o o ya-ya , Tch'eng K'o-sian , le foa-ts'oei-che ta-fou Tch'eng Ts'i-hong , le p'an- o o tafoa o Se-hoei, tous o o o o étaient du bois dont on fait les conseillers privés; au loin ils illuminaient (la commanderie de) Tien-wei; ils annonçaient le bonheur au delà de la frontière. C'est pourquoi graver une pierre sonore pour faire une relation d'ensemble de cette grande paix, c'est ce que moi je ne pus (refuser); cependant, ajoutant et élaguant o o o o o première année ^,

le mangea pas et le suspendit ; plus tard (son subordonné) lui offrant de nouveau des comestibles, il sortit le poisson qu'il avait autrefois suspendu et le lui montra -, le subordonné fut couvert de honte et cessa (ses présents). » — La phrase de l'inscription signifie donc que Hiong-kien fut un fonctionnaire incorruptible.

' Mencius (II, a, b, Legge, C. C, vol. II, p. 79) énumère quatre principes P9 ^ T^' so"*^ • bonté {^2. . justice ^ , rites jjM|, connaissance ^. Les trois principes sont sans doute quelque chose d'ana' logue.

* Les six arts sont les rites , la musique , le tir à l'arc , l'art de conduire les chars , l'écriture, le calcul.

' La phrase doit évidemment être complétée comme suit : Jl ^ W ^ ifô ^ £^. Tchong Yeou est un calligraphe célèbre qui mourut en l'an a3o de notre

ère. Cf. GiLES, Biographicaî DicHonary, n° 531.

* Allusion à Lu Pou g ^ , général de l'époque des Han orientaux et archer fort habile , qui , pour éviter une bataille imminente, fit promettre aux deux partis en présence qu'ils ne combattraient pas s'il atteignait avec sa flèche la petite branche d'une pertuisane ^f ^ >J\ jt ; La Pou accomplit en effet ce tour d'adresse et les ennemis se retirèrent [Heou Han chou, chap. GV, p. 6 v").

* Wang l^n 3E "§ était le plus sage et le plus vertueux entre tous les membres de cette famille Wang qnii atteignit un haut degré de puissance à la un de la dynastie des Han occidentaux [Ts'ien Han chou, chap. xcvni, p. 4 v'-ô r°).

' Cette date ne peut être que la première année k'ien-ning (894) marquée en effet des caractères kia-yn.

le rang de l'année étant kia-yn, le dixième mois dont le premier jour était Jieng-chen , le cinquième jour qui était le jour Tda-tse, oooooooooo du royaume de Song ooooooo, commissaire ordonnateur [tsie-toa-che] des arrondissements de 1 et de Si, et en même temps se-t'ou , Tchang Hoai-chen ' ; le frère cadet de l'épouse, ex- o t'ou o Iden-kiao (des arrondissements) de Cha , Koa , 1, Si, o , Ho o ooo , en même temps ya-che-ta-foa o o o che o o o ; tsie-ton-che des arrondissements de o o o , en même temps ya-che-ia-fou , o o o.

N" IX. — Inscription de i348.

L'emplacement de cette stèle nous est révélé par son titre même; en efiPet, au sommet de l'inscription, on lit les mots ]^?l®, qui signifient, comme nous l'avons vu^ «la grotte d'une hauteur sans égale». Ces mots sont écrits, à la manière chinoise, de droite à gauche, et, pour l'indiquer à ceux des pèlerins à qui le chinois n'était pas familier, le graveur a pris soin d'écrire à droite les mots jfe fj « commencement ».

Au centre de la pierre on a ménagé un espace rectangulaire qui figure comme une niche dans laquelle est assis un Dhyàni Bodhisatlva portant sur sa tête le Dhyàni Buddha correspondant. Au-dessus, à gauche et à droite de la niche, on lit la formule mystique om mani padme hum transcrite en six écritures différentes qui sont : le devanâgarî, le tihétain, le turc ouïgour,

' Tchang Hoai-chen ^ fH ^ est ce (Tourfan). En 894, le titre de Uie-lou-che

neveu de Tchang I-tch'ao qui lui succéda du Koei-i kian était porté par un gendre

comme gouverneur du Koei-i kian ^ j|| de Tchang I-tch'ao, nommé Soao Hiun

^ , c'est-à-dire de Cha tcheou; cf. p. 272 , 5^ E& » dont le souvenir nous a été con-

lignes 19 et suiv. delà n. I. On remarquera serve dans ime inscription assez endom-

que , à la date de notre inscription , Tchang magée (cf. 5i ^a choei tao ki, chap. Ui,

Hoai-chen n était plus tsie-toa-che du Koei-i p. ao r* et V).

kian {Cha tcheoa); il avait été transféré an * Cf. p. a5o, n. i. poste de tsie-tou-cke de / (Hami) et de Si

Groll-..le> Mille UujaUs. iincripU..ii Je Irin |318 aprt. J.-C.

le mongol de Phags-pa, le si-hia et le chinois. Ces six écritures sont celles qu'on retrouve dans la fameuse inscription de Kiuyong koan. Comme notre inscription est de i348, c est-à-dire de trois ans seulement postérieure à celle de Kiu^yong koan, elle atteste que ce fut un usage assez répandu à cette époque de reproduire avec ces six écritures les textes sacrés, qui devaient être compris de tous les peuples formant partie de Tempire mongol de Chine.

La formule om mani padme hûtfi est consacrée à Avalôkiteçvara ^; cette remarque, qui m'a été suggérée par un savant japonais, S. Fujii^, permet de reconnaître avec certitude ce Bodhisattva dans le personnage qui est représenté au milieu de la stèle.

Ce monument est signalé par Sin Song [Si yu choei tao ki, chap. III, p. i4r''); quoique la description qu'il en donne ne soit pas complète, elle est cependant fort utile pour rétablir plusieurs mots invisibles ou indistincts sur l'estampage.

La partie de droite de l'inscription est dominée par les mots îb fê i « (Noms de) ceux qui présidèrent à l'œuvre méritoire ». Les personnages ainsi annoncés sont les suivants : d'abord, sur le même rang, Sou-lai-man , roi de Si-ning; — et la reine K'iu'chon. — Au-dessous, on lit sur l'estampage : le grand roi T'o-hoa-tcKe. — D'autres caractères peu distincts ou effacés sont rétablis par le .Si yn choei tao ki de la manière suivafate : l'héritier présomptif Yang-a-cha; — Son-tan-cha;

* Cf. l'ouvrage intitulé fiS ^ H il * S. FuJii est l'auteur de deux ouvrages

JA i^ i& M ^ ♦ chap. I (Tripilaka japo- fort utiles : l'un est intitulé Catalogne of

nais, vol. XXVII ^ , fasc. i À , p. 85 v") : jl[; ail Buddhist Books contained in the Pilaka

^•^W,% ^ ÈtWi^"^ ^ " ^®*^® Collection in Japan and China witk an alpha-

prière magique est l'essence mystérieuse betical index, Kyoto, 1898; le second est

du cœur même d'Avalokiteçvara Bodhi- une petite histoire du Bouddhisme 'j^ ^

sattva». >j\ it (2^ol-'%*^*<*' ^^9^"^^97)-

lUl'MUKnii: XATlOTIALr..

— A-sou~tai; — Kie-lai-tai; — Pou4ou-ho-tchen ; — Tck'en-che— niiao-yn.

La partie de gauche de rinscription contient d'abord la date de l'érection du monument : HicTC^JEA^âl^Jd^^E^ + it 9 ^ 18 JÏ « Erigé sous les grands Yueii par Cheou-lang , le quinzième jour du cinquième mois de la huitième année tchetcheng, le rang de l'année étant ou-tse[i 3^8) ». — Suit une énumération de noms : le notable Leoa-^uUli-wei; — Lieou kiao- o ;

— Tchang-ki-U-ngan-pou; — Lieou-eul-U-wei ; — Long-pon~tcheling-pou; — o-o-ts'ang-pou; — o-jen-tong; — Oa Tch'a-sai; — Pa- U-eul-ni; — Long-pou-eul-tcho ; — Ti-j en-pou. — D'après le Si yn choei tao ki, on lirait encore dans cette partie de l'inscription la mention : « Cho-lan-ling-tchan a gravé ceci. »

Le registre inférieur de la stèle contient Ténumération suivante :

Le préposé aux canaux du Fleuve dans le district de Cha tcheoa , le t'i-ling fVei-h-cha: — Ho-tche; — ie commissaire o -lieoa-ki; — le commissaire Hing-tou; — Pe-hoa-i-ki ; — K'ouo-jen-poa; — Chan-yeoa-fo-ngai ; — Ta-cheman; — Yang Jo-tcho; — Hoa-yeu-nou; — Oa To-yen; — Lieoa Paiyen; — Kie- o -li-wei; — Kie-long-pou; — fVen-tchoa-noa: — Han-pan; — Eul-ti-la; — Ye-sien Vie-mou; — Tchang Siaen; — Leang Hei-keou; — Yu Li-keou; — Li Che-yong; — o -li-wei; — Lieoa San-man; — Tch'en Chetch'ang; — Ti fVen-t'ong ; — Li-lieoa-kia-keou ; — Tseng Che-han; — Paiyen; — A-san-pou; — le religieux Ling-tchan-kien-tsa; — Ling-tche-ho-pa; — Kong-ko-li-kia; — Tchang Eul-tch'e; — Long-poa-jen-hou ; — Té-tchao; — o -hoei; — Sou-i-ni; — Tie-li-mi-che; — i abbé o -ko; — Tch'a-sou; — 'Tch'ali-tsi; — Mo- o -tse; — La-long-poa; — Hoan-tsi; — - Leang Oa-cha; — Hola-yang; — A-poa-hai-ya ; — TcKen Kiao-hoa; — OuKiao-hoa; — Tche-pao;

— Eal-li-wei; — o -tcheng-pou ; — Yen-ini; — Toao-li-tche ; — Po-h-tai;

— Koen-toa-se; — Ni-tche-tch'eng; — Yao-ti-ko-che.

Nous donnons ci-dessous la liste chinoise de tous ces noms d'après le Si yu choei tao ki (chap. m, p. i4 r" et \°] :

il5t^$*^i> -ic^A^ RtiLéJ^^ J^^4rl^i^ il-fl-5^

;LUHij^ ikt: ^.%u, ^i^ ^#^ i^-rii.c M^^-.t

iM^c-;L iL:tiLk i^io^ ^^ ^il^ ^o^ 1*^*1 ^ ^tp i4i7t-f;î^ .^^r4r r^i-ilh^ f^s.ii* j^^^j^ j^^

fi^ Oi^ m^^i^rc. ^à.7. it;#./ ^4& /c^^l

N"* X. — Inscriptio de i35i.

L'inscription du temple Hoang-k'ing , gravée à l'époque des Yaen, 5c â M # ?l, se trouve en dehors de la grotte appelée « Grotte de Manjuçrî « ^^M^-Le Si yu choei tao ki (ch. m, p. 17 r°), qui nous donne cette indication, n'a cependant pas jugé à propos de publier le texte de la stèle. Nous ne connaissons donc que par l'estampage de M. Bonin la* teneur de ce document, qui complète et éclaire' fort heureusement l'inscription de i348.

Notice sur la reconstiiiction du temple Hoang-king.

Lieoa K'i, à qui a été conféré par décret impérial le titre de directeur des études des lettres dans le district de Cha tcheou , a composé ceci et en même temps l'a écrit en rouge.

Le temple Hoang-k'ing de Cha tcheou. avait déjà traversé des années et des mois en grand nombre depuis les Tang et les Song jusqu'à aujourd'hui; les guerres l'avaient pillé et les incendies l'avaient réduil en cendres ; le gravier et les pierres étaient enterrés et avaient disparu. Sou-lai-man (Soleyman), roi de Si-ning, qui honorait fort la religion bcuddhique, do.ma de l'or, des

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pièces de soie, des couleurs, du riz, des vivres, et des bois de consU'uction et ordonna à de* artisans de le réédifier. Il chargea le religieux Cheoa-lanq de diriger cette affaire ; en outre Cheoa-kuig sut prendre un registre pour y inscrire la liste (des donateurs), afin d'aider à l'achèvement de l'œuvre. Les statues de Buddhas , les fresques murales et les toitures se trouvèrent entièrement neuves dans tout leur éclat ; ce fut un fruit de bonheur pour les vivants du temps présent; cela constitue un gué et un pont pour les générations futures. L'efficacité de ces dons faits avec joie peut être dite extrême. Hélas ! quand le temple fut achevé, le roi mourut.

Cheoa-lang , pignant les paumes des mains et versant des larmes, m'adressa cette requête : o Le temple Hoang-k'ing était ruiné et il est restauré; il était détruit et il est renouvelé. Tout cela est dû aux efforts du roi. Gomment pourrions-nous permettre que les hommes de l'avenir n'en soient pas informés? Je désire, maître, que vous écriviez une notice à ce sujet. » — Je répondis : « L'amour du roi pour le bien est supérieur à celui qu'on eut auparavant dans l'antiquité. Les bouches (des hommes) sont comme des stèles qui remplissent les routes (de ses louanges). Souffrirait-on que moi je prenne la parole ? » Mes excuses n'ayant pas obtenu gain de cause , j'écrivis ce résumé pour le mettre en première page.

C'était alors la onzième année tche-tcheng, mai^quée des signes sin-mao (i 35 1 ); le huitième mois, dans les jours de la première décade .

Lieou K'i a rédigé ce mémoire avec soin.

Cheoa-lang, religieux du temple Pe-fai, dans l'arrondissement de Kiang, du district de Tsin-ning, a érigé la stèle. — Cho-lan-ling-tchan (l'a gravée»).

Les fonctionnaires du district de Cha tcheou, La Wen-té et Tchang-se-min. — Le maître de la Loi Saen Tong-pa. — Mi-mi-tsin-tsi.

Tcheou Ping-i (ayant les titres de) tch'eng-che-lang , king-li du tsong-koan foa du district de Cha tcheoa, ayant autorité pour diriger les affaires. — Leang Koei,

Hou-toa-la, commandant subordonné âutchong hien hiao wei. — Le tchangche K'ia Chou. — Le tou-che Tch'a-hei-eal. — Le préposé au sceau Pe-yen Koa-li.

^ Je suppose qu'il faut ajouter ici le mot ^J, par analogie avec f inscription de i3^8, cf. p. ago, ligne i3.

Le tch'axhtie-ta-foa fVang-poa-ya-hou. — Le ou-lio-tsiang-kiun fVangpoaman-tse. — Le tch'eng4eang Jen Tien-hoei.

Ya-han-cha , roi de Si-nm^f. — Le grand roi Pei-lo. — Les fds de roi Soutan-cha et A-sou-tai.

Celui qui a présidé à laction méritoire, Soii-lai-man , roi de Si-ning. — La reine K'iu-choa. — La princesse Pilie-k'ie. ■ — Le fon-ma Sano-ho-ta-se.

Ces deux stèles, de i348 et de i35i, sont étroitement apparentées Tune à l'autre; toutes deux ont été érigées par un certain Cheou-lang , religieux du temple Pe-t'ai qui se trouvait dans la préfecture secondaire de Kiançj , province de Chan-si; toutes deux commémorent des fondations pieuses de Sou-îai-man , roi de Si-ning; mais, tandis que, en 1 348, le roi est encore de ce monde, il a cessé de vivre en i35i, ce qui permet de fixer d'une manière approximative la date de sa mort. Le Yuen che (chap. cviii, p. 2 v°) nous apprend que Sou-lai-man ^ ^ É! fut nommé roi de Si-ning la deuxième année t'ien-li (1329); en outre, il nous fournit sa généalogie (chap. cvii, p. 3 v°) : le roi de Si-ning, Chouo-lou-man ^#^, était le descendant à la quatrième génération de Temougou-utchuguen Wi,i^^%^ # if , le troisième des frères cadets de Tchinggis khan. L'identité de Chouo-lou-man ^^ # ^ et de Sou-lai-man jâ 3^5 ^ ne peut faire l'objet d'aucun doute si l'on établit avec soin la concordance entre le chapitre cvii et le chapitre cviii du Yaen che ^

* Le chapitre cvii (p. ^ r" et v") ne raentionne que deux rois de 5i-niH^; l'un est^-talî-mi-che P^f ^ M ^^ ^ » descendant à la quatrième génération de Cadjioun B^ ^ f^ , deuxième des frères cadets de Tchinggis khan ; l'autre est Chouo-lou-man ^ <§« ^ • Le chapitre cviii [f. a v') cite également detu rois de Si-ning, qui sont Hou-ta-li-micAe ^ ^ M ^ le et Sou-lai-man JÊ 3^. ^ . Malgré les variations de l'orthographe, il est évident que A-ta-li-mi-che est iden-

tique à Hou-ta-li-mi-che , et que Chouo-louman n'est autre que Sou-lai-man. — Houta-li-mi-che fut nommé roi de Si-ning en iSag, la même année que Sou-lai-man; selon toute vraisemblance, il reçut ce titre au cotnmencement de l'année , puis il mourut et Sou-lai-man prit sa place. Hou-ta-limi-che est mentionné sous le nom de Uouta-ii-mi-che i^ i^ ^ ^ ^ à la date du deuxième mois de l'année iSag {Yuenche , chap. xxxiii, p. a v°). — Elnfin il ne

Sott'lai-man, roi de Si-ning, est encore mentionné, à la date de i332, dans le Yuen che (chap. xxxvi, p. 2 r*) : «La troisième année tche-choen (i332), le 3* mois, le jour ki-mao, en considération des services rendus par le roi de Si-ning, Sou-lai-man, dans la protection (du territoire), on institua pour lui, conformément au règlement observé pour le roi de Ngan-ting, 7beul-tche-pan , quatre officiers assistants royaux; on fondit un sceau qu'on lui donna » ^IS "^^ïM^ MM^^ ^ ^ia ^ ^.

Dans l'inscription de 1 3 5 1 , Sou-lai-man étant mort, on trouve le nom de son successeur, Ya-han-cha, roi de Si-ning. Ce personnage apparaît dans le Yuen che (chap. xliii, p. 3 v**) : la treizième année tche-tcheng (i353), le douzième mois, nYahan-cha, roi de Si-ning, après avoir rétabli l'ordre dans le Setch'oan, re\int à Cfia tcheou; on lui fit présent de mille billets de banque « W ^ î ^ ^ fil? ^ PS /Il ^ fi? 'M %B-^ lÈ- Ce Ya-hancha semble être identique au Yang-a-cha ^fi$fjf qui, dans l'inscription de i348, est donné comme l'héritier présomptif de Sou-lai-man.

Enfin on remarquera que K'iu-chou, femme de Sou-lai-man, ainsi que les princes Son-tan-cha et A-soa-tai, qui doivent être les fils de Sou-lai-man, sont mentionnés simultanément par les deux inscriptions.

faut pas confondre avec le litre de Si-ning Wang W ^ 3E ^^ titre de Wei-oa si-ning

Wang J^ |3i ® ^ 3E ^ "'» "6" ^^ commun avec lui ; c'est ainsi que , en 1 334 [Ynen-che, chap. xxxviii, p. 4r°), tandis que le Si-ning vang était Soa-lai-man , le Wei-oa si-ning wang est I-li-hei-tch'e ^ M i^ ^» qui succède en cette année même à son père A-ho-pe f^ ^ iti» Pï"*

anciennement, en i3o4, le titre de Weioa si-ning wang avait été conféré à un certain Tch'oa-pe JfJ (jQ , descendant à la quatrième génération de Houlagou ^ ^ % . lequel était lui-même fils de Toulouï Ife W ' quatrième fils de Tchinggiz khan [Yuen che. chap. cvn, p. 7 v° el cviii, p.3r»).

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